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Articles Tagués ‘Angela Carter’

15
Sep

Semaine du 15 septembre 2009 – Vive la rentrée!


brecht

Le joli conte-offert de la semaine


Belle inauguration de la saison 2009/2010,  les luxes et la luxure des Sept Pêchés capitaux de Brecht au théâtre des Champs-Elysées ont ravi deux Doctorantes, rieuses d’un excès d’exception. Car oui cette soirée était, oh, parfaitement déraisonnable, certainement le spectacle le plus cher à la seconde que les Renvoyées spéciales du CCP mentirent depuis longtemps. Peut-être parce que c’était fou, et aussi parce que c’était beau, Weill a enchanté et Bertolt payé le whiskey. Pourtant, elle est triste, cette histoire d’Anna, qui se vend de ville en ville pour gagner, au bout du voyage, sa petite maison en Louisiane… Anna, sans doute, aurait mieux fait d’aller à l’opéra sans jamais vouloir revoir sa Louisiane.

Brecht, là comme Dans la Jungle des villes, belle et violente production à la Tempête au mois d’avril, et sans même que nous ayions le plaisir d’aller le vérifier avec l’Opéra de Quat’Sous, a dispensé la Correspondante de lire Marx – faut dire qu’elle ne fut jamais très tentée, elle préfère la Métaphysique des moeurs. Alors, oui, Emma adore, la réflexion sur la valeur – surtout celle d’un livre, métaphore filée Dans la Jungle et ailleurs, merci le MDA, – et a aussi trouvé, par curiosité, ce vieil article de Raphaël Sorin paru dans L’Express. Derrière l’homme pas si pauvre, quelques femmes douées… ? Comme d’hab? questionnent les Belles d’un lucide éclat de rire…

C’est par plaisir du jeu et presque incognito dans sa robe Cardin1967 que la réd’ chef, entraînée par une bonne humeur irrésistible dont elle censurera la cause, a osé se la jouer rock n’roll place du Châtelet avec sa pancarte « Je cherche une place, moi aussi », pour la première du very historische Berliner Ensemble. Elle n’a pas trouvé de place, malgré ses bas couture réjouis. Mais elle peut attester que « tout le monde était là », dont une copine Nuits Blanches, un chroniqueur mondain Bronzage Carotte, un critique théâtre Lunettes Noires (il faudrait écrire une thèse sur l’art de se rendre au spectacle en lunettes noires. Ce n’est quand même pas très gentil pour les éclairagistes…)… et elle, et lui, et aussi Pierre B., et toi. Ah bon, vous n’y étiez pas? Donc, « tout le monde » n’était pas là, ce qui fut d’ailleurs regretté.


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Le Crépuscule des Idoles

Malheureusement votre Correspondante ne fut pas conçue à temps pour entendre Lou à New York, ce qui sauva peut-être ses veines, mais elle laisse avec plaisir souvent traîner ses oreilles en mode Sexy Sixties, substitution sans danger… oh yes she can be a Venus in Furs, mais alors, vraiment pas pour tout le monde et donc mieux que personne…

Le concert de Lou et Laurie Anderson à Pleyel, parrainé par les ACR, enthousiasmant les Facebook des photographes et critiques d’art les plus en vue, sauf une fine guêpe, fut un drame à la profondeur de l’échec sentimental que la violoniste et son jules voulurent nous parler faux de bout en bout. Le couple de légende avait sans doute besoin d’un cachet de plus, aurait mieux fait de prendre un ecsta, ensemble et sans nous. C’est parfois mauvais de travailler en couple sans ecsta.

