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15 octobre 2011

Le Clou de la colère

par writer

– Le Off – 

La rentrée a démarré sur une Tournée des grands ducs toute en insouciance, dans les délicates intrigues pour escarpins d’un Christoph Marthaler très en forme et quelques bulles de Mailly Grand cru. Puis, Starsky nous a fait connaître Notre Silence, le dernier disque de Michel Cloup (ex-Diabologum), et ça collait bien à l’automne, ses humeurs demi-teinte et lunes rousses. Alors voici une édition featuring, avec le compte-rendu du concert donné par Michel Cloup le 2 octobre à Paris.

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Photo reproduite avec l'autorisation de son auteure - tous droits réservés.

– Michel Cloup, le concert –
(par Starsky)

Vous en connaissez beaucoup, des disques qui vous font pleurer ? Qui vous arrêtent, vous forcent à vous asseoir ? Qui vous obligent à écouter ? J’ai oublié de préciser : des disques en français. Si vous avez mon âge, vous citerez sans doute La Fossette, tout Mendelson et le troisième album d’un groupe de rock que l’on dit culte aujourd’hui. Et puis, ce disque donc, Notre Silence. Avec des mots très simples, quelques douleurs universelles, et les entrelacements splendides de sa guitare baritone et de la batterie dénudée de Patrice Cartier, Michel Cloup a fabriqué un de ces météores. Un objet précieux que nous garderons avec nous longtemps, trésor parmi les trésors de nos discothèques ; une étoile que nous partagerons en secret et dont nous serons fiers d’être l’esclave cardiaque.

Pour bien faire, il faudrait ne pas trop en dire. Évoquer simplement la justesse des textes qui tournent lentement autour des catastrophes s’en approchant parfois jusqu’au malaise, mais sans jamais prétendre les dominer ni les résumer. Le souvenir d’un dernier repas ; les mots que l’on aurait dû prononcer ; la mort qu’il faut expliquer ; l’impossibilité d’être à la fois un père et un fils. Ces textes sont tissés serrés dans une musique magnifique, enregistrée d’une traite, à deux, avec un plaisir évident. La batterie qui claque dans un coin de la pièce, les arpèges de guitares en boucles enchevêtrées, juste devant. Et la voix sans artifice qui a dû demander pas mal de courage, ou d’inconscience.

by Starsky

Le courage, on le prend en pleine face quand on retrouve les deux amis sur scène. Imaginez simplement avoir en face de vous celui qui chante Cette colère. Imaginez sa manière de dire ces mots sans le confort du studio d’enregistrement. Imaginez le volume des guitares sur la fin.

Ils jouaient le dimanche 2 octobre à la Gaîté Lyrique et je ne m’en suis pas tout à fait remis. C’était quelque chose que d’entendre ces chansons revivre ; sombrer dans les vagues de saturation et de feedback ; reconnaître dans chaque boucle de guitare fabriquée live ses propres fantômes. De la grande fragilité du concert (outre chanter ces textes-là, il faut lancer quelques effets sur l’ordinateur, passer sans cesse d’une pédale à l’autre), émerge une tension qui fige le temps à chaque chanson et coupe le souffle plus d’une fois.

On ne va pas énumérer les références musicales dans lesquelles s’inscrit Michel Cloup, puisqu’il fait, et fera encore, lui-même référence. On ne va pas non plus parler de tout ce à quoi ce musicien infatigable a participé. Pour une fois, faisons du passé table rase. Notre silence tient tout seul, hanté par ses souvenirs qui sont aussi les nôtres. Commandez-le ici, vous n’en reviendrez pas.

L’album de Michel Cloup, Notre Silence, est également disponible chez les disquaires et sur les plates-formes habituelles. L’artiste donne des show-cases, voir son site.

P.S.: un mix de Starsky a été diffusé, dans le cadre des « Vases communiquants » sur le site Liminaire, de Pierre Ménard >>> Ecouter ici.

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Photo reproduite avec l'autorisation de l'auteur - tous droits réservés.

Εἰ δ’ἀναγκαῖον εἴη ἀδικεῖν ἢ ἀδικεῖσθαι, ἑλοίμην ἂν μᾶλλον ἀδικεῖσθαι ἢ ἀδικεῖν.
(Gorgias, Working Class Hero)

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[O.o]
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-« –« –

– Les Brèves de la Commère solidaire –

>>> Alors Marthaler, « c’était bien », mais tout le monde l’a déjà dit. En revanche, privilège Cultenews, personne n’avait cité jusqu’à présent, de mémoire, la reprise de Procol Harum au Bontempi. Tout dans le détail, Christoph, et que ta louve était belle. Ah on n’a rien à dire sur Enfant, car on l’avait vu, « en Avignon ».

