Aller au contenu principal

Articles Tagués ‘Alain Platel’

19
Sep

Brèves de rentrée, la longue édition.

Le Off

C’est la rentrée! Il faut sortir! Et quand cela devient un impératif catégorique, ça n’a plus du tout le même attrait. Trop, beaucoup trop d’éparpillement pour la rédac’ chef!  Merci aux nouveaux lecteurs – et nouvelles lectrices, et leurs chic hip hips: la boîte aux lettres déborde de livres, de programmes de théâtre et de mots doux. Quelle histoire, quelle angoisse, c’était pas du tout prévu, il faut continuer, mais par où?

***

Promesses de luxe et de luxure, où en êtes-vous allées?

Offre d’emploi: la CultEnews recrute une stagiaire critique théâtre pour remplacement Congé maternité. Expérience de 8 ans minimum, orthographe d’élite, sens de l’humour, passion pour les pizzas froides, et SURTOUT, compréhension experte de la navigation sur le site du Festival d’Automne pour réussir à arriver au bout d’une réservation, qui s’avère aussi complexe que la nomination d’une nouvelle direction (>>voir par !)

Alors, il y a les spectacles qu’Emma a déjà ratés en fanfare. I Demoni, de Peter Stein aux Ateliers Berthier est complet depuis mi-août, soit à peine le moment où les apprenties-abonnées se sont réveillées, alors qu’il promet promet promet, mais bref, sans nous alors (voir par exemple l’article du Corriere de la Serra et tout frais paru, dans Le Monde). Pour les kamikazes, reste à se pointer la mine joyeuse devant le théâtre, deux vitamines C et 22 euros en poche pour les plateaux-repas.

Néanmoins, il y aura déjà La Cerisaie, dans une mise en scène de Julie Brochen (du 22 septembre au 24 octobre, il semblerait que la pigiste Judy-Rose y traîne le 7/10), parce que tous les classiques ne se refusent pas (et que le site du théâtre de l’Odéon est ergonomique).

La pigiste CultEnews vous promet qu’Anne-Teresa de Keersmaeker et Jérôme Bel feront un tabac au théâtre de la Ville (trois fois complet), et se réserve pour Simon McBurney saluant Tanizaki (la critique du Guardian en met l’eau à la bouche), Lars Norén par Ostermeier qui déchirera l’Odéon, Alain Buffard, et l’autre Alain, Platel qui a fait fleurir Gardenia en Avignon, repris du 17 au 27 novembre à Chaillot (Mais non! je te jure! il ne t’a pas donné mal à la tête, c’était autre chose!) , et… et… c’est que ça devient sportif le houla-houps en 3/8, même pas le temps de se remonter les seins. Promis, les Jolis Contes offerts de nos veilles, ça revient bientôt, car, as Simon says so well…

« I’m naturally attracted to something I don’t understand, because when you try to deal with that, it opens a door into another world. »

On lui vole, alors!

***

Vitore Carpaccio - Vision de Saint-Augustin - ca. 1502-1504

Littérature sans les ratures

« Il n’y avait dans la barque qu’un seul ragondin… »

Hourra, hourra, grande rentrée! Tout a commencé en rencontrant Bogdan Tarassiev, à la mi-août, sur la plage de Saint-Lunaire, à la recherche d’un bunker pour enterrer un cahier. A moins que ce ne soit en découvrant les premiers feuillets de Manuela Draeger sur Mediapart. Ou parce que Verdier nous a adressé le dernier Lutz Bassmann. Soudain il se passait quelque chose que la CultEnews n’avait pas du tout espéré: l’impression de découvrir une œuvre qui avait échappé, d’avoir été une gourde un peu illettrée, un peu suiveuse, un peu distraite et de devoir fissa en sortir. Il existerait donc quelqu’un qui aurait déployé une littérature qui sache se métamorphoser sans recours aux artifices numériques, le mystérieux Antoine Volodine, et la bonne nouvelle, c’est qu’il est le porte-parole de tous les auteurs post-exotiques. Peut-être parce qu’en 1996 Emma s’était retrouvée bouleversée par l’exposition de Luciano Fabro au Centre Georges Pompidou, les narrats polyphoniques du post-exotisme lui ont évoqué le mouvement de l’Arte Povera, qui dans les années 1968 italiennes revendiquaient une révolution de l’art par une posture modeste, nomade et contestataire, avec un humour rêveur. Le coup de maître, triple parution, serait une forme de marketing s’il s’agissait d’un simple jeu en abyme de tête à gondole. C’est au contraire une prise de risque, la défaite des oripeaux révolutionnaires ourdies par les cellules bovarystes et un pied-de-nez aux logiques de cotes et d’enfermement des lettres. Mais, avant de poursuivre, Monsieur Volodine, accepteriez-vous de répondre à trois ou quatre questions de la CultEnews, vous qui prêtez votre voix à la nuit et aux éminents magazines? Il semblerait que oui, alors, nous ferons parvenir un message écrit de la plume gauche, avant, peut-être, de vous saluer à Manosque puisque nous n’avons pas pu nous rendre au Colloque de Cerisy.

