Aller au contenu principal

Articles Tagués ‘Simon Mcburney’

4
Juil

L’édition fantôme.

Le Off

(via Starsky)

***

Sugimoto ou presque.

Lectures d’été.

La Cultenews, parfois consensuelle, vous rappelle la traduction inédite du dernier roman de Kawabata, Les Pissenlits (chez Albin Michel). S’il y avait de quoi se méfier d’une parution opportuniste pour un ouvrage potentiellement bancal, en vérité, ce n’est pas le cas: c’est un roman, âpre comme un fugu assaisonné au raifort, qui donne envie de relire tous les autres. Pourtant, comme il n’y a pas d’experte nipponne dans la rédaction, difficile de dire si la traduction est maniérée à juste titre. L’écriture est étrange, parfois plate comme un Perrier oublié sur la table, et c’est moins le style du dialogue qui est intéressant que l’histoire qui s’y tisse entre un homme et la mère de sa fiancée, à propos du mal de la jeune fille, atteinte de « cécité devant le corps humain », internée dans l’hôpital psychiatrique d’une petite ville côtière. Une histoire d’hystérie, une histoire d’amour à chausse-trappe.

Beaucoup moins consensuel, le roman chinois Lèvres Pêche a été écrit par un des plus importants militants en faveur de la dépénalisation de l’homosexualité en Chine, Cui Zi’En (chez Bleu de Chine / Gallimard, 2010). Impossible de rendre compte de toute la subtilité des sentiments et rages qui y sont mises à l’oeuvre, et qui tiennent assez bien en cette citation: « Quand la culture était à la mode, je vendais des légumes ; quand on portait l’amour au pinacle, j’étais célibataire ; quand l’argent est devenu tout-puissant, j’étais pauvre ; et dans la civilisation médiatisée qui est aujourd’hui la nôtre, je ne regarde ni la presse, ni la télévision. On dirait que j’ai choisi de me réfugier à des années-lumières de notre temps patriarcal. En mettant mon pénis au rebut, je nie la symbolique de la phallocratie et le culte de l’organe sexuel: si je ne suis pas devenu un homme « véritable », c’est probablement parce que je n’avais pas envie de cautionner ces mœurs issues de la nuit des temps. »Ça décoiffe pendant 300 pages sur le même mode radical – la traduction est d’une grande finesse, au vocabulaire recherché et souvent étonnant. Du coup, ça remue, ça émeut, ça interroge. Avec tout ça, Cui Zi’En a dû démissionner de son poste de professeur de cinéma dans une des universités d’Etat de Beijing. Now that’s what we could call du courage politique.

***
Interlude

Φαίη δ’ ἂν ἡ θανοῦσά γ’, εἰ φωνὴν λάβοι
(Sophocle, Electre, vers 548 / « La morte parlerait, si elle retrouvait la voix. »)

***

Cérémonie - Bertrand Schefer - POL

Les troisième et quatrième livres ont été découverts peut-être à tort comme un diptyque. Cérémonie (de Bertrand Schefer) et Forêt noire (de Valérie Mréjen, tous deux chez P.O.L, tous deux 10 euros, tous deux souvent cités ici en effet. Mais ils n’ont rien demandé! et, ne cautionnent pas nécessairement.) proposent deux déclinaisons possibles autour du deuil (et de son refus), deux modes de friction à la narration intimiste. Alors, Bertrand et Valérie n’ont pas eu besoin de la Cultenews pour trouver leur public,

Avec Cérémonie, le phrasé s’offre un tombé aussi parfait que le costume semi-mesure dont la description est filée comme une métaphore cathédrale, au long d’un portrait en creux, d’une figure isolée étrangère à son propre héritage, jamais nommée. « Mon esprit n’est pas assez clair pour fixer et rendre des comptes. » Bertrand Schefer ne rend pas compte, son livre se traverse avec l’impression d’en reconnaître chaque recoin, chaque bibelot de porcelaine, chaque éclat de voix endeuillé, et pourtant, tout semble sans cesse échapper des mains, y compris l’apparence de dandysme, trop jouée pour être prise au sérieux, ou autrement que comme le sérieux lui-même, comme est sérieuse la narration minutieuse d’une scène d’adieu par l’écriture, en ouverture. A la découvrir, naît la crainte que des larmes venues d’ailleurs viennent mal tomber sur l’encre et brouiller la calligraphie. Jusqu’au bout, les larmes auront tenu compagnie.

