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25 avril 2011

With Shirin [shot#1]

par writer

femmes

***

Le film de Shirin Neshat, Women Without Men, Lion d’argent de la Mostra 2009, est sorti en salles le 13 avril. Parcours onirique de quatre femmes pendant les événements ayant secoué l’Iran en 1953, il a été dédié par l’artiste à tous les révolutionnaires iraniens, de 1906 à la Révolution verte. Contrairement à ce que les images ici présentées peuvent laisser penser, le film ne raconte pas une libération: il raconte en couleurs vieillies, robes coroles qui tranchent sur sarrau virevoltants, l’échec à trouver un « abri », incarné par un domaine et son sous-bois métamorphosé un bref instant en gynécée rassurant, l’échec à pouvoir choisir de « cacher sa vie » ailleurs que sous un voile subi, que ce soit par désir « du monde » ou volonté d’engagement.

« Pourquoi est-ce que les gens sont comme ça? Leur faim, leur désir, semble tout dévorer », monologue Zarin, ancienne prostituée, avant de se laisser mourir. Ce film, qui se perd ainsi dans une résurrection artificielle et un esthétisme qui sonnerait comme une complaisance s’il n’y s’agissait pas d’une prise de risque, semble énoncer la thèse que tous les corps, à toutes les époques, sont trop étroits pour porter la révolte. La beauté, incarnée jusqu’au macabre des teints cireux de femmes suicidées, finit par mettre mal à l’aise, au bord des larmes. Tout ça, pour rien?

Shirin Neshat s’était fait mondialement connaître en 1999 avec la pièce Turbulent (à découvrir ici), qui lui a offert un Lion d’or à la Biennale de Venise. C’est une des artistes qui permet, peut-être, de porter un regard sur l’Orient qui aille chercher ailleurs que les errances post-coloniale, comme ces « nouvelles révolutions », loin des arts, qui appellent d’autres repères que les clefs occidentales. Mais il serait naïf, ou bien stupide, de penser qu’il ne parle que de l’Iran, ou de l’Orient, comme si les droits de la femme, et les révoltes, ne se jouaient que sous la ligne bleue des Pyrénées: il aborde, avec dureté, la loi du silence, qu’il s’agisse de viol ou de conventions sociales parfaitement ordinaires, et les agonies renouvelées de l’idéalisme, plus terribles encore que son deuil. Voilà plutôt un film à voir et recevoir comme l’urgence d’être brune aux yeux noirs, belle comme toutes celles qui font la gueule.

***

Epilogue

…Shehérazade inspecte sa réserve de mots,
des idées à demi-formées et des rêves se combinent
avec des jarres juste assez grandes pour abriter un homme
et elle pense : Sésame, ouvre-toi, et elle sourit…

…Car Shehérazade ne perd jamais la tête.

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