***

Diogène aka The Grouch.

Toi aussi, apprends le grec avec Diogène!

Τύχη, Fortune, chance. Syn.: encore un mot qui ne sert à rien!

Alerte! Le site de Philippe Remacle, grande référence, est en panne: les Hellénistes Geeks enquêtent. Mais ouf, il y a aussi Hodoï Elektronikai, où réviser par exemple:

« Διὰ τοῦτο, » εἶπε, « δύο ὦτα ἔχομεν, στόμα δὲ ἕν, ἵνα πλείονα μὲν ἀκούωμεν, ἥττονα δὲ λέγωμεν. »

« Nous avons, dit Zénon, deux oreilles et une seule bouche, pour nous apprendre que nous devons beaucoup plus écouter que parler. »

***

Lynch on a Chinese Torrent.

Folding the silk over: la flamme Lynch

Lysa, si dark si loin, a envoyé un texto à Emma pour savoir « quand reviendraient les petits cafés à la Cinémathèque », une invitation qui ne se refuse pas. Et bien… Voilettes factices brunes, dentelles de chair blonde et consorts se retrouveront tous émois en éventail pour la Rétrospective David Lynch, du 13 au 31 octobre, et surtout ce jour de chance, le premier, où le maître viendra déplier les soies brûlées de ses tableaux vivants (pour mémoire, Lynch avait été accueilli par la Fondation Cartier en 2007, vous vous en souvenez forcément).
Emma s’est souvent demandé ce qui se passait quand une flamme s’approchait de trop longs faux-cils et a préféré rester myope, ce qui ne l’empêchera pas d’aller s’enfermer pour un threesome dans les bras de Sailor et Lula (oh yeah Baby! on se prive de rien! D’ailleurs l’abonnement annuel à la Cinémathèque est en tarif réduit jusqu’au 17 octobre, donc ne te prive pas non plus!). N.B.: un compte-rendu est envisagé autour du thème « Puritanisme et Feux d’artifice: lois de la morale dans Mulholland Drive et Inland Empire », tous avis bienvenus.

***

Rentrée littéraire: Au Libre livre!

La CultEnews est heureuse de faire part de sa bonne réception de Cosmoz, paru chez Actes Sud. Que dire, quand tant d’articles font les louanges dont la Une des experts compères du Matricule des anges, et qu’on n’a pas encore lu? Et bien, que l’ouvrage fait partie de la sélection du Prix de Flore, que la Belgique adore, que ses phrases, à le feuilleter, se déploient en formules fines et grammaire cossue, et que l’auteur, lui aussi, sera à Manosque, le 25 septembre pour être exacte. Il y avait du monde à la première lecture parisienne, mais la vie d’écrivain noceur telle que Facebookée ne semble pas toujours de tout repos. Peace, Man.

Au menu des lectures dans les semaines à venir, figurent également Avec Bastien, de Mathieu Riboulet (Verdier, à découvrir, par exemple, ici), dont L’Amant des morts avait hanté la rentrée 2008 avec beaucoup de grâce, et Antoine et Isabelle de Vincent Borel (chez Sabine Wespiser).

