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Articles Tagués ‘Manuela Draeger’

17
Oct

La double édition!

Le Off

A tout plaisir les honneurs: pour cette édition d’automne, le saigneur Antoine Volodine illumine octobre d’un entretien, suivi des rubriques usuelles et futiles pour animer un dîner jusqu’au bout de l’escarpin, dont la « Wish-List » de vos lectures et sorties, et le Supplément inédit « J’Claquerai tout avant la stèle ». Comment ça, il est 03h37? Et oui, c’est désormais, depuis le Off, vous pouvez cliquer sur les liens pour accéder directement aux rubriques! Magie des ancres HTML, apprentissage autodidacte dans les bras de Diogène de Sysop!


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L’entr’aperçu Antoine Volodine

Plusieurs échanges auront été tentés par la CultEnews pour localiser ce que proposait Antoine Volodine aux côtés de ses hétéronymes en cette rentrée littéraire. Il y avait de la timidité à espérer convaincre un bunker de se pencher sur des frous-frous virtuels: Volodine, sujet de thèses et hypothèses, a fait l’objet d’articles et entretiens à hauteur de l’ambition réussie d’une triple publication locomotive de l’automne (Ecrivains au Seuil, Onze Rêves de suie de Manuela Draeger aux éditions de L’Olivier, et Lutz Bassmann avec Les Aigles puent chez Verdier). Aperçu à Manosque le temps d’une lecture saisissante d’étouffement (elle se tenait dans une petite salle confinée, et venait conclure trois jours de divagations littéraires en plein air), l’écrivain a semblé roc bien plus sombre que les rêveries d’été n’avaient laissé l’imaginer. Il a pourtant pris le temps de répondre à deux questions par écrit, tout en s’excusant « de ne pouvoir improviser sur des questions complexes » – ironie reçue 5/5, et tous remerciements pour les réponses qu’il a partagées.

« Alors que cette liste si agréable à établir, doit, malgré tout, se terminer, je regrette que plusieurs milliers de personnes n’y figurent pas, dont évidemment mes lecteurs font partie…« 

(Antoine Volodine, in Ecrivains)

>>> La littérature post-exotique, qui s’appuie sur la multiplication de ses voix, le jeu des échos des narrats, ne serait-elle pas une quête pour se dispenser du lecteur, un démantèlement des cellules bovarystes?

« Lecteurs et lectrices sont au contraire immensément présents dans tous nos livres. La préoccupation principale des auteurs post-exotiques est de transmettre des images aux autres, qui, il est vrai, écoutent et ne lisent pas. L’ensemble de l’édifice repose sur ces fondations-là : une parole (un sanglot, un cri, un récit de rêve, une cristallisation poétique, un souffle…) qui va vers des complices, auditeurs, auditrices, principalement nocturnes, tous emprisonnés et traversant les mêmes affres. De là se développe une fusion presque concrète entre les créateurs (ou créatrices) de l’histoire et leurs destinataires. A tout instant celui ou celle qui disent l’histoire sont conscients de l’écoute. A leur tour aussi ils écoutent, puis répètent ce qu’ils ont entendu, fidèlement ou en y ajoutant leurs variantes.
Très clairement, la parole circule entre les acteurs de cette création qui est par nature orale et collective, très peu intéressée par la signature et, au-delà, par le devenir ultérieur de ces textes hors les murs. On a là un premier niveau de relations entre auteurs et un public qui a un statut de co-auteurs. Deuxième niveau, l’auditeur et l’auditrice sont mis en scène dans les livres, au sein de l’histoire qui est souvent contée par un narrateur qui reproduit dans l’organisation du livre les conditions de son « écriture ». D’où la fréquence de personnages-diseurs, de personnages-écrivains, de personnages-chamanes qui disent le monde sous forme de fragments où apparaissent d’autres auditeurs, d’autres conteurs et diseurs: en ce sens les trois livres de cette rentrée sont une illustration de ce système de narrations imbriquées.
Mais ensuite, au-delà des murs de cette prison imaginaire d’où surgit la fiction, dans la réalité éditoriale, concrète, il y a un travail particulier de rapprochement avec le lecteur, la lectrice « sympathisants ». On s’adresse à d’autres oreilles que celles des co-écrivains post-exotiques et à d’autres oreilles que celles des personnages en situation d’écoute. On parle au public en général, sympathisant ou non, avec le souci de faire passer émotions et images (en veillant, donc, à manier efficacement les outils d’écriture dont nous disposons). Le résultat de tout cela est une construction où circulent beaucoup de dits et de non-dits, mais où lecteurs et lectrices, au contraire de ce que suggère votre question, sont constamment présents, et à tous les niveaux.