>>> Sur la papier, le concept de Si, Viagiare, de Marco Berrettini, présenté au théâtre de la Bastille jusqu’au 24 octobre dans le cadre du Festival d’Automne, aurait pu être amusant. Le metteur en scène, qui déclare avoir passé quatorze heures par jour sur les sites « de » rencontre, voulait emmener dans un « voyage » pour raconter « la » rencontre, à partir d’une expérience menée par la NASA (voir le dossier de presse).  Il a semblé être surtout question de Teletubbies, un peu de Kraftwerk, et de situations supposément cocasses (du côté, notamment, des violences en mode séminaire d’entreprise – ce qui n’était pas forcément l’aspect le plus raté de l’ensemble), mais, pour un spectacle spatial, ça n’a pas trop plané. Un autre avis? Rosita Boisseau, du Monde, a aimé – lire ici.

>>> Anri Sala en performance à Beaubourg, a attiré du monde, mais n’était, à nez de Cultenews, pas à la hauteur du dispositif qu’il a essayé de mettre en place, pourtant très intéressant par lui-même.

>>> Des petits points partout, ce sont les hallucinations de Yayoi Kusama exposée à Beaubourg, pour une exposition que nous n’avons pas encore vue d’une femme que nous aimons bien (jusqu’au 9 janvier 2012).

>>> La renvoyée spéciale ira se faire voir à Londres pour l’exposition Gerhard Richter à la Tate Modern, compte-rendu en novembre (la rétrospective se tient jusqu’au 8 janvier 2012).

>>> Ça a buzzé, spécial « La Barbe », le post de LBV sur les éléments de langage mufle de Bustamante, Jean-Marc, en particulier la vidéo de Cécile Proust.

>>> Au chapitre, « Panique de l’archiviste » beaucoup de bons livres qui paraissent plus vite qu’on a le temps de bien les comprendre, dont Pour un humanisme numérique, de Milad Doueihi (Le Seuil). Ce philosophe des religions et de l’Internet a offert un hommage très intelligent à Steve Jobs (in Le Monde).

>>> Sylphides, de François Chaignaud et Cecilia Bengolea, se terminait hier (soupir de la retardataire) mais il est encore temps de réserver ses places pour Meg Stuart (16-19 novembre 2011), Romeo Castellucci (du 20 au 30 octobre au théâtre de la Ville puis au 104) — edit au 24/10: la pièce est victime d’une opération d’intimidation sans précédent au nom du fondamentalisme religieux, lire les communiqués.

>>> Au moins j’aurai laissé un beau cadavre, de Vincent Macaigne, vu et approuvé en Avignon, est au théâtre de Chaillot du 2 au 11 novembreEt non on ne refera pas le coup du couteau dans la plaie à propos du Lulu de Lou et du Berliner (complet depuis août).

>>> Quoiiiii? Tu n’as pas reçu ton invitation à la FIAC? Euh, hem, moi non plus, en fait, ce qui n’a pas empêché que les portes du Grand Palais frôlent la panique au soir de l’inauguration (texto from an insider: 99% of the 1% fighting to enter). Mais, il y a aussi la Slick Fair ; la Chic Art Fair, et oh oh oh hihihi, une opération de Net-Art amusante, en mode typosquat et interfaces Geek, voir à l’adresse Lafiac.com.

>>> #Dimdamdom: pour cause de restrictions horaires strictes, la Cultenews ne peut pas toujours assurer sa périodicité mensuelle et donc un suivi sérieux de l’actualité. Mais! …il y a des pros pour ça, entre autres à la radio avec le midi (Caroline Broué & friends pour les débats de la Grande Table) et soir (Arnaud Laporte & sa bande pour les piques hilarantes de La Dispute, radio-crochet compris), sans même avoir besoin de citer la résurrection d’un grand quotidien de l’aube. Côté théâtre, ne vous privez pas de faire un tour sur beaux sites « indépendants », comme L’Intermède (mi-culture- mi-séminaire &  maquette hors-classe), et chez les passionnés du Poulailler, qui couvre aussi l’actualité en province (tout juste découvert par ici via Agôn).

>>> Vous avez vu comme les photos sont belles? C’est normal, elles ne sont pas de la rédaction. Remerciements à Delphine Ullmann, qui sera régulièrement invitée à embellir les chroniques – et pola par Starsky.


Sur le phonographe: Jarvis, dont le premier livre,
Mother, Brother, Lover, recueil des textes de ses chansons, paraît le 20 octobre.

Remerciements pour cette édition: Jérôme et Delphine.

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