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17 octobre 2010

La double édition!

par writer

Le Off

A tout plaisir les honneurs: pour cette édition d’automne, le saigneur Antoine Volodine illumine octobre d’un entretien, suivi des rubriques usuelles et futiles pour animer un dîner jusqu’au bout de l’escarpin, dont la « Wish-List » de vos lectures et sorties, et le Supplément inédit « J’Claquerai tout avant la stèle ». Comment ça, il est 03h37? Et oui, c’est désormais, depuis le Off, vous pouvez cliquer sur les liens pour accéder directement aux rubriques! Magie des ancres HTML, apprentissage autodidacte dans les bras de Diogène de Sysop!


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L’entr’aperçu Antoine Volodine

Plusieurs échanges auront été tentés par la CultEnews pour localiser ce que proposait Antoine Volodine aux côtés de ses hétéronymes en cette rentrée littéraire. Il y avait de la timidité à espérer convaincre un bunker de se pencher sur des frous-frous virtuels: Volodine, sujet de thèses et hypothèses, a fait l’objet d’articles et entretiens à hauteur de l’ambition réussie d’une triple publication locomotive de l’automne (Ecrivains au Seuil, Onze Rêves de suie de Manuela Draeger aux éditions de L’Olivier, et Lutz Bassmann avec Les Aigles puent chez Verdier). Aperçu à Manosque le temps d’une lecture saisissante d’étouffement (elle se tenait dans une petite salle confinée, et venait conclure trois jours de divagations littéraires en plein air), l’écrivain a semblé roc bien plus sombre que les rêveries d’été n’avaient laissé l’imaginer. Il a pourtant pris le temps de répondre à deux questions par écrit, tout en s’excusant « de ne pouvoir improviser sur des questions complexes » – ironie reçue 5/5, et tous remerciements pour les réponses qu’il a partagées.

« Alors que cette liste si agréable à établir, doit, malgré tout, se terminer, je regrette que plusieurs milliers de personnes n’y figurent pas, dont évidemment mes lecteurs font partie…« 

(Antoine Volodine, in Ecrivains)

>>> La littérature post-exotique, qui s’appuie sur la multiplication de ses voix, le jeu des échos des narrats, ne serait-elle pas une quête pour se dispenser du lecteur, un démantèlement des cellules bovarystes?

« Lecteurs et lectrices sont au contraire immensément présents dans tous nos livres. La préoccupation principale des auteurs post-exotiques est de transmettre des images aux autres, qui, il est vrai, écoutent et ne lisent pas. L’ensemble de l’édifice repose sur ces fondations-là : une parole (un sanglot, un cri, un récit de rêve, une cristallisation poétique, un souffle…) qui va vers des complices, auditeurs, auditrices, principalement nocturnes, tous emprisonnés et traversant les mêmes affres. De là se développe une fusion presque concrète entre les créateurs (ou créatrices) de l’histoire et leurs destinataires. A tout instant celui ou celle qui disent l’histoire sont conscients de l’écoute. A leur tour aussi ils écoutent, puis répètent ce qu’ils ont entendu, fidèlement ou en y ajoutant leurs variantes.
Très clairement, la parole circule entre les acteurs de cette création qui est par nature orale et collective, très peu intéressée par la signature et, au-delà, par le devenir ultérieur de ces textes hors les murs. On a là un premier niveau de relations entre auteurs et un public qui a un statut de co-auteurs. Deuxième niveau, l’auditeur et l’auditrice sont mis en scène dans les livres, au sein de l’histoire qui est souvent contée par un narrateur qui reproduit dans l’organisation du livre les conditions de son « écriture ». D’où la fréquence de personnages-diseurs, de personnages-écrivains, de personnages-chamanes qui disent le monde sous forme de fragments où apparaissent d’autres auditeurs, d’autres conteurs et diseurs: en ce sens les trois livres de cette rentrée sont une illustration de ce système de narrations imbriquées.
Mais ensuite, au-delà des murs de cette prison imaginaire d’où surgit la fiction, dans la réalité éditoriale, concrète, il y a un travail particulier de rapprochement avec le lecteur, la lectrice « sympathisants ». On s’adresse à d’autres oreilles que celles des co-écrivains post-exotiques et à d’autres oreilles que celles des personnages en situation d’écoute. On parle au public en général, sympathisant ou non, avec le souci de faire passer émotions et images (en veillant, donc, à manier efficacement les outils d’écriture dont nous disposons). Le résultat de tout cela est une construction où circulent beaucoup de dits et de non-dits, mais où lecteurs et lectrices, au contraire de ce que suggère votre question, sont constamment présents, et à tous les niveaux.