« Quand je recule très loin dans ma mémoire, quand je me dirige vers les brouillards qui précèdent l’enfance consciente, je m’aperçois que j’ai retenu les images des manifestations et de la fête. »

(Manuela Draeger, in Onze Rêves de suie)

>>> Vous dépeignez un univers sombre, mais l’enfance y tient une place à part. Pourriez-vous expliquer à quel titre?

« L’enfance est un leitmotiv depuis le premier livre publié jusqu’à ces trois livres. On pourrait nommer plusieurs romans où elle n’est pas présente, mais ils ne sont pas la majorité, surtout si on prend en compte tous les petits romans de Manuela Draeger où les personnages sont indistincts mais porteurs de la pensée magique de l’enfance. C’est surtout vers cela que nous nous tournons, vers cette désinvolture face au réel, désinvolture intellectuelle très souvent charpentée à partir de mots. Mots magiques, inventés, qui créent une réalité parallèle ou qui permettent d’entrer de plain-pied et sans délai à l’intérieur d’une image. Notre rêverie « enfantine » se développe peut-être comme les monologues des enfants qui « se racontent des histoires ».

Outre cette fonction essentielle de la magie de la parole, nous recherchons aussi dans l’enfance et ses personnages la même naïveté désespérée que celle qui rôde dans nos personnages d’insanes ou semi-insanes. Les enfants, en ce sens, font partie du spectre de nos personnages écrasés qui, malgré tout, reconstruisent (par la parole et l’hallucination) leur monde proche. »

« J’avançais sans grâce mais sans tomber, j’agitais ma casquette, je hurlais le détail des mesures qui entreraient en vigueur immédiatement après notre prise du pouvoir, je ne me préoccupais pas de savoir si on me rendrait mes gamelles et mes hardes avant de me renvoyer vers le dépotoir ou de me liquider. Et j’étais très fier. »

(Lutz Bassmann in Les Aigles puent)

Propos recueillis par l’email d’Emma le 28 septembre 2010.
Les citations ont été ajoutées après l’entretien.

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…/…
Laissez défiler la page pour la suite de l’édition, ou remontez le lien pour lire le précédent entretien, avec Frank Smith, pour son ouvrage Guantanamo.

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Sappho - Portrait - date inconnue.

Toi aussi, tu t’appelles Hellène!

Τίσ δ᾽ ἀγροιῶτίσ τοι θέλγει νόον, οὐκ ἐπισταμένα τὰ βράκἐ ἔλκην ἐπί τῶν σφύρων;

(Comment cette femme grossière et sans art peut-elle charmer ton esprit et enchaîner ton cœur? Elle ne sait pas même laisser flotter avec grâce les plis de sa robe!)

Oh, Sappho…

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Sur la Wish-List

Pierre Zaoui, Maître de conférence à Paris-VII, fils prodigue de Baruch Spinoza, en écrivant La Traversée des catastrophes, ne pouvait pas savoir qu’une pigiste jouerait d’un marque-page hésitant entre « Tomber malade, vivre debout » et « Quelle tuile! Sur l’événement amoureux ». Avec cet ouvrage de « philosophie athée » qui a pris le temps de la réflexion et des références, il y a de quoi faire passer la mode de Caen et l’hédonisme bêta pour des ringardises aussi égarées qu’un legging. Une présentation du livre est prévue à la Fnac-Montparnasse le 5 novembre 2010, et, et… à suivre.

La visite aux Correspondances de Manosque a été l’occasion d’ajouter quelques titres aux achats de l’automne, en particulier 116 Chinois et quelque, premier roman de Thomas Heams-Ogus, à écouter (15 euros, Fiction et Cie) sélectionné pour le Prix Wepler. A noter le très bon article sur le blog de Claro, également sélectionné Wepler avec son titan Cosmoz dont il fit une belle présentation à Manosque, ainsi récemment que chez Hubert Artus de Rue 89, en vidéo.

