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Articles Tagués ‘Michel Foucault’

15
Mar

Edition ordinaire.

Le HMPFFF

Benghazi – Sendaï – Lampedusa

[…]

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Who else?

M.F. by M.P.B

– Pages de grâce –

Dominique Conil, Une Fille occupée (Actes Sud)

On a croisé la « Fille », on connaît le goût de l’adjectif, mais au-delà des logiques du signifiant, Une Fille occupée est un roman, qui soigne la mythologie des contes pour braqueurs sans se dissoudre dans une baignoires d’acide, mais bien davantage une leçon d’écriture. Il faut lire en traquant les italiques qui soutiennent le récit ; observer les contraintes du récit qui se déploient en partant de clichés pour pulps SAS pour atterrir très loin vers une chute qui ne cadre pas avec l’intrigue ; vers le large de la littérature et ses maîtresses, Angot, Duras, Lou-Andréas. C’est, aussi, une interprétation sans impasse de l’amour voyou, qui évite les bons sentiments: un jeu rafraîchissant entre petite et grande histoire, où l’on s’attendrait à voir cité le GIP si les prénoms s’y ébauchaient de plus d’une syllabe, syllabe peut-être laissée en suspens pour que le personnage ne prenne pas le pas sur l’intrigue. Pour en savoir plus, faites un tour sur le  Book Club de Mediapart qui a rendu un très bel hommage à l’ouvrage, ou encore écoutez le Jeux d’épreuve qui lui a été consacré, le 12 mars, qui en dit beaucoup, beaucoup, de bien – et c’est un programme, pourtant, joyeusement piquant.

Mathieu Lindon, Ce qu’aimer veut dire (P.O.L)

La rédac’ chef un peu relou-limite-pénible a demandé à l’expert philosophe known as MPB de confier ses impressions sur la pièce nostalgique de la seconde « rentrée » littéraire, paru en janvier. L’ouvrage en a fait ironiser d’autres sur le mondain comme politique de l’intime. C’est pourtant, peut-être, quelque chose de plus fort qui s’écrit:

« Ce qu’aimer veut dire est un livre qu’il serait aisé de prendre en mauvaise part (parce qu’il y est question d’un deuil et d’un père impossibles, parce qu’on y appelle avec désinvolture des gens célèbres par leurs prénoms) s’il ne s’y prêtait avec tant de bonne grâce à se souvenir que parfois les pères et les deuils sont de fait impossibles, et que les gens qu’on aime, célèbres ou pas, ont par-delà la familiarité publique qui les use et les déprécie, des prénoms qu’il est doux ou grave à certains de prononcer. On y apprend qu’un appartement peut être plus qu’une histoire – un personnage. Il y est question de drogues, aussi, et plutôt bien. Puis les choses s’y accélèrent d’un coup comme la maladie même : un instant, cela devient intéressant, l’instant d’après, Foucault est mort. »

Hervé, personnage du récit, est encore vivant, et comme on le sait ne fera pas de cadeau à son ami. Il faut aller voir, pourtant, la tendresse de quelques-unes de ses photos, exposées à la Maison Européenne, jusqu’au 10 avril. Sans vouloir déprimer la critique du Monde qui en a dressé un portrait indécent de déni au regard de l’homosexualité, Hervé Guibert ne prenait pas tant de  » pincettes pour évoquer le désir masculin », ainsi qu’en attestent Les Chiens (éditions de Minuit, 1982), magnifique saisie d’une scène sado-maso gay homosexuelle extrême. Car pour mémoire, Hervé Guibert n’a pas non plus écrit que sur le sida – le sien ou celui des autres: il a écrit, aussi, sur le désir le plus nu, la photographie et, et sur des années qui ne connaissaient pas encore leur urgence. Ici, il était beaucoup aimé, et c’est heureux, de même qu’on n’oublie pas Foucault, que lui non plus ne soit pas tout-à-fait mort.

