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Articles de la catégorie ‘Avignon 2011’

16
Juil

Acte III – Apocalypse Macaigne

Photo reproduite avec l'autorisation du Festival d'Avignon

Il y a des spectacles qu’on choisit par leur bruit. Macaigne, la Cultenews n’en avait jamais fait l’expérience. C’est juste qu’on aimait bien ce titre, Au moins j’aurai laissé un beau cadavre, et puis le Cloître des Carmes était bien situé (oh, feignasse…) et enfin Hamlet, pourquoi pas, il paraît, enfin, hein, qu’Avignon ne fait pas assez de place aux classiques… On avait observé du monde se presser tôt au guichet des premières, dont des aficionados érudits qui avaient avoué avoir déjà assisté deux fois au spectacle… Il devait bien y avoir une raison à tout ce bouche-à-oreille, alors que les articles laudatifs qui suivraient n’avaient même pas eu le temps d’être écrits ( « trois bonnes heures intenses de théâtre exacerbé, dévoré jusqu’à la moelle » chez Jean-Pierre Thibaudat qui offre une analyse somptueuse de la scénographie, Le Monde extatique sous la plume de Brigitte Salino, ou encore René Solis… ça s’appelle un hit). Il a suffi de passer la porte du Cloître et atteindre les gradins pour savoir que l’expérience s’annonçait cuisante (et vite un peu cuite aussi, lorsque talons bien enfoncés dans le gazon de la scène, la Renvoyée-spéciale-du-je-te-raconterai-tout-au-péril-de-la-boue s’est descendu un pastis pur avec quelques autres spectateurs téméraires). Monter sur scène, à Avignon, même pour ne rien y faire (tout de même une photo souvenir), c’est une expérience jubilatoire que vous pouvez encore mener si vous êtes un peu jaloux, puisque le spectacle dure jusqu’au 19 juillet (et, vous devriez y aller, oui, même si vous n’aimez pas la tragédie élisabéthaine).

Photo volée E.R.

Alors, bien sûr, cette ouverture serait démagogue, si très vite les figurants d’un soir n’étaient pas conviés à regagner leur siège (intense déception) à défaut de sauter dans la fosse marécageuse qui s’avérera la tombe d’Hamlet Père (tentation effleurée). Ce serait aussi vite raté, si des les premiers mots de Sylvain-ô-Hamlet-ô-Rodolphe-ô-Gertrude-ô-la troupe chauffant la salle la perspective du grand spectacle ne se poursuivaient sur le même mode foutraque et jouissif pendant toute la première partie du spectacle (un peu moins la seconde, peut-être, où quelques facilités langagières viendront entacher le cours paisible de l’intrigue, mais le metteur en scène le dit lui-même: « Je ne fantasme pas sur la qualité de mes textes, qui d’ailleurs ne sont jamais édités. »). Les quatre heures oscilleront entre dézinguage d’un patronage de l’âge cancre, convocations partisanes bienvenues ou plus hasardeuses, et même mise en abyme du culte festivalier à travers une prise de tête d’anthologie entre le metteur en scène Macaigne, les éclairagistes ou les acteurs (viva l’édition 2003), à la reprise, après l’entracte. Mais, qu’en est-il d’Hamlet? Ce « putain de dépressif » se perd un peu – beaucoup, passionnément – dans ses répliques (fort dévoyées), il discute avec un furet (à moins que ce ne soit un putois), il plonge (et il aime ça) dans la tombe de Papa, etc. Et si ça ne suffisait pas, il doit faire avec un Claudius très très en forme, prêt à lui voler la vedette sur toutes déclinaisons des aller-retours. Bref, une tentative de relation chronologique de ce spectacle, complet avec scènes primitives et souvenirs-écrans, devra se reconnaître voué au néant d’un carnet de notes vite abandonné dans les effusions de sang (ici, il faudra également déplorer la perte de quelques spectateurs des premiers rangs peu enclins à négocier leur relation forcée avec une bâche en plastique).