Bonne nouvelle, la librairie Au Poivre d’Ane sis place de l’Hôtel de Ville de Manosque, pourtant peu amène dans son accueil aux visiteurs d’un week-end, avait en stock le dernier tome du Journal de Mireille Havet (1927-1928), publié en mars 2010 chez Claire Paulhan, dont les ouvrages sont trop souvent difficiles à se procurer. Mireille Havet, décédée il y a bientôt 70 ans, peut au moins se féliciter post-mortem d’avoir échappé aux affres cruelles des comités de sélection: lesbienne, amatrice d’opium, et toute mondaine qu’elle put briller, elle n’a jamais été reconnue de son vivant, brûlant la vivacité par les deux bouts en planquant son Journal, qui fut sauvegardé in-extremis.

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Etoile de la toile

© Eva Truffaut - mycopyright.tumblr.com

Très très belle découverte du stupéfiant Tumblr d’Eva Truffaut, dont la CultEnews reproduit ici une image sous toute réserve d’autorisation avec lien. En cascades d’images, une histoire se recompose dans l’illusion de l’aléatoire propre aux effets Tumblr, c’est magique, poétique, et d’une ironie toute féministe qui a beaucoup plu par ici.

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Les Sorties du chinchilla

Les compères experts en Arts lyriques en restent sceptiques, mais par curiosité, il serait tentant d’aller apprécier la reprise de la mythique production de Giorgio Strehler des Noces de Figaro (Opéra Bastille à compter du 26 octobre). Ach Mein Gott, il ne reste plus que la catégorie Optima et mois de mai, soient deux hypothèses oh, vraiment lointaines, presque aussi lointaines que la représentation originale (1973).
Note: Diogène de Sysop, Hot Line du site CultEnews, a été amusé par la mise en place d’une file d’attente pour l’accès au site de l’Opéra via un script efficace, à l’ouverture des réservations du 11 octobre (14 minutes sans avoir à recharger la page).

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Tender is the Dawn - Photo Emma Reel 2010.

Brèves de trottoir

Zéro pointé pour le peu de soin apporté à la relecture d’Avec Bastien, de Mathieu Riboulet – un très bon livre qui méritait bien mieux qu’un s mal placé à « partouse » (sic, quoique cela aurait pu être une coquetterie de type phantasmatique) et surtout, oh, surtout, la confusion entre « savoir » et « suer » qui n’a pas parue guidée par un effet de style. Ah oui, c’est pourtant un livre délicieusement sensuel, diaboliquement sexy, mais ce parcours de l’éveil d’un joli môme, depuis un grenier de Corrèze jusqu’aux glory holes de Paname, aurait été encore plus apprécié sans fluctuation du Jouette.

C’est déjà trop tard pour Toulouse, mais pas pour son écho: faute d’avoir pu se déplacer elle-même à l’inauguration du Printemps de Septembre, édition 2010, Emma a demandé à un petit prince de la performance qui y exposait, de jouer au Renvoyé spécial via SMS: « Oh, c’est nul les artistes n’étaient pas invités au dîner! Les expos sont bien! Les commissaires sont ivres! C’est la fête des Princesses ma chérie! Vérifie tout de même ce que tu publies ». Etc. et déroulement attendu pour cette joyeuse récréation quelque peu luxurieuse qui se terminait le 17 octobre.

The place to be où Emma n’était pas, c’était le 4 octobre au Théâtre de la Madeleine, soirée de lancement des Ecrits inédits de Marilyn Monroe (Fiction & Cie) dont les tweets relataient le plus grand bien avec ravissement, encouragés par une débauche de Dom Perignon (quelle bonne idée!). Des bises aux artisans de ce succès et ses déjà nombreuses réimpressions. Update! La lecture d’Anna Mouglalis peut se réécouter ici.

Closer CultE: un lecteur a signalé que le bal masqué de Grazia au Palais-Garnier valait aussi le détour, mais n’a pas précisé à quel papillon il songeait.

>>> Appel à l’aise: si vous vous sentez l’âme d’un contributeur CultEnews, il est envisagé la mise en place d’un Top-Tweet à chaque édition. Envoyez vos critiques et commentaires  à toute heure sur le portable de la rédaction, anonymat garanti, bises renvoyées avec gourmandise.

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Le Supplément dispendieux d’octobre:  J’Claquerai tout avant la stèle!

Judy-Rose, éternelle stagiaire mythomane des luxures en semelles rouge Révolution, a appris à ses dépens qu’il faudrait trois semaines pour changer talon et semelles d’une paire de Christian Louboutin (facture du cordonnier sous embargo, mais ne vous privez pas d’envoyer vos dons, timbres-postes et mandats cash acceptés). A vos carnets, une seule adresse au monde assure un entretien légitime du pied de la lettre: Minuit moins 7, sis galerie Verot-Dodat, 75 001, soit la porte à côté du chausseur mythique. Evidemment, une fois sur place, rien n’empêche de compenser l’impatience avec une nouvelle paire, etc. Qu’est-ce que tu n’inventerais pas pour te faire remarquer, Judy!