>>>Bientôt sur la table de nuit: Pfff, d’Hélène Sturm (chez Joelle Losfeld), nous intrigue, de même, dans un autre genre puisqu’il s’agit d’un essai, de l’Eloge du hasard dans la vie sexuelle (quel beau titre!), de Monique David-Ménard (oups!! la faute en page du lien;), qui paraîtra en avril aux nobles éditions Hermann.

>>>Dédicace au Ronchon: bravo à Claro pour la reprise en livre de poche de son immanquable Madman Bovary, chez Actes Sud-Babel. Rien de mieux pour le découvrir qu’aller faire un tour sur le blog mordant de l’auteur, Toward Grace, dont une lecture quotidienne épargne tout risque d’affaissement du mauvais esprit dans cette époque de mauvais goûts trop nombreux.

>>>Pour découvrir le projet 0Extraction0 de Chloé Delaume, rien de tel qu’aller visiter son site, qui regroupe, outre une présentation de chaque titre de la collection, des documents sonores,  dont il a été aussi question ici (où la cultenews s’est un instant délocalisée). Open Space, de Patrick Bouvet, est mieux qu’un excellent livre: c’est une excellente poésie, et donc beaucoup plus rare, peut-être parce que Patrick Bouvet interprète la technologie, de longue date, comme un langage plutôt qu’un outil, se fixant, par exemple, sur les images de propagande américaine lors de la Guerre du Golfe, Acte I, 1991. Il l’explique très bien sur le site dans un entretien avec la journaliste Sophie Joubert: il distingue son travail, interprétation du réel, de la science-fiction, et reconnaît avoir fait le choix de se sentir « au-dehors » du hi-tech, distance, peut-être, qui lui permet de si bien parler de la figure féminine qu’il a choisi d’y plonger, plus cyborg que Geek, elle-même devenue flux hésitant entre octet et sérotonine.

« mais rien ne peut

dissiper

ce qu’elle ressent

jour après jour

au contact

de ce monde-écran »

 

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Hokusaï - Le fantôme Kohada Koheiji

Interlude: Le live-Blogging de Diogène

Ἐκίνει δ’ αὐτὸν καὶ τὸ θύειν μὲν τοῖς θεοῖς ὑπὲρ #ὑγιείας, ἐν αὐτῇ δὲ τῇ θυσίᾳ κατὰ τῆς ὑγιείας δειπνεῖν.

« Il s’indignait de voir des hommes faire des sacrifices rituels pour conserver la santé, et en même temps se gaver de nourriture pendant ces sacrifices, sans aucun souci de leur santé. »

in Vie des philosophes illustres, Diogène Laërce.

—–[F U K U S H I M A]

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Christmas Show 2010 - Paris - Photo E.R.

Scènes & Sauves

Pour quelques raisons, dont une mise en lecture improvisée telle un flash mob pour mater un Eurostar bondé, La Nuit juste avant les forêts est devenu un de ces ouvrages qui accompagne le sac à mains – il faut dire que son format est idéal, et que son langage bien répercuté est d’une efficacité redoutable pour mater tout groupe de mamies américaines hystériques.

Sa présentation, au théâtre de l’Atelier, reprise d’une mise en scène de Patrice Chéreau, a beaucoup « buzzé » comme on dirait chez les jeunes gens Owni. Cela valait bien son billet (31 euros, Baby, t’es sûr?) pour se plier à ce goût de l’époque – Romain Duris, SDF en zone d’attente, lit d’hôpital, beau gosse paraît-il mais ce n’était pas notre souci, en a donné une lecture politique – donc, pas si consensuelle en regard des sondages, peut-être bien plus indispensable que Stéphane Hessel. De la Nuit juste avant les forêts, nous n’avions, presque toujours, voulu et déclamer qu’une histoire d’amour, histoires de pluie, de ponts, de cons. Comme quoi la littérature amoureuse, c’est, forcément, une littérature engagée… « phrases dont tu voulais qu’elles viennent chercher, consoler peut-être, et ta langue qui cueillait “Ne dis rien, ne bouge pas…”

Bonne nouvelle pour les éternels retardataires: la pièce est présentée jusqu’au 27 mars.