Mais, qu’est-ce qui plaît dans ce bazar souvent grossier? Et bien, que ça tient la route. Ça agace régulièrement (en particulier les sensibilités féministes et queer de la rédaction, et pas qu’elles), ça pue (à un degré qui restera dans les mémoires, mais vous croyez vraiment que ça sentait bon en 1602 au Globe?), mais ça danse aussi énormément et d’une manière qui réserve paradoxalement ses effets  – de bout en bout et malgré de larges déserts revendiqués, les acteurs tiendront leur démonstration d’un dérisoire de l’exploit comme de l’esprit, en s’en tenant à un décor visuellement cheap (mais inventif, et dans sa réalité envahissant de mille détails jusqu’aux coulisses de la scène, dont deux pendues oubliées par Marie la Sanglante, pas mal de détritus et une machine à café cruciale pour le dénouement). Bref, c’est jubilatoire – et mieux que ça, plusieurs jours après la représentation (le 12), il en reste l’impression d’avoir eu la chance d’effleurer un moment de vérité, un déchaînement qui comme tout cyclone a ses dommages et ses ratés, mais qui les assume jusque dans l’hymne de son entracte, et nous aura laissée avec cette formule en tête, mi-pompier mi-pompette, Qui n’a jamais voulu monter sur scène ne sait pas ce que c’est qu’être en vie.

HAPPY END: Au moins j’aurai laissé un beau cadavre sera présenté du 2 au 11 novembre 2011 au Théâtre de Chaillot, ainsi qu’en tournée.

La Cultenews n’y est déjà plus (sniff), mais Avignon continue: Paris qui brûle chez (M)imosa, Madame Wagner à la Chartreuse, Mouawad à la Mine, Guy Cassiers ou Romeo Castelluci sont à suivre jusqu’au 26 juillet.

Photo reproduite avec l'autorisation du Festival d'Avignon

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13
Juil

Sur le pont – ACTE II

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AVIGNON

ENFANT - Boris Charmatz - Festival d'Avignon

– Scène 1:- Révolution de Palais –
Enfant, Boris Charmatz.

She says I aaaam the one, but the kiiiiid is not my son

C’est l’artiste invité du Festival, et surtout, l’acteur d’une prise de pouvoir envoûtante sur la Cour d’Honneur. Boris Charmatz, avec Enfant, a offert au Palais, une parabole délicate et violente accueillie avec plus ou moins d’enthousiasme suivant les soirs. La magie opère dès « l’ouverture » à comprendre dans un sens quasi-lyrique: par l’action d’une machinerie mi-skatepark mi-pal qui semblera tout du long manipuler la scène, le Palais en son entier va paraître trembler, murs secoués, cour désacralisée en un territoire fragile et ouvert aux quatre vents, où les fenêtres claquent à 7 échelle de Richter. D’Enfant, tout a déjà beaucoup été commenté, dont sa première en présence d’un Ministre (voir ici Marie-Christine Vernay dans Libération, et lire également son entretien de Boris Charmatz),  dont sa contestation toute en délicatesse de la loi du plus fort, de l’adulte-qui-a-toujours-raison dans l’ambigüité de sa protection de l’enfant, ou de l’enfance – qui n’est pas tout-à-fait la même chose dans ce jeu soulignant les manipulations, sur fond de cris de milice et samples d’un Billie Jean par trop littéral et pourtant presque inaudible, toile de fonds pour violences sur marionnettes désarticulées. Soudain par un renversement, les petits pantins abusés se multiplieront en lutins avec quelque désordre, et prendront leur revanche en pendant par les pieds un joueur de cornemuse se croyant prophète en son Hamelin.
Attrapé au vol, cet échange, dans le public, entre une mère et son fils de 6 ans en résume peut-être bien autant la réception que la thèse du spectacle: « Ça devient pénible » la mère a-t-elle soufflé devant l’acmé d’abus, peut-être sexuels, peut-être éducatifs, menés crescendo dans les corps-à-corps. « Et pourquoi? » l’a toisé l’enfant.