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« -Mais qu’est-ce que tu veux dire?
-Nightingales engraving fairy tales on the Pacific Walls. »

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Sur le gramophone:  a touch of Grace.

Remerciements particuliers pour cette CultEnews: les mails de minuit plus cinq.

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19
Sep

Brèves de rentrée, la longue édition.

Le Off

C’est la rentrée! Il faut sortir! Et quand cela devient un impératif catégorique, ça n’a plus du tout le même attrait. Trop, beaucoup trop d’éparpillement pour la rédac’ chef!  Merci aux nouveaux lecteurs – et nouvelles lectrices, et leurs chic hip hips: la boîte aux lettres déborde de livres, de programmes de théâtre et de mots doux. Quelle histoire, quelle angoisse, c’était pas du tout prévu, il faut continuer, mais par où?

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Promesses de luxe et de luxure, où en êtes-vous allées?

Offre d’emploi: la CultEnews recrute une stagiaire critique théâtre pour remplacement Congé maternité. Expérience de 8 ans minimum, orthographe d’élite, sens de l’humour, passion pour les pizzas froides, et SURTOUT, compréhension experte de la navigation sur le site du Festival d’Automne pour réussir à arriver au bout d’une réservation, qui s’avère aussi complexe que la nomination d’une nouvelle direction (>>voir par !)

Alors, il y a les spectacles qu’Emma a déjà ratés en fanfare. I Demoni, de Peter Stein aux Ateliers Berthier est complet depuis mi-août, soit à peine le moment où les apprenties-abonnées se sont réveillées, alors qu’il promet promet promet, mais bref, sans nous alors (voir par exemple l’article du Corriere de la Serra et tout frais paru, dans Le Monde). Pour les kamikazes, reste à se pointer la mine joyeuse devant le théâtre, deux vitamines C et 22 euros en poche pour les plateaux-repas.

Néanmoins, il y aura déjà La Cerisaie, dans une mise en scène de Julie Brochen (du 22 septembre au 24 octobre, il semblerait que la pigiste Judy-Rose y traîne le 7/10), parce que tous les classiques ne se refusent pas (et que le site du théâtre de l’Odéon est ergonomique).

La pigiste CultEnews vous promet qu’Anne-Teresa de Keersmaeker et Jérôme Bel feront un tabac au théâtre de la Ville (trois fois complet), et se réserve pour Simon McBurney saluant Tanizaki (la critique du Guardian en met l’eau à la bouche), Lars Norén par Ostermeier qui déchirera l’Odéon, Alain Buffard, et l’autre Alain, Platel qui a fait fleurir Gardenia en Avignon, repris du 17 au 27 novembre à Chaillot (Mais non! je te jure! il ne t’a pas donné mal à la tête, c’était autre chose!) , et… et… c’est que ça devient sportif le houla-houps en 3/8, même pas le temps de se remonter les seins. Promis, les Jolis Contes offerts de nos veilles, ça revient bientôt, car, as Simon says so well…

« I’m naturally attracted to something I don’t understand, because when you try to deal with that, it opens a door into another world. »

On lui vole, alors!

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Vitore Carpaccio - Vision de Saint-Augustin - ca. 1502-1504

Littérature sans les ratures

« Il n’y avait dans la barque qu’un seul ragondin… »