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autoportrait_bleu

Littérature sans les ratures

La lectrice initialement enthousiaste ne cachera pas qu’elle a souffert avec l’Autoportrait bleu (Verticales) de Noémi Lefebvre, qu’elle avait pourtant adoré entendre dire (sur Mediapart): « L’écriture permet de prendre un temps que ne donne pas la vie. » Son phrasé ne laisse pourtant pas beaucoup d’espace…

Emma qui adore vos sourriels a détesté sentir son écriture influencée par l’absence de ponctuation, ce que l’éditeur appelle « ciselé à la virgule près », surtout celle qui manque donc, et celle qu’on veut, aussi… Peut-être, alors, le livre mérite la lecture…

Allez, pour rire, c’est si CultEnews, et aussi parce que c’est représentatif de l’humour qui traverse un récit ardu dans sa forme, voilà la description par Noémi d’une urgence Dim Up, LE problème des années 1980 et 10, avant que nous investissions définitivement dans la jarretelle plutôt que la jarretière…

« Depuis une bonne demi-heure mon Dim Up de gauche montrait des signes de faiblesse et depuis un bon quart-d’heure ne tenait plus du tout sur ma jambe, descendait en accordéon […] et finalement de la cuisse jusqu’au genou, m’obligeant à me pencher sans cesse pour le remonter, moi remontant sans cesse le Dim Up tout en continuant de marcher vers le Sony Center au lieu de marcher vers la maison de Brecht, m’obligeant à un pas claudiquant et antinaturel non seulement mais aussi terriblement ridicule, si bien que changer de Dim Up était encore bien plus urgent que pisser. »

Qui n’a pas connu ça n’a jamais tenté de porter des Dim Up…

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Sur la wishlist

C’est frustrant, c’est comme ça qu’on aime… il y a en a tant, des écrivains, au mois de septembre, qu’il faudrait que les trois Doctorantes soient hydres ivres pour arriver à tout dévorer. Elles ne se (re)mettront pas pour autant à la cocaïne, même si vous leur envoyez le numéro de votre dealer, qui est le meilleur, elles n’en doutent pas.

Si 800 livres dont sans doute la moitié d’inutiles n’y suffisaient pas, une correspondante arrogante prépare en plus son grand entretien bissextile, elle peut pas faire mieux comme fréquence… ce sera avec Avital, bien sûr et bien difficile, si du moins Friedrich ne la trahit pas.

Pourtant, en prévision, le bonheur du Sara Stridsberg, déjà très commenté ailleurs sous des plumes qui savent mettre en appétit comme un shot d’aquavit. Oh, bien sûr, nous voulons tout savoir de Valerie Solanas, féministe à sa manière et donc comme il faut. En plus, le livre  a été traduit par un ex-grand ami devenu très misogyne, à qui on demanderait bien s’il s’agit d’une expiation ou d’une justification.

Dans la série « en retard mais j’l’ai eu », un peu comme le RER de 09h12, Mémoire d’un fou d’Emma d’Alain Ferry finira bien par trouver l’étagère de Miss Bovary, qui le zappa en avril, le retrouve en septembre sur la liste du Médicis… Les histoires d’amour tournent-elles jamais la page? Il y a peut-être là une réponse sur des liens qui ne se détachent pas à l’eau écarlate.

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Interlude classique de la semaine


« My name is neither here nor there since I used several in the Old World that I may not speak of now, then there is my, as it were, Wilderness name, that now I never speak of, and now, what I call myself in this place, therefore my name is no clue as to my person nor my life as to my nature. »

Angela Carter, Our Lady of Massacre, in Black Venus, 1985

Ce qu’à l’époque du Web 2.0, des alias faux-prudent on les aime et fakes écœurants on les laisse, la traductrice occasionnelle, néanmoins dotée de deux langues, elle partage, vous offrira très très librement:

« Mon nom n’est nulle part, car j’en ai créé plusieurs dans le passé que je ne dévoile plus. Et puis, il y a le prénom de mon effarement farouche, dont je ne parle plus désormais. Et enfin, le pseudonyme que j’ai choisi pour cet espace, ce moment,
qui ne  raconte rien de moi, de mon parcours, de mon intimité. »

« L’effarement farouche », tout un programme, sera peut-être au coeur d’une présentation universitaire très « libre » des jeux d’Emma, oui, Reel la vraie. Emma aime, elle aurait même dû aimer encore un peu mieux que ça, c’est si biche.

