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Articles Tagués ‘Platon’

16
Juin

L’édition de poche

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She dealt her pretty words like blades

How glittering they shone
And every one unbared a nerve
Or wantoned a bone

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Une scène ; sept femmes.

Les grands inquisiteurs mâles, réunis dans leur comité, ne voient en elles que des sorcières, des soucoupes volantes. Elles brûlent sur le bûcher avec leurs livres et aucun philosophe n’a jamais entendu leurs cris jusqu’à aujourd’hui.

La Banquet(te) des Platonnes, c’était ce soir, à quelques pas de la République tout juste rénovée. Un rayon de soleil, une table bien garnie, un public à la mine de famille réunie. Du théâtre de poche, quelques verres de vin rouge, Émilie Dickinson, Phryné, Isold ou Phédra: discours brillant qui convoque les fantômes de l’opéra et des contes de fée pour démanteler l’amour, n.m. Une performance, à tous les sens du terme depuis le soin apporté au décor et au plan de table, jusqu’aux anamnèses mélodieuses qui vinrent ponctuer le réjouissant autodafé des éternels féminins.

…mes chères, je vous dis et j’affirme que l’amour des philosophes est le plus grand mal pour nous…

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Banquet(t)e est une proposition de Nicole Miquel, Kristina Mitalaité et Nariné Karslyan avec Marianne Seleskovitch, Maud Thomazeu, Francine Flandrin et Aude Arago.
Les citations sont extraites du texte original. La performance sera reprise en septembre.
Plus d’infos: ruedebeauce(chez)gmail.com

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13
Déc

L’Edition de la Réxistence!

Les Coulisses

Oh, il a fait froid au bord d’un Blitz, ces dernières semaines. Alors Emma a choisi de prendre soin de quelques lectrices et lecteurs, qui furent fidèles, et d’autres qui le sont devenus, en esquissant l’amitié comme art de  l’élégance amoureuse. Préférant le bien dit au mal fait, votre correspondante s’est éloignée un instant vers des ombres sans lieu où elle croisa vos yeux, et vous remercie, pour vos mains, vos mots, nos jeux, nos voeux.

Alors, continuer… Pour elle, pour toi, pour vous, et pour tes filles aussi, et parce qu’Emma vous aime, jusque dans les vies qui manquent parfois de roman, et bien au-delà de nos tendres romances.

Leggera come il volo d’una farfalla sotto il sole…

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Légende pour un temps présent

Apollonia

Apollonia - Krystof Warlikowski - 2009. Photo: E.R.

C’était non pas un dernier dimanche, mais notre première rencontre avec Krysztof Warlikowski. Théâtre de Chaillot, première, 6 novembre 2009. Deux belles rebelles s’étreignent, chaussures neuves, cheveux garçonne, et s’enchantent des 4h30 de spectacle promis, public plus clairsemé que prévu suite à changement impromptu de la jauge.

En juillet, budget CultEnews au ras du pont, la pigiste avait regretté de ne pouvoir assister à la création d'(A)pollonia, dans la Cour du Saint Palais des Papes. Le Monde avait titré « Le Choc », les planches avaient flambé. Revanche revanche – en novembre, la rage est toujours là, et peut-être plus encore.

Les Doctorantes coeur tendre tête dure s’étaient préparé d’une lecture de la Clôture de la représentation (in Jacques D., L’Ecriture et la différence, ‘f Course Darlin’ et gare à Hadopi sur ce site pirate). Elles y avaient bien écouté Antonin psalmodier et promettre qu’en « Ayant pris conscience de ce langage dans l’espace, langage de sons, de cris, de lumière, d’onomatopées, le théâtre se doit de l’organiser en faisant avec les personnages et les objets de véritables hiéroglyphes, et en se servant de leur symbolisme et de leurs correspondances par rapport à tous les organes et sur tous les plans. » De ce point de vue, ça tombait à pic: une scène, ou plutôt des scènes, enchâssements de vases clos dans l’espace, enfilade d’actions simultanées, personnages en achronie disruptive (oups, une interférence Tack*ls, Emma voulait dire: en rupture référentielle… aïe, pas mieux, bref, pour s’y retrouver, il aurait mieux valu relire Euripide, mais heureusement le programme sauvait la mise). Lorsqu’Agamemnon en personne s’est mis à décliner la solution finale en « 18772 morts par jour, soient 782 morts par heure, 13, 04 par minute ou encore un mort toutes les 4, 6 secondes », le tout syncopé par quelques touches d’accents hard rock, vos chères pigistes ne savaient plus ce qui du cochon de lait ou du casher l’emportait. Et c’était exactement là, soit finalement dans le regard que le spectateur voulait bien y plonger, que se jouait (a)pollonia, à la frontière du tolérable et des tolérances, au bord de « l’acte de révolution politique », peut-être un peu trop « spectacle » pour être « fête« . Quelques personnes ont quitté la salle, et votre Correspondante n’aura pas compris ce mot de la fin projeté en arrière-plan: « Résurrection »… Pourquoi pas salvation, pendant qu’on y est?…

« Je me suis souvent dit que la guerre et la prostate sont les deux dons de Dieu à l’homme pour le dédommager de ne pas être femme. »

Jonathan Littell, Les Bienveillantes.
Merci Jonathan, on y veillera mieux que jamais.

