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Articles Tagués ‘Jean-Philippe Toussaint’

13
Déc

L’Edition de la Réxistence!

Les Coulisses

Oh, il a fait froid au bord d’un Blitz, ces dernières semaines. Alors Emma a choisi de prendre soin de quelques lectrices et lecteurs, qui furent fidèles, et d’autres qui le sont devenus, en esquissant l’amitié comme art de  l’élégance amoureuse. Préférant le bien dit au mal fait, votre correspondante s’est éloignée un instant vers des ombres sans lieu où elle croisa vos yeux, et vous remercie, pour vos mains, vos mots, nos jeux, nos voeux.

Alors, continuer… Pour elle, pour toi, pour vous, et pour tes filles aussi, et parce qu’Emma vous aime, jusque dans les vies qui manquent parfois de roman, et bien au-delà de nos tendres romances.

Leggera come il volo d’una farfalla sotto il sole…

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Légende pour un temps présent

Apollonia

Apollonia - Krystof Warlikowski - 2009. Photo: E.R.

C’était non pas un dernier dimanche, mais notre première rencontre avec Krysztof Warlikowski. Théâtre de Chaillot, première, 6 novembre 2009. Deux belles rebelles s’étreignent, chaussures neuves, cheveux garçonne, et s’enchantent des 4h30 de spectacle promis, public plus clairsemé que prévu suite à changement impromptu de la jauge.

En juillet, budget CultEnews au ras du pont, la pigiste avait regretté de ne pouvoir assister à la création d'(A)pollonia, dans la Cour du Saint Palais des Papes. Le Monde avait titré « Le Choc », les planches avaient flambé. Revanche revanche – en novembre, la rage est toujours là, et peut-être plus encore.

Les Doctorantes coeur tendre tête dure s’étaient préparé d’une lecture de la Clôture de la représentation (in Jacques D., L’Ecriture et la différence, ‘f Course Darlin’ et gare à Hadopi sur ce site pirate). Elles y avaient bien écouté Antonin psalmodier et promettre qu’en « Ayant pris conscience de ce langage dans l’espace, langage de sons, de cris, de lumière, d’onomatopées, le théâtre se doit de l’organiser en faisant avec les personnages et les objets de véritables hiéroglyphes, et en se servant de leur symbolisme et de leurs correspondances par rapport à tous les organes et sur tous les plans. » De ce point de vue, ça tombait à pic: une scène, ou plutôt des scènes, enchâssements de vases clos dans l’espace, enfilade d’actions simultanées, personnages en achronie disruptive (oups, une interférence Tack*ls, Emma voulait dire: en rupture référentielle… aïe, pas mieux, bref, pour s’y retrouver, il aurait mieux valu relire Euripide, mais heureusement le programme sauvait la mise). Lorsqu’Agamemnon en personne s’est mis à décliner la solution finale en « 18772 morts par jour, soient 782 morts par heure, 13, 04 par minute ou encore un mort toutes les 4, 6 secondes », le tout syncopé par quelques touches d’accents hard rock, vos chères pigistes ne savaient plus ce qui du cochon de lait ou du casher l’emportait. Et c’était exactement là, soit finalement dans le regard que le spectateur voulait bien y plonger, que se jouait (a)pollonia, à la frontière du tolérable et des tolérances, au bord de « l’acte de révolution politique », peut-être un peu trop « spectacle » pour être « fête« . Quelques personnes ont quitté la salle, et votre Correspondante n’aura pas compris ce mot de la fin projeté en arrière-plan: « Résurrection »… Pourquoi pas salvation, pendant qu’on y est?…

« Je me suis souvent dit que la guerre et la prostate sont les deux dons de Dieu à l’homme pour le dédommager de ne pas être femme. »

Jonathan Littell, Les Bienveillantes.
Merci Jonathan, on y veillera mieux que jamais.

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L’interlude classique de votre Lettre

Le Titien - L'Amour triomphant de la force - 1545

Le Titien - L'Amour triomphant de la force - 1545

Καὶ τὸν Σωκράτη καθίζεσθαι καὶ εἰπεῖν ὅτι εὖ ἂν ἔχοι, φάναι, ὦ Ἀγάθων, εἰ τοιοῦτον εἴη ἡ σοφία ὥστ᾽ ἐκ τοῦ πληρεστέρου εἰς τὸ κενώτερον ῥεῖν ἡμῶν, ἐὰν ἁπτώμεθα ἀλλήλων, ὥσπερ τὸ ἐν ταῖς κύλιξιν ὕδωρ τὸ διὰ τοῦ ἐρίου ῥέον ἐκ τῆς πληρεστέρας εἰς τὴν κενωτέραν.