De Forêt noire, on peut penser apercevoir quelques visages sans jamais être bien certaine de les reconnaître, sans que ça ait vraiment d’importance d’être certaine de les reconnaître. Car c’est la langue et le style de Valérie Mréjen qui surplombent tout, cette manière qu’elle a de tout bousculer à la racine, en donnant à chaque fois l’impression qu’elle ne touche à rien, un art de sublimer les poussières du réel qui n’appartient qu’à elle – une force hors du commun, un kaléidoscope qui défie la vacuité pour en extraire les reliefs les plus inconfortables, l’air de rien. C’est grand, et difficile de dire que ça ferait pleurer: c’est au-delà, un roman qui secoue à contre-temps, comme si Valérie Mréjen avait su transmettre l’existence des spectres, en leur accordant une étrange bienveillance, au-delà de leur apparition au tournant des faits-divers.

Il serait possible d’imaginer un jeu de champ/contre-champ entre les deux ouvrages. D’aller chercher leurs auteurs, et leur demander, ensemble, « Qu’est-ce qui vous donne le souffle d’écrire? » – d’écrire, comme cela, des livres durs, des livres, aussi, qui se regardent et parfois se croisent sur la table des libraires, dans les chroniques de la grande presse, qui se défient côte-à-côte jusque dans leurs thèmes et parviennent à ne pas s’y ressembler, s’y jouer miroir ou se dévorer. C’est aussi un tour de force.

***

La Gazette des cimaises

Très belle exposition que Situation(s) au Mac/Val, particulièrement pour la pièce de Clarisse Hahn, Los Desnudos, qui relate le combat de paysans qui décident de se mettre littéralement  à poil pour dénoncer les expropriations, au Mexique. Il est également possible d’envoyer un texto à Marylène Négro, de danser avec Frédéric Nauczyciel, de se marier avec Tsuneko Taniuchi, de déclamer sa flamme chez Arthur Gillet (avec la revue Monstre). Enfin, un site Internet est dédié à la réception de projets [Note du webmaster: « Et c’est évidemment du pur #SPIP, en #HTML5, avec une animation en jQuery, des #transitions_CSS, de l’interactivité (tu peux participer, si t’es du genre ’tistique). »] – l’exposition dure jusqu’au 16 septembre.
La Revue Monstre est également présente à la Galerie de Roussan, Paris-XXe, jusqu’au 21 juillet (Transparency Disclaimer: un des textes de la rédaction Littérature y est présenté).

Il y a bien sûr Gerhard Richter au Centre Pompidou, jusqu’au 24 septembre. La Cultenews avait vu la présentation londonienne, à la Tate, qui lui avait fait conclure: « les oeuvres, magnifiques, l’accrochage, décevant » (plus particulièrement car une des salles payées par les « sponsors » était à visiter… après traversée de la librairie / café, ce qui défigurait le parcours et nous avait beaucoup énervées, comme dirait une consoeur). L’accrochage parisien est plus réussi.

Enfin, Misia, Reine de Paris, au Musée d’Orsay, revient sur la figure mondaine de la Belle Epoque (jusqu’au 9 septembre). L’occasion de signaler la sortie d’un nouveau tome du Journal de sa contemporaine Mireille Havet, aux éditions Claire Paulhan comme toujours.

Un peu de tourisme? La Documenta dure jusqu’au 13 septembre. Petit salut au passage à Sazmanab, projet de l’artiste et commissaire iranien Sohrab Kashani, invité à Kassel.