Le buzz frissonne grave pour les Fragments, Ecrits inédits et intimes de Marilyn Monroe (parution mondiale le 7 octobre, en France chez la belle Blonde Fiction et Compagnie dirigée par Bernard Comment, Le Seuil), et, sans qu’il ait jamais été cité précédemment, l’été s’est enjolivé de la lecture du Guantanamo de Frank Smith, d’une rigueur mortuaire enthousiasmante (même éditeur, Ciel! voilà les rumeurs de corruption qui pointent! Le livre est également disponible en version numérique chez François Bon, ici)

Disclaimer de saison: la CultEnews ne pourra pas couvrir la foissonnante actualité de la rentrée, sa rédac’chef ne se jugeant pas les moyens d’un travail approfondi. Les choix ne se prétendent donc pas exhaustifs, sniff sniff, etc.

***

L’Interlude du fond de la classe

« Et qu’est-ce donc que l’ataraxie sinon la conscience ininterrompue de la positivité de l’étant, sinon le sentiment d’une plénitude d’être, d’une joie de vivre qui correspond soit au fonctionnement normal de notre organisme, soit au contrepoids qu’une sagesse bien trempée sait opposer au dysfonctionnement…. »

« Oui, et encore? » baîlla Emma du dix-septième rang.
(in Tel un dieu parmi les hommes, L’Ethique d’Epicure, Jean Salem, Paris 1994).

***

Red shoes for Gabriel.

Brèves de trottoir

« Tout le monde » était à la manif du 4 septembre, et oui, toi aussi, et Emma il paraît, pas seulement parce qu’elle se terminait en bordure des vernissages qui ont illuminé le Marais ce soir-là, dont, parmi les plus réussis, celui de Jimmy Robert, d’une poésie méditative acrobatique.

Très belle exposition pour Gabriel Orozco au Centre Pompidou, dont l’inauguration tombait pile le même soir que la fête de relance des Inrocks, oh so trendy n’est-ce pas et ça fait oublier Arman. D’ailleurs, « tout le monde y était » aussi en une longue file indienne, dont un artiste du mobilier, un commissaire toujours aimable, de grandes femmes batailleuses… et même les filles qui fréquentent la piscine. C’était la remise du Prix Marcel Duchamp à Saâdane Afif, Lauréat 2009, exposé lui aussi Galerie Sud. L’exposition Orozco dure jusqu’au 3 janvier 2011, ne manquez pas d’aller vérifier à quoi ressemble une demie-DS à défaut d’entendre Dieu.

Le Magazine littéraire du mois, outre l’entretien avec Volodine, rend hommage aux femmes romancières, avec entre autres Céline Minard sur Hélène Bessette, et Elisabeth Ladenson sur Colette. Oui Josyane Savigneau est là aussi bien sûr, etc. et c’est mieux que pas mal. Go Girlzz!

Et en parlant de Bad Girlzzz… Hip hip hips, la  Ravitalizing Avital Ronell sera au menu du prochain numéro de Vacarme, parution fin octobre, pour expliquer, en toute simplicité, « qu’elle est la Métaphysique ». Et bien davantage, You Sexy Thinker.

La Fiac, ce sera du 21 au 24 octobre 2010, ouf, ça laisse le temps de choisir les Louboutin, enfin, les ballerines, et aussi de ne pas y aller. Auparavant, il peut être très agréable de se rendre au Printemps de septembre, particulièrement pour son inauguration le week-end prochain, car il fait doux à Toulouse en cette saison, ainsi que relaté l’an dernier ici-même. Ah mais drachme ah mais drame, c’est le même week-end que Manosque!

Si problème de type grec ou de type grèves, pas de quoi désespérer: Paris accueille le Festival America, comme chaque année, du 23 au 26 septembre. Lectures, rencontres, cafés littéraires et soirées festives dédiées aux littératures d’Amérique du Nord enjoliveront la fin de semaine.

Il y a fallu quinze heures, un Chablis, et trente relectures pour cette édition définitive de la CultEnews, septembre 2010. Restez indulgent: la SR est débordée et l’iconographe alcoolique.