>>> L’Agenda des Contremarques

Les intrépides kamikazes de la Ligne 13 ne manqueront leur pélerinage trimestriel au toujours dynamique T2G pour L’Indestructible Madame Wagner de Christophe Fiat – vite vite, c’est jusqu’au 19 mars.

C’est moins loin, pas d’excuse: Marie NDiaye au Théâtre de la Colline, Paris 20e, avec Les Grandes Personnes (jusqu’au 3 avril).

Très très très bonne nouvelle, la reprise de Tatouage et de Cabaret Brecht Tango Broadway, d’Alfredo Arias, que la Cultenews avait ratés à regret lors de leur première, en 2010. C’est du 13 au 23 avril, et c’est au toujours très confortable et bourgeois théâtre du Rond-Point.

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Les Trois Grâces - Lucas Cranach - Le Louvre

Varape sur Cimaises

C’est attendu au bord du mauvais goût, mais nous voulons notre visite, en nocturne si possible, de l’exposition dédiée à Lucas Cranach au Musée du Luxembourg. C’est jusqu’au 23 mai, et au-delà il sera toujours possible d’aller admirer Les Trois Grâces, acquises par Le Louvre à la faveur d’un mécénat très à-propos.

Dans la série « Révisons nos classiques », Mondrian au Centre Pompidou a beaucoup déçu, sauf la salle consacrée à ses oeuvres de 1912. La reconstitution de l’Atelier, en particulier, ressemble à un manège Mickey, voui voui, entre autres.

L’exposition consacrée aux Revenants (ici chroniquée via Le Beau Vice, elle s’est achevée le 14 mars), toujours au Louvre, se poursuit dans de multiples conférences. A ne pas manquer, le 25 mars, Walid Raad, Jalal Toufic et Omar Berrada – et, le 28 mars, une rencontre qui promet l’anthologie, puisque c’est la Reine de Coeur Avital Ronell qui viendra parler des philosophes qui la hantent. Be there or be square.

Autre revenant, et non des moindres, Stanley Kubrick fait l’objet d’une grande rétrospective à la Cinémathèque: exposition, intégrale de ses films, et débats, du 23 mars au 18 avril. Côté débats, difficile de ne pas penser qu’ils mériteraient une petite visite de La Barbe si elles n’étaient pas déjà très accaparées: pas une femme dans les modérateurs invités… Sérieusement, pas une femme pour bien parler de Kubrick, ne serait-ce que de la relation homoérotique qui unit Hal et Bowman? Arf., on n’en croit pas un mot, même si on se réjouit de la rediffusion des entretiens A Voix nue réalisée par Michel Ciment.

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Brèves de trottoir

Viva le crowdsourcing: un mécène attendri qui souhaite conserver l’anonymat a fait parvenir un excellent appareil photo à la rédaction pour poursuite des travaux en cours. Qu’il en soit ici remercié.

Dans les bonnes nouvelles, bis, le site Starsky et son Indie Dad nous offriront bientôt des chroniques de disques! En attendant, ne pas manquer son dernier mix, une Aube de zen charmante pour digérer les heures sup jamais en reste.

Si loin si proche, la Biennale d’art contemporain de Venise ouvrira ses portes le 2 juin 2011, et durera jusqu’au 27 novembre. C’est Christian Boltanski qui a été choisi pour y représenter la France. La Cultenews, si elle parvient à être présente au vernissage, vous en promet le live tweet, et sinon, fera, cette fois-ci c’est garanti, un reportage plus tard dans l’été, avec l’appareil photo sus-nommé.

La salle de rédac’ version bécasse a ri comme une fin de nuit en 1993 avec la reprise de Girls Wanna Have Fun par le groupe Starfucker, même si le morceau a plus d’un an.

