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23 juillet 2013

[Avignon 2013] – Bouquet final

par writer

KABARET WARSZAWSKI - CABARET VARSOVIE -

C’est l’une des dernières pièces du calendrier, et c’est peut-être bien celle sur laquelle il est conseillé de finir son Festival. Avec son Kabaret Warszawski, Krzysztof Warlikowski entraîne le public dans une joyeuse apothéose visuelle et sonore: cinq heures de voyage entre Varsovie, Berlin, New York. Pièce en deux temps – et deux rappels sans redite à Cabaret (l’Oscarisé) et Shortbus (l’ode Sundance au polyamour), en une succession de tableaux vivants faisant appel au théâtre d’ombre, à la vidéo aquatique ; e invitant aussi bien Chris Isherwood, Bach, Patti Smith (immortelle), Justin Vivian Bond, ou Kid A traité comme hymne de l’effondrement de Babel un 11-septembre. Hasard de programmation, le même morceau était présent dans la bande-son de la concession hipster de ce festival, Rausch de Falk Richter et Anouk Van Dijk, vu la veille, mais c’est avec facilité que la troupe du Nowy Theatre domine son monde: Warlikowski sait citer en donnant une force aux propos qui naît de leur superposition, comme sa troublante ouverture sur de jolis garçons menant leur numéro de claquettes au son du tambour du Westerwaldlied – chanson patriotique composée sous Weimar et déclinée sous le IIIe Reich.

« Nous sommes le monde » affirme plus tard le show – mais, quel est ce monde ? Celui où Krzysztof Warlikowski invite à trouver sa place est, pour cette fois encore, celui de la performance, c’est toujours celui de la dénonciation des fantasmes antisémites et une exploration de l’inconscient qu’on prête à la Pologne. Alors que le metteur en scène a récemment ouvert son propre théâtre à Varsovie envers et contre tout, il livre à la Fabrica une bulle de sexe, d’amour et de THC ; une proposition festive, espace miroir d’Avignon en full HD qui frôle ses cinq heures de scène. Dans ce monde-là où la chair affiche sa revanche, les actrices ne prendront jamais leur retraite (Fabienne Arvers et Patrick Sourd des Inrocks racontent bien le jeu de cygne d’Eva Dalkowska et Stanislawa Celinska).

Resteront les paillettes illuminant le corps de Claude Bardouil dans son pantomime au-dessus d’un suaire rose, les provocations de la troupe qui vient, souvent, chercher le contact au premier rang, les jeux d’ombre d’une Sally Bowles empêtrée entre histoires de cœur et tapis rouge. Grâce à ce Cabaret, flottera longtemps le rêve de céder aux sirènes, et de faire comme ses protagonistes: prendre la tangente.

KABARET WARSZAWSKI - CABARET VARSOVIE -

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