« Quand je recule très loin dans ma mémoire, quand je me dirige vers les brouillards qui précèdent l’enfance consciente, je m’aperçois que j’ai retenu les images des manifestations et de la fête. »

(Manuela Draeger, in Onze Rêves de suie)

>>> Vous dépeignez un univers sombre, mais l’enfance y tient une place à part. Pourriez-vous expliquer à quel titre?

« L’enfance est un leitmotiv depuis le premier livre publié jusqu’à ces trois livres. On pourrait nommer plusieurs romans où elle n’est pas présente, mais ils ne sont pas la majorité, surtout si on prend en compte tous les petits romans de Manuela Draeger où les personnages sont indistincts mais porteurs de la pensée magique de l’enfance. C’est surtout vers cela que nous nous tournons, vers cette désinvolture face au réel, désinvolture intellectuelle très souvent charpentée à partir de mots. Mots magiques, inventés, qui créent une réalité parallèle ou qui permettent d’entrer de plain-pied et sans délai à l’intérieur d’une image. Notre rêverie « enfantine » se développe peut-être comme les monologues des enfants qui « se racontent des histoires ».

Outre cette fonction essentielle de la magie de la parole, nous recherchons aussi dans l’enfance et ses personnages la même naïveté désespérée que celle qui rôde dans nos personnages d’insanes ou semi-insanes. Les enfants, en ce sens, font partie du spectre de nos personnages écrasés qui, malgré tout, reconstruisent (par la parole et l’hallucination) leur monde proche. »

« J’avançais sans grâce mais sans tomber, j’agitais ma casquette, je hurlais le détail des mesures qui entreraient en vigueur immédiatement après notre prise du pouvoir, je ne me préoccupais pas de savoir si on me rendrait mes gamelles et mes hardes avant de me renvoyer vers le dépotoir ou de me liquider. Et j’étais très fier. »

(Lutz Bassmann in Les Aigles puent)

Propos recueillis par l’email d’Emma le 28 septembre 2010.
Les citations ont été ajoutées après l’entretien.

***

…/…
Laissez défiler la page pour la suite de l’édition, ou remontez le lien pour lire le précédent entretien, avec Frank Smith, pour son ouvrage Guantanamo.

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Sappho - Portrait - date inconnue.

Toi aussi, tu t’appelles Hellène!

Τίσ δ᾽ ἀγροιῶτίσ τοι θέλγει νόον, οὐκ ἐπισταμένα τὰ βράκἐ ἔλκην ἐπί τῶν σφύρων;

(Comment cette femme grossière et sans art peut-elle charmer ton esprit et enchaîner ton cœur? Elle ne sait pas même laisser flotter avec grâce les plis de sa robe!)

Oh, Sappho…

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Sur la Wish-List

Pierre Zaoui, Maître de conférence à Paris-VII, fils prodigue de Baruch Spinoza, en écrivant La Traversée des catastrophes, ne pouvait pas savoir qu’une pigiste jouerait d’un marque-page hésitant entre « Tomber malade, vivre debout » et « Quelle tuile! Sur l’événement amoureux ». Avec cet ouvrage de « philosophie athée » qui a pris le temps de la réflexion et des références, il y a de quoi faire passer la mode de Caen et l’hédonisme bêta pour des ringardises aussi égarées qu’un legging. Une présentation du livre est prévue à la Fnac-Montparnasse le 5 novembre 2010, et, et… à suivre.

La visite aux Correspondances de Manosque a été l’occasion d’ajouter quelques titres aux achats de l’automne, en particulier 116 Chinois et quelque, premier roman de Thomas Heams-Ogus, à écouter (15 euros, Fiction et Cie) sélectionné pour le Prix Wepler. A noter le très bon article sur le blog de Claro, également sélectionné Wepler avec son titan Cosmoz dont il fit une belle présentation à Manosque, ainsi récemment que chez Hubert Artus de Rue 89, en vidéo.

Bonne nouvelle, la librairie Au Poivre d’Ane sis place de l’Hôtel de Ville de Manosque, pourtant peu amène dans son accueil aux visiteurs d’un week-end, avait en stock le dernier tome du Journal de Mireille Havet (1927-1928), publié en mars 2010 chez Claire Paulhan, dont les ouvrages sont trop souvent difficiles à se procurer. Mireille Havet, décédée il y a bientôt 70 ans, peut au moins se féliciter post-mortem d’avoir échappé aux affres cruelles des comités de sélection: lesbienne, amatrice d’opium, et toute mondaine qu’elle put briller, elle n’a jamais été reconnue de son vivant, brûlant la vivacité par les deux bouts en planquant son Journal, qui fut sauvegardé in-extremis.