Platon, Le Banquet, 175d.

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Dossier spécial – L’Ere des Colères

Photo: Philippe Castetbon. (Merci!)

Votre Correspondante, comme tant de monde, a souffert des indécences du faux-débat-vraies-élections et de l’affront fait à Marie. Alors, hop, histoire d’enfoncer le clou dans les paumes de quelques fans de crucifixion et de salons de coiffure bien dégagés sur les tempes, petit résumé dansant, et en technicolor, des initiatives qui permettent d’espérer mieux vivre après le coup de froid.

Du côté des pétitions – ah, bon, ça se fait encore? Et yep!, la palme de platine revient à Mediapart – 35 000 citoyens se sont déjà exprimé – et vous aussi n’est-ce pas? – pour signifier qu’ils ne débattraient pas de leur identité. La pigiste fut 391e, oh, celle-là on la retrouve toujours dans les mauvais coups, pas que dans l’eau. Elle n’en aura pas pour autant négocié quelques mois gratuits de lecture du quotidien contestataire de bon aloi, pourtant. De source confidentielle, elle signale que la pétition est vraisemblablement partie de , et embrasse au passage les chercheurs regroupés pour exiger la suppression du Ministère de l’aliéné Eric B. (Son HDT est en cours mais aucun hôpital n’en veut).

L’inénarrable tombeur de claviers alias Madman Claro, grand cru FB 2009, s’est fendu d’un très joli texte, « On en hait là« , suite à la déclaration d’un certain Eric R. sur Marie la Ndiaye. Car oui, Claro est à la fois le service d’édition de Libé en 1986 au grand complet et un sanguin: quand il s’y met, ça fait pas forcément de mal. Tiens, pour la peine, on lui demanderait bien de nous signer – enfin – notre exemplaire du Clavier cannibale (Episode 1).

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Camera Obscura

Dark Lysa et ses mots cinéma ont offert à Emma une lecture tendre d’Irène, le film d’Alain Cavalier sorti fin octobre. Sa lettre, reçue sous enveloppe velin 160 grammes, douce calligraphie soignée, s’ouvrait par ces mots:

« Je croyais être en retard, m’être trompée de jour, les grilles du Saint André des Arts étant baissées. Attente. Quelques minutes avant la séance, elles ouvrirent. La salle était froide comme une morgue ; j’assistais à ce moment précis à l’autopsie d’une idée, celle des pensées pour un être cher dans et par le découpage du film. »

…/…

Et se concluait…

…/…

« Irène, reine des souvenirs, souveraine des signes et des traces, guide de l’errance à laquelle Alain nous invite comme des fantômes que le signal vidéo de la caméra digitale ne peut capter contrairement à la pellicule ; la vie apparaissant comme fantastique et non fantasmagorique puisqu’elle est évoquée et non invoquée. »

Sur Irène, film majeur, thème cruel, Emma vous recommande aussi de lire Serge Kaganski, ici et donc chez les Inrocks, et le magnifique texte d’une autre Reine, El.L. la Rebelle, ici, où elle écrit:

« Ce qui est magnifique dans ce film c’est qu’il ne choisit pas entre le portrait
de la morte et celui de l’endeuillé. »

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Brèves de trottoir

Scarlet Street

La Rue Rouge - Fritz Lang. Droits réservés - source Action Christine.

Si vous aimez Mademoiselle Lysa, so Dark, vous pourrez l’apercevoir qui soigne sa pâleur 25 images seconde main sur le coeur de son ombrelle, en rires devant l’Imaginarium du Docteur Parnassus de Terry Gilliam (Les Trois Luxembourg) puis en émois devant L’Enfer (oOoh Romy! Mais pourquoi donc ma banquière ne te ressemble pas…), le film enfin monté sinon terminé d’Henri-Georges Cluzot (même endroit et mêmes dates, jusqu’au 15 décembre et plus si affinités, mais il est temps). A noter également que les amatrices de sensations sombres, toujours promptes à apprécier les films noirs pour se lancer dans des flirts prétexte avec leur voisin de rangée, la dix-septième exclusivement, ont jusqu’à mardi pour se bousculer à l’Action Christine devant Scarlet Street, de Fritz Lang. Ce dernier film ressort en DVD chez Wild Side, juste juste cette semaine.