Encore plus vieux, limite vintage, complétement Geek mais toujours pratique, le lexique des abréviations Twitter tel que proposé par Digiphile vous sauvera de tout faux-pas dans les eaux de la Baleine.

#Ça nous amuse: la cultenews avait contribué de sa recherche Google « Partouze à Dinard » (oui, c’est ici) auprès du site Devenir un ninja gratuitement, avant son passage au Grand Journal de Canal+. Mais regrette que ses « résilles thermolactyles » et « lapin diplômé » restent, en l’état, refusés. On fera mieux.

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Le mot de la fin

« Nous sommes tous des Geeks hurlants »

(copylefté MS, en hommage aux Tunisiens, Egyptiens, Libyens, qui se battent pour tenir debout)

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Et puis, au soir du 16 mars, Twitter est si triste #17Feb #Japan, qu’on a surtout eu très envie de se taire.

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13
Juin

L’édition sous le manteau!

Le Off

Il était temps de l’ouvrir ce manteau, il y eut des plaintes contre le printemps tardif, les connexions aveugles, et jeux de mots sans passe, et puis… tant de retard alors que nous avions peu à dire, hydres ivres épuisées par un temps soudain devenu forfait jour.
Pendant ce temps, hélas en Hellas, et soudain aussi en Belgique…

Τὰ ζῷα λυπεί γὰρ αὐτὸν ἡ χώρα πορθουμένη.
(les animaux pleurent le pillage de leur pays)

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Scènes & Sauves

« Probably not, God answered. Please Chiquita, don’t cry. You still have hope, dream, and delights of mind left. » (B-M.K, carte postale à Madeleine)

La Ronde au carré - D. Dimitriadis - Odéon 2010 - Photo: E.R.

Il fallait bonne humeur et espoir pour faire face au dernier des Dimitris Dimitriadis présenté pour sa rétrospective à l’Odéon, La Ronde du carré, en première mondiale s’il-vous-plaît. Conte cruel, une farandole de trois couples défaits plus vite que les draps a entonné l’éternel refrain macabre et désenchanté des cœurs échoués. Le metteur en scène Giorgio Barberio Corsetti, « of Howard Baker émois » d’un Cas Blanche-Neige mémorable, a donné le rythme de la consomption des ruptures dans une scénographie éblouissante comme une bague de fiançailles, trop éblouissante peut-être par rapport à l’intrigue. La pigiste ès-catharsis a moins aimé la pièce, son texte, que la tentative de tour de force d’une mise en abyme qui n’a pourtant pas suffi à lui donner le tournis, mais aimé lire la critique de Fabienne Darge, dans Le Monde du 15 mai.

Dans la série « A nous l’entracte » ah-mais-non-fcuk-la-déclaration-le-tiers-provisionnel, s’il reste quelques centimes, Combat de nègre et de chiens de Bernard-Marie Koltès est à découvrir jusqu’au 25 juin 2010 au théâtre de la Colline, dans une mise en scène de Michael Thalheimer. La critique de Jean-Pierre Thibaudat (aperçu souvent, ici et là et ailleurs, mais pas toujours après l’entracte) en donne bien envie.

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Faire-Part


Les Araignées, ses filles,

ont eu la tristesse d’apprendre le décès de Madame Louise Bourgeois.