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A nous les contremarques

Ah, que serait Paris sans son Festival d’automne? Après avoir consulté sans y céder différents « tiré-à-part » et ne se fiant qu’à leur bon goût pour dévoiements particuliers, vos spectatrices mauvaises langues bon public ont réservé deux soirs par semaine jusqu’en décembre pour s’enchanter des créations nouvelles (autres dates sur demande).

Deux discrètes fêteront la reprise en mode cantabile de bien doux défis scénographiques avec Ordet au Rond-Point.

La leçon de flamand du mois, c’est avec Heiner Goebbels au théâtre de la Ville, et non, cette fois-ci les Reines n’auront pas à jouer les filles « pauvres mais dignes » (et très tête-en l’air). C’est même quatre Belles qui s’y retrouveront, dont un garçon –
Usage du féminin non relatif à une sexualité ni plus ni moins quelconque mais justifié par une rénovation soudaine comme nos coups de coeur et illégitime comme nos couples des règles de la grammaire – NdlC.

Les amoureuses des guichetières vous enjoignent enfin et en choeur à venir le 26 septembre à Beaubourg pour le Woyzeck de l’artiste sud-africain William Kentridge (du 23 au 27). C’est pas cher et ça promet, c’est cultEnews!

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 360 Degree room for all colours

360 Degree room for all colours

L’Art sans le lard

Grand désespoir à constater que Le Monde congèle si bien les articles de ses pigistes qu’il publie au 1er septembre sans respect des deadlines et tarifs aériens acceptables le récit qu’Emmanuelle Lequeux a offert de sa visite au chéri Olafur Eliasson, exposé à Chicago jusqu’au… 13, depuis le 1er mai… « Chéri » Olafur, à de multiples titres, dont l’avoir approché un instant « hors du monde » et sous la pluie joyeuse de Trévi – jamais, jamais, la correspondante n’oubliera sa chance d’avoir partagé l’escalade sportive de la Fontaine au fi et à la barbe des carabinieri.

Mais trêve de Brigade Mondaine. Olafur Islandais bougon est surtout un des artistes les plus chers et célébrés du (Land) Art contemporain, sculpteur de lumières et coloriste d’exception. La correspondante totalement partiale et partielle commentera juste qu’elle le considère comme un magicien – on se souvient de l’Hudson River métamorphosé en cascades il y a un an, et d’un nuage de lucioles dans les Jardins de la Culte Villa Médicis (1998). Bonne nouvelle ou pas on verra, l’Espace Vuitton, qu’on aime un tout petit peu plus que les sacs, car au nom de la saine concurrence culturelle Arnault/Pinault il permet de s’en mettre plein la vue à l’oeil les jours de beau temps, accueille à partir du 17 septembre La Confusion des sens. Olafur (sous quasi exclu pour les vitrines du malletier, also) y a créé une « chambre d’entropie sensorielle ». Promis, c’est pas une nouvelle drogue… Allez, on essaiera quand même.

Brèves de Trottoir

Le must tendance termite de l’art si vous voulez avoir l’air au courant: Annette Messager chez Marian Goodman Paris avec « A Corps perdu », jusqu’au 1er octobre. Il y avait « tout à gagner » à entendre le joli Jean-Max en parler, un midi au hasard, a signalé une doctorante auditrice qui ne sèche pas souvent son place de résistance.

Le lien élitiste des Hellénistes et assimilées : la revue Agôn, via l’ENS-Lyon, tendance dramaturgie calviniste. La CultEnews adore sa rubrique joliment titrée « Bords de Scène » et ses analyses intemporelles, si intemporelles d’ailleurs qu’elles peuvent se permettre d’être en retard.

Le conseil Salle Obscure de Dark Lysa: un cycle sur le « Cinéma photographié » est présenté à la Cinémathèque, jusqu’au 19 septembre. Lysa, belle comme un Lynch, y est présente tous les soirs, vous pouvez l’appeler Lulu de la part d’Emma.

Le baiser de la fin

« Je vous le dis : il faut porter encore en soi un chaos, pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante.
Je vous le dis : vous portez en vous un chaos. »

Friedrich N.

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