Du côté des planches, aucun prétexte pour ne pas aller se distraire d’un des cabarets foutraques d’Alfredo Arias au théâtre du Rond-Point: les représentations sont prolongées jusqu’au 16 janvier 2010. Interlope, drôle, impertinent… So CultEnews! Parole de guichetière ravie de notre visite!

Il vous suffira de quelques nuits au Plaza pour vous épargner les transports et dès le 20 janvier vous pourrez apprécier le monument cinq pouces sur l’échelle Télérama Pippo Delbono alias El Bueno, qui brûlera la scène avec la Menzogna, toujours au Rond-Point. La Joly directrice des partenariats vous informe qu’elle aurait décroché une ou deux contremarques pour les fabuleux lecteurs (si on arrive à mettre la main sur Mario. T’es où Mario?!) Pour cela, envoyez la référence exacte du dernier statut aristotélicien de la Reel au 55789 -coût du SMS: un baiser comme il vous plaira!

Enfin, pour les longues heures de TER, Prems dans TGV surchargés vers dinde lourde et reflux post-réveillons, la CultEnews vous conseille de rafraîchir vos neurones avec Inculte#18 – et son plus produit immanquable: le poster hommage à JG Ballard. Tina5, grande concurrente mais ça reste en famille, ne sera pas sortie à temps pour digérer les fêtes: vous la trouverez à partir du 20 janvier dans toutes les bonnes librairies (donc pas à la Griffe noire, mais assurément chez nos chouchoutes Violette and Co).

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Bref supplément de saison! Les cadeaux à (se) faire!

Sur sa wishlist, Emma a noté les Cinquante Lettres de Sade à sa femme (let’s call it « la concession Flammarion », 50 euros tout de même!), et offrira, par principe, le Goncourt à toute sa famille, soient quatre personnes en comptant les alliances. Pour les chéris (chiffre sous embargo), elle songe à un abonnement illimité aux téléchargements de Publie.net (la littérature des années 2000 et 10?). A noter, que par son tout nouveau site JPToussaint.com, Jean-Philippe Toussaint nous offre à tous la possibilité de naviguer dans ses manuscrits, dont celui de La Vérité sur Marie (qu’on compte offrir à la tante Madeleine pour qu’elle en avale enfin son dentier, avant la page 25).

Les Doctorantes, qui n’ont jamais cru au Père Noël, s’offriront par elles-mêmes les cuissardes Céline taille 38, bas couture Agent Provocateur, parfum Hermès et pigeonnant Lise Charmel nécessaires à la poursuite du projet également connu sous le nom de CultEnews – soit, ne jamais oublier la jarretelle, même au coeur d’une traduction du Cousin Victor.

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Le Baiser de la fin

La Boule de cristal - J.W. Waterhouse - 1902

« On ne peut exclure la danse, sous toutes ses formes, d’une éducation raffinée: savoir danser, avec ses pieds, avec les idées, avec les mots. Est-il encore besoin de dire que l’on doit aussi savoir danser avec sa plume – qu’il faut apprendre à écrire? »

Friedrich N., Le Crépuscule des idoles. Let’s Dance!

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Crédits phonographiques: Parlami d’amore Mariu – Max Raabe (Courtesy Emmanuel T.)

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Remerciements: Ju the Goddess, Damned Jo’, M. the Philosopher, la Wall ForEver, et enfin le So Castet et Miss Dark Lysa pour leurs contributions!

Cette CultEnews, dernière édition 2009, est dédiée au bon plaisir et tous succès des amis d’Emma pour la décennie qui s’ouvre.

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1
Nov

L’édition Mantille et Résille!

Le Off

L’heure a changé, et contre les ténèbres, alors que la fête, mais laquelle, est finie (depuis le temps que ces nuits sont tristes), Emma, votre invention dans ses mots, a allumé les loupiotes et assorti la mantille à sa jarretière, résille pas résignée d’Andalouse Lover Forever, main tendue vers le premier jour, premier soir, deuxième nuit d’une tendre amie avec qui la vie est un Lynch.

Joli Conte-Offert 1 / L’hommage à un discret

Hommage à Philippe Thomas - Beaubourg, Nouvel Festival - Photo: E.R.

Philippe Thomas - Nouveau Festival Beaubourg. Photo: E.R.