Hourra, hourra, grande rentrée! Tout a commencé en rencontrant Bogdan Tarassiev, à la mi-août, sur la plage de Saint-Lunaire, à la recherche d’un bunker pour enterrer un cahier. A moins que ce ne soit en découvrant les premiers feuillets de Manuela Draeger sur Mediapart. Ou parce que Verdier nous a adressé le dernier Lutz Bassmann. Soudain il se passait quelque chose que la CultEnews n’avait pas du tout espéré: l’impression de découvrir une œuvre qui avait échappé, d’avoir été une gourde un peu illettrée, un peu suiveuse, un peu distraite et de devoir fissa en sortir. Il existerait donc quelqu’un qui aurait déployé une littérature qui sache se métamorphoser sans recours aux artifices numériques, le mystérieux Antoine Volodine, et la bonne nouvelle, c’est qu’il est le porte-parole de tous les auteurs post-exotiques. Peut-être parce qu’en 1996 Emma s’était retrouvée bouleversée par l’exposition de Luciano Fabro au Centre Georges Pompidou, les narrats polyphoniques du post-exotisme lui ont évoqué le mouvement de l’Arte Povera, qui dans les années 1968 italiennes revendiquaient une révolution de l’art par une posture modeste, nomade et contestataire, avec un humour rêveur. Le coup de maître, triple parution, serait une forme de marketing s’il s’agissait d’un simple jeu en abyme de tête à gondole. C’est au contraire une prise de risque, la défaite des oripeaux révolutionnaires ourdies par les cellules bovarystes et un pied-de-nez aux logiques de cotes et d’enfermement des lettres. Mais, avant de poursuivre, Monsieur Volodine, accepteriez-vous de répondre à trois ou quatre questions de la CultEnews, vous qui prêtez votre voix à la nuit et aux éminents magazines? Il semblerait que oui, alors, nous ferons parvenir un message écrit de la plume gauche, avant, peut-être, de vous saluer à Manosque puisque nous n’avons pas pu nous rendre au Colloque de Cerisy.

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Diogène aka The Grouch.

Toi aussi, apprends le grec avec Diogène!

Τύχη, Fortune, chance. Syn.: encore un mot qui ne sert à rien!

Alerte! Le site de Philippe Remacle, grande référence, est en panne: les Hellénistes Geeks enquêtent. Mais ouf, il y a aussi Hodoï Elektronikai, où réviser par exemple:

« Διὰ τοῦτο, » εἶπε, « δύο ὦτα ἔχομεν, στόμα δὲ ἕν, ἵνα πλείονα μὲν ἀκούωμεν, ἥττονα δὲ λέγωμεν. »

« Nous avons, dit Zénon, deux oreilles et une seule bouche, pour nous apprendre que nous devons beaucoup plus écouter que parler. »

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Lynch on a Chinese Torrent.

Folding the silk over: la flamme Lynch

Lysa, si dark si loin, a envoyé un texto à Emma pour savoir « quand reviendraient les petits cafés à la Cinémathèque », une invitation qui ne se refuse pas. Et bien… Voilettes factices brunes, dentelles de chair blonde et consorts se retrouveront tous émois en éventail pour la Rétrospective David Lynch, du 13 au 31 octobre, et surtout ce jour de chance, le premier, où le maître viendra déplier les soies brûlées de ses tableaux vivants (pour mémoire, Lynch avait été accueilli par la Fondation Cartier en 2007, vous vous en souvenez forcément).
Emma s’est souvent demandé ce qui se passait quand une flamme s’approchait de trop longs faux-cils et a préféré rester myope, ce qui ne l’empêchera pas d’aller s’enfermer pour un threesome dans les bras de Sailor et Lula (oh yeah Baby! on se prive de rien! D’ailleurs l’abonnement annuel à la Cinémathèque est en tarif réduit jusqu’au 17 octobre, donc ne te prive pas non plus!). N.B.: un compte-rendu est envisagé autour du thème « Puritanisme et Feux d’artifice: lois de la morale dans Mulholland Drive et Inland Empire », tous avis bienvenus.

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Rentrée littéraire: Au Libre livre!

La CultEnews est heureuse de faire part de sa bonne réception de Cosmoz, paru chez Actes Sud. Que dire, quand tant d’articles font les louanges dont la Une des experts compères du Matricule des anges, et qu’on n’a pas encore lu? Et bien, que l’ouvrage fait partie de la sélection du Prix de Flore, que la Belgique adore, que ses phrases, à le feuilleter, se déploient en formules fines et grammaire cossue, et que l’auteur, lui aussi, sera à Manosque, le 25 septembre pour être exacte. Il y avait du monde à la première lecture parisienne, mais la vie d’écrivain noceur telle que Facebookée ne semble pas toujours de tout repos. Peace, Man.

Au menu des lectures dans les semaines à venir, figurent également Avec Bastien, de Mathieu Riboulet (Verdier, à découvrir, par exemple, ici), dont L’Amant des morts avait hanté la rentrée 2008 avec beaucoup de grâce, et Antoine et Isabelle de Vincent Borel (chez Sabine Wespiser).