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Le Titien - Vénus à sa toilette - 1555

Littérature sans la rature

Deux lectrices déjà bien déniaisées attendaient de se laisser surprendre par Sévère, de Régis Jauffret, et sont ressorties très déçues: la maison huit fois close tient d’un bordel à la frontière des Flandres, et c’est Cécile qu’on assassine. Phryné, arrivée trop tard au tribunal pour conseiller à sa fausse-suivante de dégrafer son corsage, avait regretté qu’il n’y ait eu personne pour répondre, non pas au prix de la pute, mais à la valeur de la passe. Car après tout, si Cécile était non le bras mais la main droite d’un banquier, elle en méritait tout autant salaire que les membres du conseil d’administration où elle n’était pas invitée à siéger.

autrement mieux dit par un e-mail de Judy-Rose envoyé à Emma… « J’ai fini de lire Sévère au bord de l’eau, peut-être pour rendre hommage à la fontaine ithyphallique qui domine Genève et son lac. J’avais été saisie par les 37 premières pages: une sorte de gel intérieur à découvrir sous la plume d’un écrivain un univers fantasmatique qui m’avait intriguée au point d’en découper les brèves évoquant les détails d’une histoire qui aurait dû n’être vouée qu’au silence des placards familiaux. Pourtant, très vite, ce livre m’a fatigué.

Sévère, joli titre, passe à côté de son sujet. Ça n’en fait pas en soi un mauvais livre, mais c’est un livre TGV, qui n’énonce rien, d’une histoire qui mériterait plus de profondeur, notamment puisqu’elle est romancée, et même si elle était commencée comme ça. Je crois que la vraie question est ratée parce que le livre est écrit par un homme, ou peut-être juste par cet homme-là, qui ne se demande pas en quoi la réplique culte « Un million, ça fait cher pour une putain », n’est pas dans son prix, ni dans quelle mesure Cécile aurait manipulé pour l’obtenir, mais au nom de quoi et qui elle le demandait. De bout en bout, le livre trébuche sur ses enjeux, dont l’évocation des liens entre Capitalisme et prostitution. Il ne tombe pas pour autant dans le roman de gare, ne se prend pas les pieds dans la morale, mais n’évite peut-être pas tous les clichés, dont celui de la femme dévouée à son mari, son amant, jusqu’au meurtre. Que l’héroïne soit dessinée comme stupide, ce qui est certes fidèle au portrait qu’on offrit d’elle au procès, renforce le sentiment d’un monologue vain. Personnellement, la littérature du vide, ça ne me branche pas. »

Loin de ce vide-là, mais plus près d’un autre gouffre, les Subprimes, Mathieu Larnaudie mène une dissection du moral d’acier santé de fer des Effondrés acteurs de la crise américaine de 2008 (chez Actes-Sud), dont chaque chapitre mériterait une étude de ponctuation par Jacques Drillon. « La confiance est un tube de rouge à lèvres » (et la faillite est une semelle Louboutin?), autres moyens, rythmes et mots qui dévient l’impact des courbes de la Bourse sur le coût  des assurances-suicides à Wall Street et saisit sans commentaire l’indifférence de quelques figures qui dévastèrent les banlieues par hypothèque. Une lecture en cours d’un livre qui a reçu un très bon accueil presse de l’Humanité au Monde.

Dans un autre spectre des rapports entre réel et littérature, la biographie de Gilles Sebhan, « Tony Duvert, l’enfant silencieux » (chez Denoël), dessine un traitement à l’opposé du délaiement d’un fait-divers. C’est très loin de « vie et mort d’un pédophile », tel que pourtant titré sur le site web d’un hebdomadaire. Sebhan n’enquête pas sur la réalité des accusations imputées. Il écrit, voix neutre loin du quand-dira-t-on, sur ce qui a ouvert le mutisme, l’emmurement volontaire, la famine puis la mort chez l’écrivain célébré, Prix Médicis 1973. Récit, plus qu’essai, d’une enquête respectueuse, le livre effleure la naissance du silence et le choix de sa propre condamnation par un homme peut-être donc pas si indigne, en prenant garde à ne pas s’ériger tribunal. Ça repose: la littérature du silence, c’est meilleur que la littérature du vide.

« Durant vingt ans un homme s’est suicidé, sans même que ceux qui l’aimaient y puissent rien.
Après ça, on peut encore détester cet homme. Ce n’est plus notre affaire. »

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Chut… Regarde: un ange passe!