De l’Hommage annoncé au fondateur des Ready Made appartiennent à tout le monde, votre correspondante, jamais en rupture d’idéalisme, espérait la consolation de la légende, et peut-être le sourire de visages qu’elle n’avait pas oubliés, lointaine époque vécue main dans l’amour. Elle fut déçue, bien sûr. Il manquait quelqu’un, d’ailleurs, cela elle l’a remarqué, comme le signe du droit aux chemins qui s’écartent. Mais trêve de confidences, c’était une conférence… « Pour un art de société. Conférence de Philippe Thomas. » et « Philippe Thomas décline son identité. Une pièce à conviction en un acte et trois tableaux » ont été montrées sans montage, la pigiste n’a vu que la première, dans toute l’obscurité de ce qui pouvait apparaître hors contexte comme un verbiage parodique – archives, alors, pour le (maigre) public « extérieur », là où d’autres témoins purent ressentir la rémanence, bien vivante, aussi, pour quelques-uns et c’est tant mieux. A la librairie Flammarion, le texte – série limitée, oeuvre d’art, tiré-à-part historique – était disponible… mais pour 280 euros… oh, c’était trop pour la note de frais CultEnews. Emma gardera, alors, l’écho d’une leçon particulière d’art conceptuel à jamais numérotée 097130, et, cette leçon-là n’a pas de prix.

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L’interlude classique de la semaine

« Διὸ καὶ φιλοσοφώτερον καὶ σπουδαιότερον ποίησις ἱστορίας ἐστίν. »

ou encore: « C’est pourquoi la poésie est plus philosophique et grave que l’Histoire. »

entonnait Aristote, repris par Martin H. dans ses Remarques sur art – sculture -espace, Petite Bibliothèque Payot 2009, livre qui a charmé une Héraclitéenne aussi superficielle que motivée.

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Joli Conte-Offert 2 / La voix d’une colère

Roberto Zucco au Théâtre de la Ville - Photo: E.R.

Roberto Zucco - Théâtre de la Ville 2009 - Photo: E.R.

Vendredi@20h31, mise en lecture du Roberto Zucco de Bernard-Marie chéri Koltès par Georges Lavaudant, théâtre de la Ville.

Mea Maxima CultEnews, la renvoyée spéciale, fatiguée de ses talons avec ses raisons, a somnolé entre les scènes 4 et 7, à peu près. Il faut dire que la lecture avait commencé très lentement, c’était un enregistrement pour Fictions, autant directement sauter à la case dimanche soir, et ça sonnait, oui, très France-C*l à l’heure où on la met en sourdine parce qu’on dîne paresseusement la fin de semaine… Mais Bernard-Marie, et Georges et aussi Nicole Garcia, ça vous réveille une pigiste sous Hypnovel bien plus délicieusement qu’une Matinale. La fin, où les didascalies se déglinguent pour laminer la médiocrité, a somptueusement explosé, et Roberto, sans autre mise en scène que la voix d’Eric Elmosnino, s’est détaché imperceptiblement vers la figure de Bartleby. Oh oui, la copiste prenait des notes, aller au théâtre aide à gagner en répartie,  et là, elle a attrapé au vol: « La France est un excellent détergent », qu’elle se réserve de détourner à usage corrosif contre un prétendu débat paraît-il en cours, mais comme dirait un philosophe qu’on apprécie et pas que pour ses beaux yeux,  « ça ne vous regarde pas« .

Bernard-Marie Koltès n’était bien sûr pas là pour recevoir les Bravi du public plutôt enchanté, à 5 euros la place ça a moins toussé que d’habitude… « tout le monde » sait que Koltès est décédé du sida le 15 avril 1989, deux mois avant la fondation d’un groupuscule qui se fit connaître sous le nom d’Act Up-Paris. Cet été, les Belles en Avignon aimèrent lire sa Correspondance, publiée en avril dernier, et ont appris sur le bout du coeur quelques phrases comme celle-ci: « Je ne souhaite qu’une chose : c’est d’être capable toute ma vie de prendre des risques et ne jamais vouloir m’arrêter en chemin. N’est-ce pas cela, « avoir toujours vingt ans ? », et quelques autres, aussi, pour nourrir les lettres d’amour ah l’amour, et surtout celle-là…

« Biche, Quand arrives-tu pour mettre des fleurs dans ma chambre et un foulard autour de mon cou ? Quand pourrai-je t’offrir un chocolat à la pâtisserie des Vosges ? Quand ? »

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L’interlude Actu – La Vérité sur Jean-Philippe

Faute de savoir solliciter un service de presse et en raison d’un très grand nombre d’appels, les hydres ivres du service Littérature, en cent-trentième semaine de thèse, ont mené des choix drastiques dans leur sélection d’automne, écouté deux ou trois conseils, et décidé une fois pour toutes que cette rentrée serait Toussaint, ce qui tombe bien pour un 1er novembre veille de Goncourt (edit du 2/11@12h49 – ça aura donc été Le Prix de Marie plutôt que sa Vérité).