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– Changement de décor

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– Scène 2: Dans l’agora –
This Situation, Tino Sehgal.

L’exergue à l’Acte I de la série d’été Cultenews, qui semblait inviter à la perpétuation de l’art de mener salon et philosophie dans le boudoir, n’est pas tombée par hasard. C’est l’une des nombreuses citations lettrées qui vous accueilleront si vous assistez au spectacle This situation, de Tino Sehgal, présenté au Lycée Saint-Joseph jusqu’au 24 juillet. Mais, est-ce bien un spectacle? Le mot semble peu convenir à cette chaste curiosa intellectuelle (oui il y a un adjectif de trop dans cette expression, Ndlc), autant pour la forme (la performance se déroule à l’écart, six heures durant, sans séparation du public et des acteurs, dispositif plus propre à une galerie qu’à une scène) que par la revendication de discrétion de son auteur (invisible en cette semaine d’inauguration). This Situation est présenté chaque jour, jusqu’à la fin du festival, comme un banquet philosophique impromptu, où se mêlent witz et whist, art de la conversation, situations inattendues (dont mise à l’épreuve des visiteurs, parfois interrogés, parfois complimentés, effleurés ou toisés). Un « théâtre des idées », mené par six ou sept « joueurs » (une seule est actrice), pendant six heures sans interruption qui mènent une joute ouverte, rythmée par l’accueil de chaque nouveau venu (l’entrée et la sortie se font en permanence). Ce qui pourrait tourner à vide prend l’allure d’un manège enchanteur, qui ravit les visiteurs au point, privés d’applaudissements, qu’ils laissent parfois des petits mots au long des murs. La conversation est prévue pour se déployer en mouvement perpétuel jusqu’à la clôture du festival, et si elle tient sa promesse, pourrait bien en devenir son palimpseste plus héraclitéen que situationniste.

This Situation est présenté jusqu’au 24 juillet de 12 à 18 heures, entrée libre. Quant à Héraclite, le livret « Une Ecole d’art » édité par P.O.L pour cette édition du Festival présente, entre autres, un texte de Boyan Manchev, fort lyrique, dédié au Panta Rei.

λήσεται μὲν γὰρ ἴσως τὸ αἰσθητὸν φῶς τις, τὸ δὲ νοητὸν ἀδύνατόν ἐστιν, ἢὥς φησιν Ἡ.
τὸ μὴ δῦνόν ποτε πῶς ἄν τις λάθοι;

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Interlude : Supplément Festival-Tout-Confort

Dans la guerre qui fait rage entre locaux et festivaliers, il est temps de rétablir quelques vérités. Non, les Parisiens ne sont pas responsables de l’augmentation du tarif du citron pressé Place des Carmes. Oui, les Parisiens portent le chapeaux, voire le canotier, qu’il s’agit de faire tourner le plus vite possible pour pouvoir payer les dits cafés, se mélangent les parcours entre rue des Lices et rue de la Bonneterie, et certes, ont la mauvaise foi de trouver chaque jour qu’il fait trop chaud alors qu’ils se couchent à pas d’heure et en ayant trop bu. Et parfois, même, le Parisien n’est qu’un Montpélliérain masqué, voire, voire un banlieusard ou un extra-terrestre raélien bien déguisé. Que de mythes s’effondrent, mais certes, pas le cours du café.

Sur le pouce: le traiteur gréco-arménien des Halles est toujours là fort heureusement pour vos tomates-feta AOC, tout comme son pendant en terrasse, la célébrissime et toujours très bien fréquentée Taverne Avedis de la Place des Carmes. (Deux adresses validées par le Comité des soupers réjouis).