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Le quizz de juin des filles de joie

« Eh quoi, vous imaginez-vous que je prendrais à écrire tant de peine et tant de plaisir, croyez-vous que je m’y serais obstiné, tête baissée, si je ne préparais – d’une main un peu fébrile – le labyrinthe où m’aventurer… »

(la première personne à reconnaître l’auteur de cette citation recevra un baiser « Rose Velours » sur Velin 160g.)

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Les vacances des contremarques

Haut les cœurs! Deux rédactrices CultEnews se retrouveront vite vite, en séminaire annuel pour le mythe et maillot de bain pour l’intox: à Avignon, bien sûr. La Renvoyée spéciale a déjà préparé sa valise, mais n’a bien sûr toujours pas réservé ses billets. Car les réservations, c’est à partir de demain 9 heures, . Vite, vite: priorité à Olivier Cadiot, Gisèle Vienne et Christoph Marthaler. De Marthaler, la CultEnews garde le souvenir bouleversé du Wozzeck d’Alban Berg, présenté à l’Opéra-Bastille, d’autres n’ont rien oublié de Schutz vor der Zukunft (Se protéger de l’avenir), en 2005 à Vienne, joué dans une section de l’hôpital Otto-Wagner: cette dernière création, qui évoque le passé sordide de l’hôpital, où se menèrent pendant la Seconde Guerre mondiale des euthanasies sur les malades mentaux, sera également reprise à Avignon.

Oh Oh, mais cette année les ponts s’annoncent plus confortables que 2009… Gloria Tibi CultEnews, et peut-être, surtout, l’envie de se faire plaisir entre copines un soir d’été avant qu’une Joly devienne tranquillement… jeune Maman. (Ah bon? il n’y a pas que les amants et le grec dans la vie?! If Only, Baby.)

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Brèves de trottoirs

Tous les programmes de la rentrée sont bien arrivés joliment enveloppés de papier de soie dans la boîte aux lettres CultEnews. Pour l’instant, ils ont rejoint la boîte « Déjà? ». Et oui, déjà, mais un peu tôt, aussi, pour y penser alors qu’il n’y a pas eu d’été.

Et les beaux jours sans voyager, ce sera d’abord Paris Quartiers d’Eté, sa scène au cœur du Palais-Royal, ses Petit Chablis en terrasse du Nemours. Nul doute que le public se pressera joyeux pour chanter « C’est la grande mode à Paris », et pourquoi pas reprendre en chœur avec la Môme Crevette les Nuits d’une demoiselle. La Dame de Chez Maxim’s mise en scène par Jean-François Sivadier, qui avait fait l’an dernier un tabac absolu à l’Odéon est reprise du 15 au 31 juillet au Monfort (75 015). Le 14 juillet, la répétition générale sera ouverte à tous et gratuite, il n’est pas précisé si c’est sous condition de chanter la Marseillaise.

Cette année offrira également des retrouvailles avec un chorégraphe que nous n’avons jamais rencontré: Dominique Bagouet, dont le Grand Théâtre de Genève reprend Schnell et Jours étranges. Jours étranges, oui, que les années 1980-1990, où les talents s’envolaient avant même d’avoir eu le temps de se faire connaître. Bagouet, décédé en 1992, fut l’une des grandes figures de cette prise de conscience où le sida nous a brutalement regardées d’un peu plus près que ses capotes.

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Au coin de la rue d'un bout du monde. Photo: E.R.

Le Baiser de la fin

« Comme nous sommes sages ! Comme nous travaillons ! C’est bien. C’est le genre de douceur que la dureté de l’époque nous laisse. »

(Un cartographe du sismographe)

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Sur le phonographe: Jacques Brel et Wait What.

Spéciale dédicace: Céline de Wall et Aline W. Princesses de l’ULB ; remerciements aux soutiens du projet « Ah. » et à tous ceux qui contribuent, chaque jour et à chaque touche, à enchanter les arts.

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