Sans aucune exclu, mais tout éclat de rire tendre, les Doctorantes un tout petit peu mauvais esprit ont voté à l’unanimité et sans aucune abstinence la sélection pour le prix CultEnews de l’extrait suivant, merci Jean-Philippe:

« Elle ouvrit les yeux, étonnée, endormie, assoupie d’alcool et de fatigue, et elle se rendit compte qu’elle avait surtout sommeil, la seule chose qu’elle avait vraiment envie de faire maintenant, c’était de dormir, éventuellement dans les bras de Jean-Christophe de G., mais pas nécessairement sa bite à la main. »

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Joli Conte-Offert 3 / La réminiscence 33 Fbg Saint-Antoine

Stephany - Oct 2009

Vue de l'exposition 169A2 - Fayçal Baghriche - Photo: E.R.

L’expo confidence de la semaine, aussi délicieusement snob que l’accentuation exacte du grec ancien dans un commentaire Facebook, c’était 1 69 A2, chez Eric Stephany et Xavier Mazzarol, très réussie dans le genre, après une première à Berlin – évidemment et nulle part ailleurs – il y a quelques temps. Toute l’idée était de reconstituer l’appartement d’un collectionneur imaginaire, avec le goût du défi: pas moins de 117 artistes (dont Nicolas Moulin, Jordi Colomer, Agnès Turnauer, Pierre Leguillon et tutti quanti ès qualité) dans un trois-pièces parisien, c’est un exploit que ça n’ait pas eu l’air de trop en faire, joli accrochage (jusque dans l’évier), sens de l’humour et bière compris. Aveu corruption CultEnews: la chineuse a adoré être complimentée pour son manteau – oh, quelle bêcheuse!

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Brèves de trottoir

L’événement de la semaine vu d’un nez de CultEnews, c’est (A)pollonia au Théâtre de Chaillot (du 6 au 15, complet). Deux Jansénistes des avant-scènes, qui pour une fois ont prévu dans les délais leurs négociations au guichet, seront de l’expérience à la Première, et en espèrent la gifle des grandes oeuvres qui font fièrement relever la tête.

L’experte ès Correspondances, qui vous écrit trop, elle le sait bien et ce n’est pourtant pas qu’elle s’ennuie, reconnaîtra qu’elle a été déçue par les lettres d’August Strindberg, dont elle attendait pourtant beaucoup mieux, tout juste sorties chez Zulma.

Dans la série des « Laissez-tomber », Emma l’injuste par principe parfois est en désaccord profond avec l’exposition Deadline, au Musée d’art moderne de la Ville de Paris, pas vue plus loin que son affiche au coin de la rue de Tolbiac qui promet « des artistes ayant produit au bord de la mort »… Ggggrrrrrrrrrrr, a commenté une apprentie Wwwartiste qui décida un matin qu’elle vivrait mieux pour ne jamais oh surtout jamais « survivre », ce définitif trop souvent prononcé par quelques bien-portants, et aussi grâce à d’autres qu’elle vit et voit faire de même et bien mieux encore.

La plume cinéma Lysa réfléchit pour signaler qu’en terme de réflexion sur la mort, Irène, d’Alain Cavalier, sorti la semaine dernière, mérite son visionnage méditatif. Ah, elle n’est encore revenue de la projo. Bon, le BAT doit partir, on corrigera si elle n’est pas d’accord.

Lysa, ni tout-à-fait une autre ni tout-à-fait la même, a également repéré la traduction des Nouvelles de J-G Ballard chez Tristram, tout juste parues au grand bonheur de bien plus que les mauvais Anglicistes, car la langue en est parfois difficile. OK, peut-être pas pour un tombeur de claviers.

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Francisco de Zurbarán Sainte Agathe - 1630

Le Baiser de la fin
« Nous sommes infinis. Donc soyons infinis, éternellement. »

Jacques D. comme Dear.


Remerciements particuliers pour cette édition: November.

Crédits phonographiques: Belle and Sebastian, Electronic Renaissance.

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