Aller au contenu principal

7 octobre 2013

Ici, c’est Paris.

par writer

[cette édition était tout juste écrite et mise en ligne à l’instant où est annoncé le décès de Patrice Chéreau, et c’est une sacrée tristesse qui est tombée soudain]

Koltès lui écrivait en 1982:

Si tu as un moment pour qu’on se raconte nos machins, dis-le moi un de ces matins – parce que je passe mes après-midis à essayer d’écrire dans les différents jardins de Paris.

Je t’embrasse.

Un de ces matins, comme une chanson de Daho, dommage que tu sois mort.

***

Copyright Théâtre de l'Odéon / Hans Jörg Michel

La controverse

C’est aussi Paris aux ateliers Berthier jusqu’au 11 octobre avec les Larmes amères de Petra Von Kant, dans une mise en scène de Martin Kušej. Si la tenancière de ce blog a été plutôt amusée d’une mise en scène de la haine des femmes bien orchestrée, une autre des muses de la Cultenews en est rentrée fort déçue:

« Oui alors je commence à en avoir plus que marre des spectacles allemands prétentieux. OUI OUI OUI je vieillis !!! Mais là le coup de la cage de verre, le noir et blanc, le cul, le trash, les bouteilles (j’avais peur qu’elles se blessent tout le temps), la panoplie SM, le côté morbide, et ce jeu vociférant, pppfffffppppppfffffffffffffff… M’est avis qu’ils confondent pathos et émotion ces braves gens. Je suis sûre que le film, qui doit durer moins longtemps (CES NOIRS!!!! [interludes au néon, Ndlr]), est dix mille fois plus touchant. Sans compter le contresens de la scène de cul: si F[assbinder]a mis une ellipse, ça vaut pas le coup, hein, de s’en soucier ? Aaargh là je suis furieuse contre ce voyeurisme de bonhomme, vraiment. C’était presque amusant du coup, cette voix off brechtienne (je me demande quand même comment ils ont recruté la principale, rarement entendu une lectrice aussi nulle, c’est du sabotage, non ? Ou bien c’est conceptuel ? Ça finit par faire un spectacle off…) »

Reste que cette pièce donne la parole à bien autre chose que la misogynie: au risque de la haine de soi. OUI, OUI, aussi. Et pour une pigiste déçue, une autre a apprécié en ces termes : « Évidemment, c’est too much, ce cube de miroirs sans tain, cette obsession du spectateur-voyeur. Mais les bouteilles vides (du Ruinart non?) ont ce petit côté Absolutely Fabulous qui rend la pièce cocasse. Quant à Marlene, elle est parfaite, elle semble absorber la pièce à elle seule sans prononcer un mot tandis que les autres actrices écharpent les oripeaux de la gloire et du gueuloir. Peut-être bien que cette pièce deviendrait intéressante s’il ne restait qu’elle, son oscillation shibari, ses mouvements entre les bouteilles, ses génuflexions, et la pendaison finale. »

Die bitteren Tränen der Petra von Kant est aux ateliers Berthier jusqu’au 11 octobre.

Bonus: Fassbinder évoqué par Luc Bondy sur le site du théâtre de l’Odéon:

« En 1981 ou 82, je ne sais plus, j’étais à la Schaubühne pour créer une pièce de Botho Strauss, je crois que c’était Kalldewey, farce, et donc, quelque temps avant la première je passe au Paris-Bar, je tombe sur Fassbinder, toujours dans sa veste de cuir. à ce moment-là il était très impressionné par la psychanalyse, obsédé par Moïse et le monothéisme. Il prenait déjà beaucoup de médicaments en mélangeant toutes sortes de choses, et moi, de mon côté, j’étais le genre de metteur en scène qui aimait bien se défoncer un peu… On se revoyait. Et puis un matin que je répétais, mon ami Dieter Sturm est venu me voir à la Schaubühne et m’a dit arrête de prendre des trucs, arrête ça, Fassbinder est mort. »

***

La tendance

Mashrou Leila était au New Morning le 6 octobre ; entouré de *plein* de beau monde, un peu comme une Fête de la musique de 1984

***

Ian Douglas Photography: Trajal Harrell &emdash; _D3X5362

Le Telex sonne toujours deux fois

>>> Trèèèès content(e)(s) d’avoir retrouvé Gérard Mayen, qui a signé la dramaturgie d’Antigone Sr. (chorégraphié par Trajal Harrell), présenté à Beaubourg dans le cadre de ce qui reste du Festival d’automne. Car Gérard Mayen est tout à la fois cauchemar pour un mensuel théâtreux qui se doit de boucler dans les délais et une grâce soudaine parmi les relectures de piges indigestes. Gérard, si tu nous lis: oui, ici aussi, nous avons survécu à Mouvement, la preuve nous tenons un blog parfois accrédité en Avignon. Et Antigone Sr. a été un moment formidable – hem, beaucoup plus formidable qu’une chanson de ce Stromae qui nous barbe en Une de tous les YouTube et va nous contraindre à dénicher un nouveau synonyme pour traduire notre enthousiasme bécasse face aux catwalks de la Judson Church et leurs énonciations des noms de l’histoire. Ils sont quatre, ils sont Yvonne, ils sont Rainer et leur lente déclinaison du double et du duel ponctue Antigone Sr.: Marc (by Marc), Twin towers, Tic & Tac, John & Yoko, etc. – Le texte fait mouche, mais mieux vaut connaitre son petit bottin de mode. Ainsi remarqué par le New York Times (ouvrons les guillemets comme une Brooklyn Lager…): « Although Mr. Harrell’s “Antigone Sr.” is an overlong, perplexing, self-indulgent, often obscure and often tedious exercise in pseudointellectuality and camp, I’d recommend it to anyone interested in dance as long as it continues to feature the quite exceptional performances by Rob Fordeyn, Thibault Lac, Stephen Thompson and Ondrej Vidlar. » (Alastair McAuley, 15/0/2013). Tiens, payons-nous le luxe de ne pas être complétement d’accord avec le New York Times (et de souligner que le New York Times a laissé la place à des lectures plus amènes)

***

Le cliché

Photo Emma Reel

(photo illustrative – défi de la presse culturelle, 2013)

***

L’infratexte

in me di questa fisica allegrezza
che è la vita che si vive sola.
(Pier-Paolo)

***

Remerciements pour cette édition vite vue: Laura, Omar, Patrick.
Toutes photos utilisées sous réserve d’autorisation.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Remarque : Le HTML est autorisé. Votre adresse email ne sera jamais publiée.

S'abonner aux commentaires

%d blogueurs aiment cette page :