>>> Supplément Arts et Inter-virtualité: LBV attire l’attention sur le projet Lost Art, une occasion de découvrir quels chefs d’oeuvre de l’art moderne ont disparu (perte, incendie, volonté de l’artiste), de Malévitch à Rachel Whiteread ou Tracey Emin. C’est vraiment bien.

***

Brèves de trottoir

>>> Tremblez, Papes ! Avignon, c’est demain. Avec Christophe Honoré, Jérôme Bel, Simon McBurney, Sophie Calle, William Kentridge, les pavés de la rue Philonarde et les petits cancans de la place des Carmes. Ce sera à suivre sur Médiapart puisque la cultenews a été invitée à participer à une édition collaborative, mais aussi ici, où les articles seront repris et déformés dans les règles de l’art.

>>> Ça buzze, ça buzze pour la rentrée littéraire Actes Sud, avec les comparses Mathieu Larnaudie (Acharnement), Claro (Tous les diamants du ciel) et Mathias Enard (Rue des Voleurs). Il y sera question de politique, de LSD et de religion. Claro et Mathias Enard seront aussi à La Baule, pour Ecrivains en bord de mer, rencontres littéraires érudites et décontractées, organisées par Bernard Martin et les éditions Joca Seria à La Baule, du 18 au 22 juillet.

>>> Dans notre rentrée littéraire idéale, il y aurait Céline Minard, mais elle n’est pas là pour cette fois. Il y aura, en revanche, la publication du cours de Michel Foucault de 1979, Du Gouvernement des vivants – un inédit publié au Seuil. Et puis, toutes les sorties dont la rédaction n’est pas encore informée

>>> C’est sans doute kitsch, grand public et trop cher, mais la 9e de Beethoven sera dirigée par Daniel Barenboïm (chouchou historique depuis la (magique) représentation de la Flûte enchantée qu’il avait tenue, au soir de la mort de sa femme, il y a bien longtemps) et chantée entre autres par Waltraud Meier (chouchou bis, entre Isolde / Sellers et Wozzek / ms Marthaler, mais certes, ce n’est pas là qu’elle sera forcément la plus belle en son miroir), le 13 juillet à Versailles, dans les Jardins du château. C’est la concession « Sortie de famille ». Si ça vous dit, c’est par là.

>>> Si par hasard quelques lecteurs souhaitent savoir où et quand la rédac’ chef cause en public du numérique et de littérature, ils peuvent se référer au site emmareel.net ; le livre a curieusement bien marché. Du coup, les nouvelles sont mises en ligne, à raison d’une fois par mois, les unes après les autres (soit un an, pour la lecture de l’ensemble).

>>> Oui, la Cultenews, c’était mieux avant! Et bien, ce sera mieux à venir.

***

Le Baiser de la fin

« Ainsi, la question de l’oubli ne concerne pas seulement l’avatar ou la machine en quête d’une forme d’humanité. Elle n’est pas limitée à ce désir de devenir humain ou d’essayer de reproduire une vie, une expérience, en retenant tous les éléments d’une telle vie.
L’oubli est l’impensé et l’impensable de la technique et de la culture numérique, car il a toujours été considéré comme quelque chose à conquérir. L’oubli nous montre la différence entre le réseau et ses archives, d’un côté, et l’homme et sa mémoire, de l’autre. »

(via Milad Doueihi, Pour un humanisme numérique)

19
Sep

Brèves de rentrée, la longue édition.

Le Off

C’est la rentrée! Il faut sortir! Et quand cela devient un impératif catégorique, ça n’a plus du tout le même attrait. Trop, beaucoup trop d’éparpillement pour la rédac’ chef!  Merci aux nouveaux lecteurs – et nouvelles lectrices, et leurs chic hip hips: la boîte aux lettres déborde de livres, de programmes de théâtre et de mots doux. Quelle histoire, quelle angoisse, c’était pas du tout prévu, il faut continuer, mais par où?

***

Promesses de luxe et de luxure, où en êtes-vous allées?