Gastronomie chérie: le restaurant La Cour d’honneur, juste en face du Musée Calvet, fait plaisir sans dévaster la ligne des frais de bouche, à part pour son éclairage Ibizo-clinquant. Pour une autre exception, Le Bain-Marie, « institution » à l’écart du fatras, pourrait être la prochaine tentation… à la prochaine édition. Hélas, c’est encore raté pour une invitation au Numéro 75. (Adresses rêvées par le Comité de résistance contre la laitue Méditerranée sur lit de méduses urticantes).

Top secret: la plus belle, la plus calme des terrasses nocturnes, n’est pas forcément le Verger des Papes – où ce fut pourtant un plaisir de traîner en bonne compagnie. Un lapsus linguae lui a valu d’être baptisée « Hôtel de la marmotte », mais non, enfin, on n’est pas à Font-Romeu, et donc c’est… (Exclusif! un verre offert à la première personne envoyant la bonne réponse!)

Le Fail: toujours pas testé le Bar « In » du lycée Saint-Joseph, comme quoi, même avec un sens du sommeil réduit au monokini, la Cultenews n’est pas partout, loin de là.

Excursion beauté: le meilleur hammam de la région est au Méjan, Place Nina Berberova, Arles (18 minutes de TER). Après vous être endormis dans les confortables coussins offerts pour le visionnage du 24-Hours Psycho de Douglas Gordon deux étages plus haut, vous y serez accueillis par une mama algérienne forte tête qui vous imposera une épilation au miel. C’est un vrai hammam, c’est-à-dire pas un de ces spas horribles qui puent la javel en cachets, mais des zélides, du savon noir et mêmes des heures Messieurs, oui oui. (Une adresse testée par Diogène de Sysop)

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– Scène 3: OK Podium –
Life and Times, Natural Theater of Oklahoma

S’il manque une thèse au théâtre contemporain, où pourtant elles ne font pas défaut, il faudrait la dédier à une analyse de l’usage de la chanson pop. La chanson pop est parfois comme la panne d’éclairages ou de sous-titres qui réveille à-propos l’auditoire: une bénédiction. Bien utilisée, elle redresse les intrigues, fédère un auditoire, ou tout simplement enchante dans sa réinterprétation. Lors de la première de Life and Times de Kelly Copper et Pavol Liška au Cloître des Célestins, les panne et la chanson sont advenues (dans la seconde partie, seule visionnée sur les deux que compte le cycle. La première partie, plus longue, avait été également présentée – sans grand succès – au théâtre des Abbesses, lire ici).

De Life and Times, tout est pop. Les jogging Adidas, les Converse, le son synthétiseur et les queues de cheval. Loufoque jusque dans la moustache Mercury de son principal acteur masculin (entouré de cinq femmes), texte déclamé en mode opéra-rock, Life and Times relate la conversation d’une des actrices de la troupe: au téléphone, elle a raconté sa vie par le menu, relevé de quelques jurons et onomatopées, pendant des heures. Le résultat, adaptation sans coupe, est drôle, par exemple, quand la voix évoque la manière qu’avait sa mère de susurrer « How is Lorraine? », supposée tierce figure du couple parental, quoique non… « Papa ne soit pas, like, hem, like that », entre autres questions, finalement, sans surprise pour une Amérique blanche dépeinte aussi ordonnée que ses French Manucure. « Like, um » rythme ainsi un parcours stéréotypé à travers vacances dans le New Hampshire, compétition entre élèves ou lecture de la Teenage-Middle-Class-Hero Judy Blume, versant anecdotique revendiqué sur fond des chorégraphies de pom-pom rigides (dont Fumiyo Ikeda bien connue des fans d’Anne Teresa de Keersmaeker), ou plus intime, versant vers le dérisoire existentiel. Le spectacle manque de subversion, mais il joue sur un tel potentiel de sympathie qu’on se sentirait honteux d’avoir envie de laisser l’histoire et ses acteurs à leur destin, même lorsqu’une attaque d’aliens surgit comme une évocation spectrale de la tuerie de Columbine High School. Le final, dans un tube éternel amène le public jusque ses propres souvenirs de récréation, communauté de souvenirs mondialisés de longue date d’une Junior School aux écoles primaires. Mais c’est peut-être bien cette quête de l’adhésion qui déçoit, comme si tout n’était jamais rien de plus qu’une dernière promenade au mall avec sa mère.