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Etoile de la toile

© Eva Truffaut - mycopyright.tumblr.com

Très très belle découverte du stupéfiant Tumblr d’Eva Truffaut, dont la CultEnews reproduit ici une image sous toute réserve d’autorisation avec lien. En cascades d’images, une histoire se recompose dans l’illusion de l’aléatoire propre aux effets Tumblr, c’est magique, poétique, et d’une ironie toute féministe qui a beaucoup plu par ici.

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Les Sorties du chinchilla

Les compères experts en Arts lyriques en restent sceptiques, mais par curiosité, il serait tentant d’aller apprécier la reprise de la mythique production de Giorgio Strehler des Noces de Figaro (Opéra Bastille à compter du 26 octobre). Ach Mein Gott, il ne reste plus que la catégorie Optima et mois de mai, soient deux hypothèses oh, vraiment lointaines, presque aussi lointaines que la représentation originale (1973).
Note: Diogène de Sysop, Hot Line du site CultEnews, a été amusé par la mise en place d’une file d’attente pour l’accès au site de l’Opéra via un script efficace, à l’ouverture des réservations du 11 octobre (14 minutes sans avoir à recharger la page).

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Tender is the Dawn - Photo Emma Reel 2010.

Brèves de trottoir

Zéro pointé pour le peu de soin apporté à la relecture d’Avec Bastien, de Mathieu Riboulet – un très bon livre qui méritait bien mieux qu’un s mal placé à « partouse » (sic, quoique cela aurait pu être une coquetterie de type phantasmatique) et surtout, oh, surtout, la confusion entre « savoir » et « suer » qui n’a pas parue guidée par un effet de style. Ah oui, c’est pourtant un livre délicieusement sensuel, diaboliquement sexy, mais ce parcours de l’éveil d’un joli môme, depuis un grenier de Corrèze jusqu’aux glory holes de Paname, aurait été encore plus apprécié sans fluctuation du Jouette.

C’est déjà trop tard pour Toulouse, mais pas pour son écho: faute d’avoir pu se déplacer elle-même à l’inauguration du Printemps de Septembre, édition 2010, Emma a demandé à un petit prince de la performance qui y exposait, de jouer au Renvoyé spécial via SMS: « Oh, c’est nul les artistes n’étaient pas invités au dîner! Les expos sont bien! Les commissaires sont ivres! C’est la fête des Princesses ma chérie! Vérifie tout de même ce que tu publies ». Etc. et déroulement attendu pour cette joyeuse récréation quelque peu luxurieuse qui se terminait le 17 octobre.

The place to be où Emma n’était pas, c’était le 4 octobre au Théâtre de la Madeleine, soirée de lancement des Ecrits inédits de Marilyn Monroe (Fiction & Cie) dont les tweets relataient le plus grand bien avec ravissement, encouragés par une débauche de Dom Perignon (quelle bonne idée!). Des bises aux artisans de ce succès et ses déjà nombreuses réimpressions. Update! La lecture d’Anna Mouglalis peut se réécouter ici.

Closer CultE: un lecteur a signalé que le bal masqué de Grazia au Palais-Garnier valait aussi le détour, mais n’a pas précisé à quel papillon il songeait.

>>> Appel à l’aise: si vous vous sentez l’âme d’un contributeur CultEnews, il est envisagé la mise en place d’un Top-Tweet à chaque édition. Envoyez vos critiques et commentaires  à toute heure sur le portable de la rédaction, anonymat garanti, bises renvoyées avec gourmandise.

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Le Supplément dispendieux d’octobre:  J’Claquerai tout avant la stèle!

Judy-Rose, éternelle stagiaire mythomane des luxures en semelles rouge Révolution, a appris à ses dépens qu’il faudrait trois semaines pour changer talon et semelles d’une paire de Christian Louboutin (facture du cordonnier sous embargo, mais ne vous privez pas d’envoyer vos dons, timbres-postes et mandats cash acceptés). A vos carnets, une seule adresse au monde assure un entretien légitime du pied de la lettre: Minuit moins 7, sis galerie Verot-Dodat, 75 001, soit la porte à côté du chausseur mythique. Evidemment, une fois sur place, rien n’empêche de compenser l’impatience avec une nouvelle paire, etc. Qu’est-ce que tu n’inventerais pas pour te faire remarquer, Judy!

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« -Mais qu’est-ce que tu veux dire?
-Nightingales engraving fairy tales on the Pacific Walls. »

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Sur le gramophone:  a touch of Grace.

Remerciements particuliers pour cette CultEnews: les mails de minuit plus cinq.

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