Aller au contenu principal

Articles récents

23
Déc

Alain Buffard, Good Boy

(http://www.alainbuffard.eu/fr/productions/good-boy.html)

13
Oct

情 ? 情愛 ? (Sonezaki reconsidered)

Rideau (photo Emma Reel) Shamisen by Sugitmoto (Photo Emma Reel)

.
.
.

Il faut un peu de patience pour s’accoutumer au son, à la diction et à l’expressivité des marionnettes propres au bunraku – le spectacle, l’opéra ? – présenté par Hiroshi Sugimoto au théâtre de la Ville, et ne pas s’attendre à y trouver de mise en scène de ses photographies, mais leur souffle. Histoire d’amour et de suicide, la narration éveille sans surprise les échos d’un Kawabata, et de tous les rêves et clichés d’Orient remis à demain. Sonezaki Shinjû, classique du dramaturge japonais Chikamatsu Monzaemon, est présenté dans sa version de 1703, qui inclut un lo(ooo)ng prologue. La pièce, qui dure 2 heures 30, n’est pas qu’une adaptation temporelle (certes, dans la tradition, elle durait la journée) ; c’est tout l’art d’Hiroshi Sugimoto d’adresser des signaux du zazen et du bouddhisme tels qu’ils peuvent être perçu par un auditoire majoritairement occidental, sans y conférer le kitsch d’Esalen. OK, let’s admit it: on rêve d’aller passer la semaine à Esalen. Mais, pas pour y pratiquer zazen – voir Big Sur suffira. Mais, bref: revenons à Kyoto.

Donc à Kyoto, ou plus exactement à Sonezaki (ville dont Google nous informe qu’elle est essentiellement connue par la fiction), s’aiment le marchand Tokubei et la geisha prostituée travailleuse du sexe Ohatsu. Le savant JStor et l’autodidacte Wikipédia tombent d’accord: si vous n’avez pas entendu parler de cette pièce, c’est un peu comme si un Japonais ne connaissait pas la Princesse de Clèves. C’est normal (certes, il serait tentant de commenter qu’il est normal de connaître La Princesse de Clèves, ainsi qu’en fut mené débat). Comme toute normalité il est possible d’y remédier. Et pour y remédier, vous pouvez faire confiance à la mise en scène point trop tradi point trop hardie de Sugimoto Hiroshi. C’est une démarche d’autant plus simple que pour une fois au théâtre de la Ville, IL RESTE DES PLACES (quelques-unes étaient aussi vendues au pas-de-la-porte, à 15 heures, ce samedi 12 octobre). Quelques accords de shamisen plus loin, vous penserez peut-être à ce jour où vous avez voulu draguer une copine (un copain. deux copines. Faites vos jeux.) en les invitant à voir le Mahabharata sans être au courant qu’il durait neuf heures et que vous écorchiez sa prononciation à chaque nouvelle invitation. Ou bien vous vous souviendrez qu’une fois – une seule fois, je te le promets, # Waltraud – vous avez prié pour qu’Isolde meure plus vite.

C’est comme ça. Au théâtre, on meurt plus lentement. Ou on vit un peu plus longtemps. La voilà, la bonne nouvelle.

Sonezaki Shinjû est présenté jusqu’au 19 octobre 2013 au théâtre de la Ville.
Le travail d’Hiroshi Sugimoto est également à découvrir ou retrouver à la Fondation YSL-P-B jusqu’au 26 janvier 2014, avec The Accelerated Buddha.

   情 .*

.
.
.
.
.

* le terme 情 ou est proposé par Sugimoto dans le « dossier spectateur » remis lors de la représentation comme « amour« , « affection« , « désir« . La traduction automatique de Google propose « information » alors que l’affection est proposée comme 情愛. Nos limiers sont sur les dents pour éclaircir cette nuance. Vos commentaires sont bienvenus.

.

.

.

Pour entendre encore quelques mots de Patrice Chéreau c’est (aussi) au théâtre du Rond-Point que ça se passe, avec Les Visages et les corps, jusqu’au 10 novembre en salle Roland-Topor. C’est une emprise étrange que ce spectacle, après les grandes pompes, en se souvenant de la manière dont Chéreau parlait de la mise en lecture du Coma de Guyotat, c’est-à-dire que cette lecture accidentellement posthume n’est pas moins réussie, comme le choc de cet un-peu-trop-plein de vodka qui fait parfois le théâtre.

À l’artiste le dernier mot,

Je dis que l’avenir c’est du désir, pas de la peur.

…/…

.

%d blogueurs aiment cette page :