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11 juillet 2010

L’édition Avignon 2010 – Jour Un!

par writer

Le Off

C’était promis! Avignon, fête des scènes sans comédie, jour par jour ou presque. Les amatrices éclairées au bord de l’allumé ont sorti les talons tout pavé, attrapé les contremarques, et, ouf, car il faut bien, aussi, nourrir Diogène, déniché un traiteur grec pour frigo comme ouzo, qui préfigure une semaine à base de régime crétois.

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vers le site du Festival d'Avignon

Christoph M. chante Schubert

Hier soir, lecture d’Olivier Cadiot, L’Affaire Robinson, diffusée en direct sur France-Culture. Soit une heure un peu ronronnante d’extraits des textes lus dans le décor de Papperlapapp. Cour d’Honneur, un tiers de sièges est resté vide (mais la jauge est de 1200 places, tout de même). De quoi, finalement, se laisser rêver, prendre des notes sur la semaine qui s’annonce et la météo paisible des vacances, et, très vite, perdre le fil des narrations, énumérations, et autres mises en abyme. Et soudain, depuis une fenêtre gothique, une voix monte alors que Cadiot poursuit sa lecture. « Houhou, Monsieur Robinson. » « Houhou, Monsieur Robinson… » Oh, mais ce n’est pas Robinson, à la fenêtre: c’est Christoph Marthaler, qui chante un lied de Schubert d’une petite voix de berceuse – apparition, un ange barbu ou un bear à lunettes, dont le ténor joué en fausset comme une ironie sucrée envers les critiques acerbes ayant regretté l’hérétisme et même « l’ennui » de sa création Papperlapapp. C’est exactement cet « ennui », peut-être, qui se retrouve dépecé d’une chanson: au premier jour, pour la chroniqueuse amatrice à la cuisse pas que tendre, s’élève déjà la promesse de l’inattendu et la récompense des longueurs au fond d’un strapontin soudain terrassée par la grâce.

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Toi aussi, apprends le Grec avec la Catharsis!

τίς ἔσθ᾽ ὁ χῶρος δῆτ᾽, ἐν ᾧ βεβήκαμεν;
« Mais quelle est donc cette contrée où nous sommes arrivés? »

(Sophocle, Oedipe à Colone)

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L’Ivresse de la culture

A bonne soirée, bons coups à boire: c’était un très grand plaisir de finir la nuit dans le saint des saints de l’ivresse, soit le pourtant bien calme Bar du Festival, très select aussi, où Emma a devisé gaiement et tardivement avec un critique aussi sympathique que cultissime et le metteur en scène Xavier Boussiron, très drôle, autant que les spectacles de la Compagnie du Zerep, qui nous avait bien diverties à Beaubourg cet automne. Un bon souvenir à retenir qui effacera de s’être fait ramasser par un apprécié-et-oui-sans-doute immense-etc., dont nous aurions imaginé euh, rien en fait, juste moins de rudesse. Ah, mais Baby, le monde, Baby, le monde, tu sais… Et oui, tout un monde, et c’est aussi pour ça qu’on aime y vivre en tout sourire, relax – enfin, relax, quinze jours par an, quoi.

Good news, la référence dite « Billecart-Salmon » soit le top des bulles 2010, est proposée chez un caviste qui promet le Vin devant soi, et se trouve tout près de la place de l’Horloge au 4 rue du Collège du Roure (en retrait de la rue de la République derrière le glacier). En plus c’est ouvert jusque minuit, pour millésimes à faire oublier tout échec en Off et crus du pays qui ne cingleront ni la tête de l’alouette ni le budget Contremarques. Cheers, Darling!

Ciel à Avignon, 10 juillet 2010.

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Le Baiser du metteur en scène

« Il y a un mot allemand qui n’est pas traduisible dans les autres langues, die Sehnsucht: j’ai la Sehnsucht d’être quelque part tout seul et de faire quelque chose pour moi et que j’aime. »

Christoph Marthaler, in Mélanges pour le Festival d’Avignon 2010 (P.O.L)

Note de la claviste: Monsieur Marthaler, pourrions-nous appeler cela, par exemple, un « désir de joie »?

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