Offre d’emploi: la CultEnews recrute une stagiaire critique théâtre pour remplacement Congé maternité. Expérience de 8 ans minimum, orthographe d’élite, sens de l’humour, passion pour les pizzas froides, et SURTOUT, compréhension experte de la navigation sur le site du Festival d’Automne pour réussir à arriver au bout d’une réservation, qui s’avère aussi complexe que la nomination d’une nouvelle direction (>>voir par !)

Alors, il y a les spectacles qu’Emma a déjà ratés en fanfare. I Demoni, de Peter Stein aux Ateliers Berthier est complet depuis mi-août, soit à peine le moment où les apprenties-abonnées se sont réveillées, alors qu’il promet promet promet, mais bref, sans nous alors (voir par exemple l’article du Corriere de la Serra et tout frais paru, dans Le Monde). Pour les kamikazes, reste à se pointer la mine joyeuse devant le théâtre, deux vitamines C et 22 euros en poche pour les plateaux-repas.

Néanmoins, il y aura déjà La Cerisaie, dans une mise en scène de Julie Brochen (du 22 septembre au 24 octobre, il semblerait que la pigiste Judy-Rose y traîne le 7/10), parce que tous les classiques ne se refusent pas (et que le site du théâtre de l’Odéon est ergonomique).

La pigiste CultEnews vous promet qu’Anne-Teresa de Keersmaeker et Jérôme Bel feront un tabac au théâtre de la Ville (trois fois complet), et se réserve pour Simon McBurney saluant Tanizaki (la critique du Guardian en met l’eau à la bouche), Lars Norén par Ostermeier qui déchirera l’Odéon, Alain Buffard, et l’autre Alain, Platel qui a fait fleurir Gardenia en Avignon, repris du 17 au 27 novembre à Chaillot (Mais non! je te jure! il ne t’a pas donné mal à la tête, c’était autre chose!) , et… et… c’est que ça devient sportif le houla-houps en 3/8, même pas le temps de se remonter les seins. Promis, les Jolis Contes offerts de nos veilles, ça revient bientôt, car, as Simon says so well…

« I’m naturally attracted to something I don’t understand, because when you try to deal with that, it opens a door into another world. »

On lui vole, alors!

***

Vitore Carpaccio - Vision de Saint-Augustin - ca. 1502-1504

Littérature sans les ratures

« Il n’y avait dans la barque qu’un seul ragondin… »

Hourra, hourra, grande rentrée! Tout a commencé en rencontrant Bogdan Tarassiev, à la mi-août, sur la plage de Saint-Lunaire, à la recherche d’un bunker pour enterrer un cahier. A moins que ce ne soit en découvrant les premiers feuillets de Manuela Draeger sur Mediapart. Ou parce que Verdier nous a adressé le dernier Lutz Bassmann. Soudain il se passait quelque chose que la CultEnews n’avait pas du tout espéré: l’impression de découvrir une œuvre qui avait échappé, d’avoir été une gourde un peu illettrée, un peu suiveuse, un peu distraite et de devoir fissa en sortir. Il existerait donc quelqu’un qui aurait déployé une littérature qui sache se métamorphoser sans recours aux artifices numériques, le mystérieux Antoine Volodine, et la bonne nouvelle, c’est qu’il est le porte-parole de tous les auteurs post-exotiques. Peut-être parce qu’en 1996 Emma s’était retrouvée bouleversée par l’exposition de Luciano Fabro au Centre Georges Pompidou, les narrats polyphoniques du post-exotisme lui ont évoqué le mouvement de l’Arte Povera, qui dans les années 1968 italiennes revendiquaient une révolution de l’art par une posture modeste, nomade et contestataire, avec un humour rêveur. Le coup de maître, triple parution, serait une forme de marketing s’il s’agissait d’un simple jeu en abyme de tête à gondole. C’est au contraire une prise de risque, la défaite des oripeaux révolutionnaires ourdies par les cellules bovarystes et un pied-de-nez aux logiques de cotes et d’enfermement des lettres. Mais, avant de poursuivre, Monsieur Volodine, accepteriez-vous de répondre à trois ou quatre questions de la CultEnews, vous qui prêtez votre voix à la nuit et aux éminents magazines? Il semblerait que oui, alors, nous ferons parvenir un message écrit de la plume gauche, avant, peut-être, de vous saluer à Manosque puisque nous n’avons pas pu nous rendre au Colloque de Cerisy.