D-A-N-N-S-I-N-G-E-I-C-H-E-I-N-L-I-E-D-F-Ü-R-D-I-C-H

Life and Times est présenté jusqu’au 16 juillet en deux épisodes, au Cloître des célestins, 19 h et minuit.
Une autre présentation du projet est disponible, en anglais, ici.

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– Brèves d’accoudoir –

>>> Jérôme Bel reçoit: chaque jour du 11 au 22 juillet sauf samedi et dimanche, le chorégraphe invite les spectateurs ayant l’expérience de spectacles dans la Cour d’honneur à venir lui en parler dans le cadre de la préparation de son spectacle pour l’édition 2013. Le confessionnal est ouvert de 15 à 17 heures, et, pour l’avoir visité, c’est une jolie expérience d’échanges, où découvrir les émotions d’autres spectateurs pour d’autres spectacles, qu’il s’agisse de Pina Bausch avec les 12 000 oeillets de Nelken, en 1983, ou du Soulier de satin d’Antoine Vitez.
L’Ecole des Beaux-Arts présente en outre une installation consacrée au chorégraphe who likes to move it move it à visiter en 30 sec, 3′, 30′, 3 heures, où découvrir ses œuvres passées, son univers, et son art de faire danser la pop à nul autre pareil.

>>> Arte fait son Festival comme toujours avec de nombreuses diffusions (dont le Suicidé de Patrick Pineau) et un blog. Les pigistes nomades et sans fortune tiennent néanmoins à émettre toute leur déception quant à la disparition de la salle Internet de l’Ecole des Beaux-Arts sans laquelle les toutes premières éditions de la Cultenews (épuisées à tout point de vue) n’auraient jamais vu le jour.(pour la bonne cause, certes, puisque toutes les salles de l’Ecole accueillent des expositions, dont en particulier Jean-Luc Moulène).

>>> Vous voulez du OFF? Le blog du Tadorne, un des sites de référence du Festival, en propose une sélection resserrée si vous suivez ce lien. Très utile pour se repérer en regard des centaines de spectacles qui défigurent la ville de leurs panneaux et flyers dont Don Juan, le retour (sic 1), ou encore, Godot est arrivé (sic 2). Il y a, heureusement, beaucoup mieux aussi, et oui un peu de Jean-Luc Lagarce tout-de-même.

>>> La bad joke du strapontin: des échos nous sont parvenus d’une extrême désorganisation (usuelle au demeurant) du service Partenariats etc. du Festival d’Avignon, un lecteur s’étant vu contraint de mener de fort pénibles quêtes pour récupérer des billets supposément pré-réservés. Reste que la billetterie et le panneau dédié aux reventes (mêmes tarifs), du Cloître Saint-Louis, fonctionnent avec une efficacité légendaire pour qui sait faire preuve de ténacité.

A venir, le compte-rendu l’Apocalypse jouisseuse et ambigue menée par Vincent Macaigne avec Au moins j’aurai laissé un beau cadavre; et une chronique somnambule de l’exposition Le Temps retrouvé – Cy Twombly and friends à la Fondation Lambert.

La rédaction en goguette vous invite à faire part de vos impressions, en commentaire, et cherche en particulier des échos d’Oncle Gourdin (Sophie Perez et Xavier Boussiron) dont c’était la première, hier soir.

Sauf mention, photos des spectacles tous crédits Festival d’Avignon.

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