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L’interlude classique de votre Lettre

Le Titien - L'Amour triomphant de la force - 1545

Le Titien - L'Amour triomphant de la force - 1545

Καὶ τὸν Σωκράτη καθίζεσθαι καὶ εἰπεῖν ὅτι εὖ ἂν ἔχοι, φάναι, ὦ Ἀγάθων, εἰ τοιοῦτον εἴη ἡ σοφία ὥστ᾽ ἐκ τοῦ πληρεστέρου εἰς τὸ κενώτερον ῥεῖν ἡμῶν, ἐὰν ἁπτώμεθα ἀλλήλων, ὥσπερ τὸ ἐν ταῖς κύλιξιν ὕδωρ τὸ διὰ τοῦ ἐρίου ῥέον ἐκ τῆς πληρεστέρας εἰς τὴν κενωτέραν.

Platon, Le Banquet, 175d.

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Dossier spécial – L’Ere des Colères

Photo: Philippe Castetbon. (Merci!)

Votre Correspondante, comme tant de monde, a souffert des indécences du faux-débat-vraies-élections et de l’affront fait à Marie. Alors, hop, histoire d’enfoncer le clou dans les paumes de quelques fans de crucifixion et de salons de coiffure bien dégagés sur les tempes, petit résumé dansant, et en technicolor, des initiatives qui permettent d’espérer mieux vivre après le coup de froid.

Du côté des pétitions – ah, bon, ça se fait encore? Et yep!, la palme de platine revient à Mediapart – 35 000 citoyens se sont déjà exprimé – et vous aussi n’est-ce pas? – pour signifier qu’ils ne débattraient pas de leur identité. La pigiste fut 391e, oh, celle-là on la retrouve toujours dans les mauvais coups, pas que dans l’eau. Elle n’en aura pas pour autant négocié quelques mois gratuits de lecture du quotidien contestataire de bon aloi, pourtant. De source confidentielle, elle signale que la pétition est vraisemblablement partie de , et embrasse au passage les chercheurs regroupés pour exiger la suppression du Ministère de l’aliéné Eric B. (Son HDT est en cours mais aucun hôpital n’en veut).

L’inénarrable tombeur de claviers alias Madman Claro, grand cru FB 2009, s’est fendu d’un très joli texte, « On en hait là« , suite à la déclaration d’un certain Eric R. sur Marie la Ndiaye. Car oui, Claro est à la fois le service d’édition de Libé en 1986 au grand complet et un sanguin: quand il s’y met, ça fait pas forcément de mal. Tiens, pour la peine, on lui demanderait bien de nous signer – enfin – notre exemplaire du Clavier cannibale (Episode 1).

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Camera Obscura

Dark Lysa et ses mots cinéma ont offert à Emma une lecture tendre d’Irène, le film d’Alain Cavalier sorti fin octobre. Sa lettre, reçue sous enveloppe velin 160 grammes, douce calligraphie soignée, s’ouvrait par ces mots:

« Je croyais être en retard, m’être trompée de jour, les grilles du Saint André des Arts étant baissées. Attente. Quelques minutes avant la séance, elles ouvrirent. La salle était froide comme une morgue ; j’assistais à ce moment précis à l’autopsie d’une idée, celle des pensées pour un être cher dans et par le découpage du film. »

…/…

Et se concluait…

…/…

« Irène, reine des souvenirs, souveraine des signes et des traces, guide de l’errance à laquelle Alain nous invite comme des fantômes que le signal vidéo de la caméra digitale ne peut capter contrairement à la pellicule ; la vie apparaissant comme fantastique et non fantasmagorique puisqu’elle est évoquée et non invoquée. »

Sur Irène, film majeur, thème cruel, Emma vous recommande aussi de lire Serge Kaganski, ici et donc chez les Inrocks, et le magnifique texte d’une autre Reine, El.L. la Rebelle, ici, où elle écrit:

« Ce qui est magnifique dans ce film c’est qu’il ne choisit pas entre le portrait
de la morte et celui de l’endeuillé. »

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Brèves de trottoir

Scarlet Street

La Rue Rouge - Fritz Lang. Droits réservés - source Action Christine.