***

Diogène aka The Grouch.

Toi aussi, apprends le grec avec Diogène!

Τύχη, Fortune, chance. Syn.: encore un mot qui ne sert à rien!

Alerte! Le site de Philippe Remacle, grande référence, est en panne: les Hellénistes Geeks enquêtent. Mais ouf, il y a aussi Hodoï Elektronikai, où réviser par exemple:

« Διὰ τοῦτο, » εἶπε, « δύο ὦτα ἔχομεν, στόμα δὲ ἕν, ἵνα πλείονα μὲν ἀκούωμεν, ἥττονα δὲ λέγωμεν. »

« Nous avons, dit Zénon, deux oreilles et une seule bouche, pour nous apprendre que nous devons beaucoup plus écouter que parler. »

***

Lynch on a Chinese Torrent.

Folding the silk over: la flamme Lynch

Lysa, si dark si loin, a envoyé un texto à Emma pour savoir « quand reviendraient les petits cafés à la Cinémathèque », une invitation qui ne se refuse pas. Et bien… Voilettes factices brunes, dentelles de chair blonde et consorts se retrouveront tous émois en éventail pour la Rétrospective David Lynch, du 13 au 31 octobre, et surtout ce jour de chance, le premier, où le maître viendra déplier les soies brûlées de ses tableaux vivants (pour mémoire, Lynch avait été accueilli par la Fondation Cartier en 2007, vous vous en souvenez forcément).
Emma s’est souvent demandé ce qui se passait quand une flamme s’approchait de trop longs faux-cils et a préféré rester myope, ce qui ne l’empêchera pas d’aller s’enfermer pour un threesome dans les bras de Sailor et Lula (oh yeah Baby! on se prive de rien! D’ailleurs l’abonnement annuel à la Cinémathèque est en tarif réduit jusqu’au 17 octobre, donc ne te prive pas non plus!). N.B.: un compte-rendu est envisagé autour du thème « Puritanisme et Feux d’artifice: lois de la morale dans Mulholland Drive et Inland Empire », tous avis bienvenus.

***

Rentrée littéraire: Au Libre livre!

La CultEnews est heureuse de faire part de sa bonne réception de Cosmoz, paru chez Actes Sud. Que dire, quand tant d’articles font les louanges dont la Une des experts compères du Matricule des anges, et qu’on n’a pas encore lu? Et bien, que l’ouvrage fait partie de la sélection du Prix de Flore, que la Belgique adore, que ses phrases, à le feuilleter, se déploient en formules fines et grammaire cossue, et que l’auteur, lui aussi, sera à Manosque, le 25 septembre pour être exacte. Il y avait du monde à la première lecture parisienne, mais la vie d’écrivain noceur telle que Facebookée ne semble pas toujours de tout repos. Peace, Man.

Au menu des lectures dans les semaines à venir, figurent également Avec Bastien, de Mathieu Riboulet (Verdier, à découvrir, par exemple, ici), dont L’Amant des morts avait hanté la rentrée 2008 avec beaucoup de grâce, et Antoine et Isabelle de Vincent Borel (chez Sabine Wespiser).

Le buzz frissonne grave pour les Fragments, Ecrits inédits et intimes de Marilyn Monroe (parution mondiale le 7 octobre, en France chez la belle Blonde Fiction et Compagnie dirigée par Bernard Comment, Le Seuil), et, sans qu’il ait jamais été cité précédemment, l’été s’est enjolivé de la lecture du Guantanamo de Frank Smith, d’une rigueur mortuaire enthousiasmante (même éditeur, Ciel! voilà les rumeurs de corruption qui pointent! Le livre est également disponible en version numérique chez François Bon, ici)

Disclaimer de saison: la CultEnews ne pourra pas couvrir la foissonnante actualité de la rentrée, sa rédac’chef ne se jugeant pas les moyens d’un travail approfondi. Les choix ne se prétendent donc pas exhaustifs, sniff sniff, etc.