***

Le Baiser de la claviste

« Je n’ai rien écrit: une autre s’y applique à ma place, pour que tu ne sois jamais déçu. Je la paie. C’est ainsi que j’ai recommencé à travailler: parce qu’il me fallait payer une femme qui t’écrirait des lettres d’amour. »

***

Remerciements: Flore « Marcheur » R., Emily-so-soon-Maman, Céline In-Da-Wall-En-Thèse, Antoine Savère, et son bunker.

Sur le phonographe: Leonard Cohen.

Publicités
16
Juil

Avignon 2010, rideau!

Le Off

La CultEnews Avignon a été produite chaque jour en direct du Caf’ Thiers, 12 rue Thiers, une adresse recommandable dont le patron, le Wifi et les salades fraîcheur sont ici remerciés au titre d’aide logistique incommensurable, tout comme le bureau Web d’Arte situé jusqu’à la fin du Festival à l’Ecole d’Art pour les dépannages.

Merci aux lecteurs et complices qui ont encouragé, à Julie Andrée T. pour l’entretien accordé, à Christoph Marthaler pour Schubert, et aux confrères blogueurs et journalistes.

Crédits: conception, rédaction et toutes photos Emma Reel, sauf le portrait de Julie Andrée T., extrait de son spectacle Not Waterproof – reproduit avec l’autorisation de l’artiste, tous droits réservés.

***

L’A Venir!

Pour ceux qui restent, ou qui y vont, quelques conseils à vue de nez CultEnews:

Côté In, si ça va forcément buzzer fort pour Un Mage en été d’Olivier Cadiot (du 21 au 27 sauf le 25), ça ne devrait pas être en panne du côté de la Danseuse malade incarnée par Jeanne Balibar pour Boris Charmatz (artiste associé de l’édition 2011).
Les fans de Pina ne manqueront pas l’hommage Out of Context (For Pina) d’Alain Platel, du 22 au 26 juillet dans la cour du lycée Saint-Joseph – et « tout le monde » est parti pour s’offrir la Tragédie du Roi Richard II mis en scène par Jean-Baptiste Sastre (du 20 au 27 – Cour d’Honneur, Darling). Cette deuxième fournée de spectacles rouvrira-t-elle le joli Bar du Jardin? We hope so, les amis!

EDIT du 24 juillet 2010: une petite souris restée sur place a versé des larmes et applaudi debout le Schutz Vor den Zukunft (Se Protéger de l’avenir) de Christoph Marthaler. Et si l’événement Avignon, c’était ça? Mais trop tard pour s’y précipiter: il se finit ce soir, trois fois complet. Alors, fermez les yeux et écoutez Kathleen Ferrier: vous y serez presque.

Côté OFF, repéré entre autres pour l’efficacité de son flyer dénotant envers les délires graphiques approximatifs de nombreux concurrents, Faire de Frédéric Mauvignier (auteur qui a été joué dans le In lors d’autres éditions) est présenté chaque jour à 14h30 au théâtre du Vieux Balancier. Voyez les Brèves de Pavé du Jour 5 pour d’autres conseils, suivez les rumeurs et faites vos jeux!

Un projet échoué de la CultEnews Avignon 2010 aurait consisté en une revue de toutes les pièces classées « Adultes » du OFF. Epopoï et loupé! La moitié d’entre elles concernait la prostitution (et les textes de Grisélidis Réal) ; deux l’homosexualité, une le triolisme, et une dernière des textes de Charles Bukowski. Promis, l’an prochain, la Renvoyée spéciale vous racontera si tout ça, enfin ce qu’il en restera, sent vraiment le soufre, la luxure, ou juste la sensation.

***

Le Magic Générique

Sur l’Iplate: Starsky

Sur la table de chevet: Des Anges mineurs (Antoine Volodine), Un Nid pour quoi faire (Olivier Cadiot)

Sur l’oreiller: la dédicace.

Bel été à vous!

***

Post-Scriptum: à l’heure du départ, l’appartement de la rédaction a résonné du piano virtuose d’un voisin.
Et ce fut alors ce rêve que Christoph M. avait promis: « Ce que que j’aurais voulu, c’est installer dans la ville de toutes petites choses en plus des spectacles, c’est toujours comme ça que je fais… […]… une porte de garage, un petit gradin… un Schubert par la fenêtre… tout simple. Et voilà. »

Et voilà.

%d blogueurs aiment cette page :