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13 juillet 2010

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Avignon – Jour Trois! [et retour à Gisèle]

par writer

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Addendum

[Chronique du 13 juillet 2010 remise en Une le 03 juin 2013 après visionnage de The Pyre.– la dernière production de Gisèle Vienne sur un texte de Dennis Cooper, présentée au Centre Pompidou du 29 mai au 1er juin 2013. La chronique du 13 juillet 2010 était dédiée à This is how you will disappear.]

The Pyre, très attendu, mondain, affichant d’ailleurs complet, a un peu déçu par certains côtés – en particulier sa mise en lumière – un couloir de néons d’autant plus désagréable qu’il nous a rappelé une récente production hasardeuse de Chaignaud / Bengolea (Twerk, dédié à la démonstration que l’abus de strosbocope nuit à la santé nerveuse) ; ce en quoi, Gisèle n’y est pour rien.

Au-delà du halo, The Pyre nous a plu pour sa construction toute en finesse ; et beaucoup ému pour son pas de deux entre une danseuse (adulte) et un danseur (enfant) dont l’histoire allait se lire à rebours dans le texte offert à l’entrée du spectacle ; un temps « dédié » (la salle restait ouverte aux spectateurs qui souhaitaient à mener leur lecture), et aussi, un livre splendide et glaçant, ni un texte d’accompagnement, ni redite.

Alors, ce qu’il y avait de beau dans ce spectacle tient peut-être à sa tentative d’attraper ce qui se passe dans un ouvrage quand on ne l’a pas encore ouvert – non pas la narration ; mais la continuation d’un geste, de l’ouverture des bras de la danseuse à l’ouverture d’un livre, et un et deux, et trois quatre ; Nick Drake.

« I think I started writing books about my mother because whenever I would speak of her honestly like now I felt a complicated agony beneath my words that talking openly can’t handle. »

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(Avignon, 13 juillet 2010)

Le Oups

Oh, ça fatigue et ça grince dans les rangs spectateur. Olivier Cadiot ennuie tellement de monde qu’il y aurait plus de places offertes à la revente que de retardataires qui en cherchent. Et inutile de vouloir se consoler à l’Open-Bar du Jardin: hier soir, il était fermé, fallait pas quitter le Palais et Marthaler avant l’heure, Darling! (Insider Note: il y en a un autre, moins select mais toujours festival In, rue des Teinturiers). Pendant ce temps, dans les bois…

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Le In: La Jeune fille et la mort / Gisèle Vienne

C’est du côté de la danse et du nouveau terme à la mode des « spectacles hybrides » que la surprise de taille est venue pour le chœur de Doctorantes Art de Vivre réunies hier – car, oui, la Reine Emily était de la partie pour This is how you will disappear, de Gisèle Vienne, création pour le festival 2010. Première surprise: il y a un décor – c’est-à-dire, pas de la vidéo ampoulée en trois dimensions et ces espaces dans l’espace dont l’année nous a lassées (spécial dédicace Corsetti et Warlikowski). Ce décor est une forêt bien sombre, un sous-bois  de conte angoissant. Une gymnaste s’entraîne (Margrét Sara Gudjónsdóttir). « Sois parfaite aujourd’hui » ordonne son entraîneur à la réincarnation de Coppelia. Ici et loin de Liddell, l’incantation à la performance n’est pas l’instinct vital – c’est un artifice dans un milieu de lichen et feuilles mortes du romantisme noir, à l’heure où les biches vont mourir, aux échos d’une angoisse lente comme un Gus Van Sant « Sois parfaite, ou tu finiras dans le torrent, ton corps défiguré dans des vêtements devenus neuf fois trop petits, et les passants s’arracheront les yeux plutôt que te regarder ». En trois scènes et deux transitions glaçantes, Gisèle Vienne plonge son public dans l’intranquilité de noyades dans les mares glauques, scènes de meurtres de série b. sous tente 3-seconds des scouts ravers, dont l’apparition saisissante de Jonathan Capdevielle en jeune rocker mégalodingue, parlant ainsi du meurtre de sa petite amie: « je voulais me tuer, puis je me suis trouvé trop important. Alors je l’ai tuée, elle ». Le miracle – et souvenir tenace – de l’ensemble  tient au travail de Fujiko Nakawa, sculptrice de brouillards japonaise, proche de Dennis Cooper qui a écrit les textes. En deux interludes elle glace la salle, métamorphosée en Styx, froide comme une morgue, bleue comme le corps avant sa pourriture. This is how you will disappear fait grimper la mort de la scène aux spectateurs accrochés à leurs gradins. En fin de séance, un Américain pète un câble, hurle, menace la rangée qu’il occupe: le noir complet se fait alors qu’il est expulsé de la salle, telle une figure vaincue par les fantômes qui de bout en bout ont semblé envahir le gymnase Aubanel. Stupéfiant.