***

L’Interlude du fond de la classe

« Et qu’est-ce donc que l’ataraxie sinon la conscience ininterrompue de la positivité de l’étant, sinon le sentiment d’une plénitude d’être, d’une joie de vivre qui correspond soit au fonctionnement normal de notre organisme, soit au contrepoids qu’une sagesse bien trempée sait opposer au dysfonctionnement…. »

« Oui, et encore? » baîlla Emma du dix-septième rang.
(in Tel un dieu parmi les hommes, L’Ethique d’Epicure, Jean Salem, Paris 1994).

***

Red shoes for Gabriel.

Brèves de trottoir

« Tout le monde » était à la manif du 4 septembre, et oui, toi aussi, et Emma il paraît, pas seulement parce qu’elle se terminait en bordure des vernissages qui ont illuminé le Marais ce soir-là, dont, parmi les plus réussis, celui de Jimmy Robert, d’une poésie méditative acrobatique.

Très belle exposition pour Gabriel Orozco au Centre Pompidou, dont l’inauguration tombait pile le même soir que la fête de relance des Inrocks, oh so trendy n’est-ce pas et ça fait oublier Arman. D’ailleurs, « tout le monde y était » aussi en une longue file indienne, dont un artiste du mobilier, un commissaire toujours aimable, de grandes femmes batailleuses… et même les filles qui fréquentent la piscine. C’était la remise du Prix Marcel Duchamp à Saâdane Afif, Lauréat 2009, exposé lui aussi Galerie Sud. L’exposition Orozco dure jusqu’au 3 janvier 2011, ne manquez pas d’aller vérifier à quoi ressemble une demie-DS à défaut d’entendre Dieu.

Le Magazine littéraire du mois, outre l’entretien avec Volodine, rend hommage aux femmes romancières, avec entre autres Céline Minard sur Hélène Bessette, et Elisabeth Ladenson sur Colette. Oui Josyane Savigneau est là aussi bien sûr, etc. et c’est mieux que pas mal. Go Girlzz!

Et en parlant de Bad Girlzzz… Hip hip hips, la  Ravitalizing Avital Ronell sera au menu du prochain numéro de Vacarme, parution fin octobre, pour expliquer, en toute simplicité, « qu’elle est la Métaphysique ». Et bien davantage, You Sexy Thinker.

La Fiac, ce sera du 21 au 24 octobre 2010, ouf, ça laisse le temps de choisir les Louboutin, enfin, les ballerines, et aussi de ne pas y aller. Auparavant, il peut être très agréable de se rendre au Printemps de septembre, particulièrement pour son inauguration le week-end prochain, car il fait doux à Toulouse en cette saison, ainsi que relaté l’an dernier ici-même. Ah mais drachme ah mais drame, c’est le même week-end que Manosque!

Si problème de type grec ou de type grèves, pas de quoi désespérer: Paris accueille le Festival America, comme chaque année, du 23 au 26 septembre. Lectures, rencontres, cafés littéraires et soirées festives dédiées aux littératures d’Amérique du Nord enjoliveront la fin de semaine.

Il y a fallu quinze heures, un Chablis, et trente relectures pour cette édition définitive de la CultEnews, septembre 2010. Restez indulgent: la SR est débordée et l’iconographe alcoolique.

***

Le Baiser de la claviste

« Je n’ai rien écrit: une autre s’y applique à ma place, pour que tu ne sois jamais déçu. Je la paie. C’est ainsi que j’ai recommencé à travailler: parce qu’il me fallait payer une femme qui t’écrirait des lettres d’amour. »

***

Remerciements: Flore « Marcheur » R., Emily-so-soon-Maman, Céline In-Da-Wall-En-Thèse, Antoine Savère, et son bunker.

Sur le phonographe: Leonard Cohen.

%d blogueurs aiment cette page :