Si vous aimez Mademoiselle Lysa, so Dark, vous pourrez l’apercevoir qui soigne sa pâleur 25 images seconde main sur le coeur de son ombrelle, en rires devant l’Imaginarium du Docteur Parnassus de Terry Gilliam (Les Trois Luxembourg) puis en émois devant L’Enfer (oOoh Romy! Mais pourquoi donc ma banquière ne te ressemble pas…), le film enfin monté sinon terminé d’Henri-Georges Cluzot (même endroit et mêmes dates, jusqu’au 15 décembre et plus si affinités, mais il est temps). A noter également que les amatrices de sensations sombres, toujours promptes à apprécier les films noirs pour se lancer dans des flirts prétexte avec leur voisin de rangée, la dix-septième exclusivement, ont jusqu’à mardi pour se bousculer à l’Action Christine devant Scarlet Street, de Fritz Lang. Ce dernier film ressort en DVD chez Wild Side, juste juste cette semaine.

Du côté des planches, aucun prétexte pour ne pas aller se distraire d’un des cabarets foutraques d’Alfredo Arias au théâtre du Rond-Point: les représentations sont prolongées jusqu’au 16 janvier 2010. Interlope, drôle, impertinent… So CultEnews! Parole de guichetière ravie de notre visite!

Il vous suffira de quelques nuits au Plaza pour vous épargner les transports et dès le 20 janvier vous pourrez apprécier le monument cinq pouces sur l’échelle Télérama Pippo Delbono alias El Bueno, qui brûlera la scène avec la Menzogna, toujours au Rond-Point. La Joly directrice des partenariats vous informe qu’elle aurait décroché une ou deux contremarques pour les fabuleux lecteurs (si on arrive à mettre la main sur Mario. T’es où Mario?!) Pour cela, envoyez la référence exacte du dernier statut aristotélicien de la Reel au 55789 -coût du SMS: un baiser comme il vous plaira!

Enfin, pour les longues heures de TER, Prems dans TGV surchargés vers dinde lourde et reflux post-réveillons, la CultEnews vous conseille de rafraîchir vos neurones avec Inculte#18 – et son plus produit immanquable: le poster hommage à JG Ballard. Tina5, grande concurrente mais ça reste en famille, ne sera pas sortie à temps pour digérer les fêtes: vous la trouverez à partir du 20 janvier dans toutes les bonnes librairies (donc pas à la Griffe noire, mais assurément chez nos chouchoutes Violette and Co).

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Bref supplément de saison! Les cadeaux à (se) faire!

Sur sa wishlist, Emma a noté les Cinquante Lettres de Sade à sa femme (let’s call it « la concession Flammarion », 50 euros tout de même!), et offrira, par principe, le Goncourt à toute sa famille, soient quatre personnes en comptant les alliances. Pour les chéris (chiffre sous embargo), elle songe à un abonnement illimité aux téléchargements de Publie.net (la littérature des années 2000 et 10?). A noter, que par son tout nouveau site JPToussaint.com, Jean-Philippe Toussaint nous offre à tous la possibilité de naviguer dans ses manuscrits, dont celui de La Vérité sur Marie (qu’on compte offrir à la tante Madeleine pour qu’elle en avale enfin son dentier, avant la page 25).

Les Doctorantes, qui n’ont jamais cru au Père Noël, s’offriront par elles-mêmes les cuissardes Céline taille 38, bas couture Agent Provocateur, parfum Hermès et pigeonnant Lise Charmel nécessaires à la poursuite du projet également connu sous le nom de CultEnews – soit, ne jamais oublier la jarretelle, même au coeur d’une traduction du Cousin Victor.

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Le Baiser de la fin

La Boule de cristal - J.W. Waterhouse - 1902

« On ne peut exclure la danse, sous toutes ses formes, d’une éducation raffinée: savoir danser, avec ses pieds, avec les idées, avec les mots. Est-il encore besoin de dire que l’on doit aussi savoir danser avec sa plume – qu’il faut apprendre à écrire? »

Friedrich N., Le Crépuscule des idoles. Let’s Dance!

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Crédits phonographiques: Parlami d’amore Mariu – Max Raabe (Courtesy Emmanuel T.)

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Remerciements: Ju the Goddess, Damned Jo’, M. the Philosopher, la Wall ForEver, et enfin le So Castet et Miss Dark Lysa pour leurs contributions!

Cette CultEnews, dernière édition 2009, est dédiée au bon plaisir et tous succès des amis d’Emma pour la décennie qui s’ouvre.

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