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Toi aussi, apprends l’allemand avec Christoph!

Altmodish
Serait-ce
« Hors des modes », Monsieur Marthaler? demanda Walter B. en cherchant à « faire exploser le passé dans le présent ».

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Le Crying Out Loud / Papperlapapp

Marthaler - Cour d'Honneur - Avignon 2010

Grand loupé des Renvoyées spéciales qui ont très peu apprécié le Papperlapapp de Christoph Marthaler et Anna Viebrock, opéra-théâtre iconoclaste d’une lenteur qu’elle auront jugé pesante, alors qu’elles en attendaient au moins autant qu’elles adorent son créateur. Elles auront tout de même pu apprécier le Palais très las, tapant du pied, sifflant, et se vidant par vagues: le spectacle était dans la salle, sous le titre « Avignon Grognon », autrement commenté par une amatrice locale d’un « Tout ce qui est créé pour le Palais, est toujours raté ». Ce n’est pas tant que les pigistes CultEnews contesteraient la tentative d’hérétisme, ou qu’elles détestent les scènes qui se figent, les confessionnaux qui s’enflamment, et les musiques qui dérapent. Mais tout de même, elles ont eu l’impression que ça manquait de rythme, de rêve, de poésie et de surprises: bref, de théâtre. Chut, il y a aussi du monde, et même du joli monde, qui a adoré, dont les liens seront ajoutés dès que leurs articles seront disponibles, et d’autres qui ont sauvé les instants loufoques du « comique d’exaspération » propre à une création qui ne manquait pas d’ambition jusque dans son ironie à se ponctuer d’un « merci infiniment ».

Post-Scriptum du 17 juillet.
Exclu CultEnews! Un lecteur amoureux et difficile a fait parvenir ce message à la rédaction: « Vu Papperlapapp hier soir : j’en suis sorti enthousiasmé. Rarement autant ri et tremblé depuis longtemps. » Il regrette fort, au passage – tout comme les renvoyées spéciales, de ne pouvoir assister à Schutz Vor Der Zukunft (Se protéger de l’avenir) – présenté du 21 au 24 juillet au Collège Champfleury.

Consolation pour ceux qui ne pourraient voir aucune des pièces: arte Liveweb diffuse en direct ce soir la dernière de Papperlapapp en direct de la Cour d’Honneur, et la pièce restera disponible pendant deux mois. C’est ici, Yipihaw!

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Brèves de pavés

#1 – La Chef de rubrique Style proteste contre le port de chemises jaunes hors Tour de France, ça trouble méchamment les projecteurs.

# 2 – La Paparazza stagiaire a bien remarqué une certaine Jane initiale B. fatiguée de distribuer des autographes.

# 3 – Blague de pigiste pureplayer: le restaurant grec de la place des Carmes accepte les tickets restau, les chèques vacances, à voir pour les tickets de métro.

# 4 – Enfin, l’icono signale qu’elle n’a plus d’images en stock suite à fugue du Lumix (vous pouvez envoyer vos dons au 3333).

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Pétrarque vous écrit!

« Ici, les muses, revenues d’exil, partagent ma retraite: rarement survient un hôte, seulement attiré par les prodiges de la célèbre fontaine […] Je passe l’été à la fontaine de la Sorgue: je n’ai pas besoin de t’écrire la suite pour que tu la devines. »

in Séjour à Vaucluse, Rivages Poche.

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Un commentaire Poster un commentaire
  1. Clara
    Juil 16 2010

    Miss you girls !!!

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