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14 juillet 2010

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Avignon – Jour Quatre!

par writer

Le Off

Il s’en est fallu de quelques likes pour que le programme au quatrième jour ne se limite pas à une sieste misanthrope de 24 heures. Avignon, « cité des papes », est parfois aussi cité de « couillons », expression qui sied à merveille aux apostrophes machistes entendues ci et là et souvent à propos d’un dos tatoué. OH on se calme, hein!

***

Le In

C’est pourtant grâce à une pugnacité têtue – car le reportage en milieu hostile, on gère – que la Renvoyée spéciale s’est offert Not Waterproof, de la Canadienne Julie Andrée T , invitée Coup de cœur et presque surprise par Vincent Baudriller. C’était la dernière date, dernière séance, c’était complet: mais la méthode kamikase approuvée du « j’me pointe et on verra bien » a parfaitement fonctionné, troisième rang face. On a vu, et en plus, on a aimé, n’en déplaise à une critique bloggueuse du Figaro dont le texte consternant mérite lien juste pour en rire à titre de contre exemple.

Not Waterproof commence comme un One Woman Show: Julie Andrée T., « T comme Terrible, T comme Talentueuse… T comme Tais-Toi ». Julie Andrée T. allume clope sur clope, taxées au public, en descendant une bouteille de vin rouge local. Elle avertit:  elle a un compte à régler avec les journalistes français, dont plusieurs lui auraient demandé si les plumes dont elle se parera plus tard étaient une référence aux Amérindiens. Et conclut: « Ben non. Au Québec aussi, les oiseaux ont des plumes. » C’est peut-être autour de cette mise en garde que tient tout son spectacle: elle n’est pas là pour raconter une histoire, chaque élément scénique devra être dépouillé des symboliques trop littérales. Pendant une heure et quelque, elle va laisser parler les couleurs, les éclairages (de son complice Jean Jauvin, sur une très belle musique de Laurent Maslé), la peinture et son corps, pour créer, non un récit, mais un espace. Entre un fil de crin et les plumes de vautour promises, son corps va devenir élément mouvant du décor, et la performance physique s’effacer au profit de la conception d’un tableau vivant où chaque élément – panneau peut-être ciel, vases peut-être têtes – prend son équilibre sur les autres. Ainsi, d’un coup de gouache cyan sur la bouche trempée dans une colonne d’eau d’un mètre de haut, Julie Andrée T. devient sculptrice sans que la colonne se défigure en lava lamp. Ou, genoux et coudes en équilibre sur des carafes, elle semble atteindre la posture d’un colosse gracile qui reposerait sur les pots de yahourt dans lequel la peintre aurait rincé ses pinceaux.

Si la mode est aux « spectacles hybrides », il faudrait peut-être ici davantage parler de « technique » ou de « matériaux » mixtes (lumière-eau-corps), comme pour une œuvre d’art: Julie Andrée T. est artiste, avant d’être actrice. En construisant un spectacle dont le sens résiste, mais pas la beauté, l’intrigant et la poésie, elle semblerait soudain rejoindre les préoccupations et éclats d’une Elisabeth Ballet, sculptrice que la CultEnews adore: métaphores et débordements du subtil.
T, comme: « t’es forte, Julie ».

Note: un autre spectacle, Rouge, était présenté au Festival (voir chronique de Fabienne Pascaud, ici), et sera repris au théâtre de la Bastille au cours de la saison 2010/2011. Exclu CultEnews: un entretien-portrait de l’artiste pourrait suivre dans les jours qui viennent.

***

Brèves de pavés

1 – Sarah en SR râleuse soupire que « Christoph » Marthaler ne s’écrit pas comme « Christophe » Bevilacqua – enfin Emma, tu l’as volée où ta carte de presse – ; et s’en va éditer une petite dizaine de liens et tags en traînant les pieds, avec les excuses de la rédaction.

2 – L’iconographe ne s’est malheureusement toujours pas réconciliée avec la cellule du Lumix. Vous pouvez continuer à envoyer vos dons – espèces, Paypal, timbres poste et monnaie de singe bienvenus.

3 – La Paparazza stagiaire va tenter de décrocher un CDD au bal mené par Rodolphe Burger sous le pont du 14 juillet. En attendant, le beau gosse le plus in du In c’est Jonathan Capdevielle, vu entre autres et of course chez Gisèle Vienne.

4 – une rumeur insistante suggère qu’il faut réintroduire la ruralité dans les débats: la chef de rubrique Bien-Etre recommande dès lors de fumer du thym contre la migraine.

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2 Commentaires Poster un commentaire
  1. Juil 14 2010

    Oh oui oui, on veut un compte rendu titre par titre du bal de Rodolphe !

  2. Juil 22 2010

    Un grand merci pour ce excellent article
    Amicalement
    Gilles

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