Le buzz frissonne grave pour les Fragments, Ecrits inédits et intimes de Marilyn Monroe (parution mondiale le 7 octobre, en France chez la belle Blonde Fiction et Compagnie dirigée par Bernard Comment, Le Seuil), et, sans qu’il ait jamais été cité précédemment, l’été s’est enjolivé de la lecture du Guantanamo de Frank Smith, d’une rigueur mortuaire enthousiasmante (même éditeur, Ciel! voilà les rumeurs de corruption qui pointent! Le livre est également disponible en version numérique chez François Bon, ici)

Disclaimer de saison: la CultEnews ne pourra pas couvrir la foissonnante actualité de la rentrée, sa rédac’chef ne se jugeant pas les moyens d’un travail approfondi. Les choix ne se prétendent donc pas exhaustifs, sniff sniff, etc.

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L’Interlude du fond de la classe

« Et qu’est-ce donc que l’ataraxie sinon la conscience ininterrompue de la positivité de l’étant, sinon le sentiment d’une plénitude d’être, d’une joie de vivre qui correspond soit au fonctionnement normal de notre organisme, soit au contrepoids qu’une sagesse bien trempée sait opposer au dysfonctionnement…. »

« Oui, et encore? » baîlla Emma du dix-septième rang.
(in Tel un dieu parmi les hommes, L’Ethique d’Epicure, Jean Salem, Paris 1994).

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Red shoes for Gabriel.

Brèves de trottoir

« Tout le monde » était à la manif du 4 septembre, et oui, toi aussi, et Emma il paraît, pas seulement parce qu’elle se terminait en bordure des vernissages qui ont illuminé le Marais ce soir-là, dont, parmi les plus réussis, celui de Jimmy Robert, d’une poésie méditative acrobatique.

Très belle exposition pour Gabriel Orozco au Centre Pompidou, dont l’inauguration tombait pile le même soir que la fête de relance des Inrocks, oh so trendy n’est-ce pas et ça fait oublier Arman. D’ailleurs, « tout le monde y était » aussi en une longue file indienne, dont un artiste du mobilier, un commissaire toujours aimable, de grandes femmes batailleuses… et même les filles qui fréquentent la piscine. C’était la remise du Prix Marcel Duchamp à Saâdane Afif, Lauréat 2009, exposé lui aussi Galerie Sud. L’exposition Orozco dure jusqu’au 3 janvier 2011, ne manquez pas d’aller vérifier à quoi ressemble une demie-DS à défaut d’entendre Dieu.

Le Magazine littéraire du mois, outre l’entretien avec Volodine, rend hommage aux femmes romancières, avec entre autres Céline Minard sur Hélène Bessette, et Elisabeth Ladenson sur Colette. Oui Josyane Savigneau est là aussi bien sûr, etc. et c’est mieux que pas mal. Go Girlzz!

Et en parlant de Bad Girlzzz… Hip hip hips, la  Ravitalizing Avital Ronell sera au menu du prochain numéro de Vacarme, parution fin octobre, pour expliquer, en toute simplicité, « qu’elle est la Métaphysique ». Et bien davantage, You Sexy Thinker.

La Fiac, ce sera du 21 au 24 octobre 2010, ouf, ça laisse le temps de choisir les Louboutin, enfin, les ballerines, et aussi de ne pas y aller. Auparavant, il peut être très agréable de se rendre au Printemps de septembre, particulièrement pour son inauguration le week-end prochain, car il fait doux à Toulouse en cette saison, ainsi que relaté l’an dernier ici-même. Ah mais drachme ah mais drame, c’est le même week-end que Manosque!

Si problème de type grec ou de type grèves, pas de quoi désespérer: Paris accueille le Festival America, comme chaque année, du 23 au 26 septembre. Lectures, rencontres, cafés littéraires et soirées festives dédiées aux littératures d’Amérique du Nord enjoliveront la fin de semaine.

Il y a fallu quinze heures, un Chablis, et trente relectures pour cette édition définitive de la CultEnews, septembre 2010. Restez indulgent: la SR est débordée et l’iconographe alcoolique.

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Le Baiser de la claviste

« Je n’ai rien écrit: une autre s’y applique à ma place, pour que tu ne sois jamais déçu. Je la paie. C’est ainsi que j’ai recommencé à travailler: parce qu’il me fallait payer une femme qui t’écrirait des lettres d’amour. »

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Remerciements: Flore « Marcheur » R., Emily-so-soon-Maman, Céline In-Da-Wall-En-Thèse, Antoine Savère, et son bunker.

Sur le phonographe: Leonard Cohen.

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