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6 octobre 2009

Octobre! La fête de vos soirées!

par writer

Le Off


Votre correspondante Emma qui rit qui pleure aura rédigé cette CultEnews entre la terrasse de la Cinémathèque les beaux jours, la BNF l’air d’un rien dans ses yeux maquillés par tant de beauté, quelques cafés presque berlinois, il y en a, et nombre de nuits blanches à l’eau minérale… La So Reel, qui ne simule jamais, danse la splendeur d’une rentrée comme elle n’en rêva même plus, sauf peut-être en Sixième… D’un coup d’ailes et quelques lettres de l’alphabet, la revoilà pour vous distraire avec une nouvelle édition. Comment ça, Emma est ivre  ? Mais non, elle est plus livre que jamais… Please feel free to enjoy and share, elle aime tellement ça, vous faire plaisir.

Les jolies contes-offerts de nos veilles


Un film de Valérie Mréjen et Bertrand Schefer - 2009

French Courvoisier -Un film de Valérie Mréjen et Bertrand Schefer - 2009 - Avec l'autorisation des auteurs

Boire, c’est la santé

C’est pudique, ça frappe fort, c’est CultEnews. French Courvoisier, le court-métrage de Valérie Mréjen et Bertrand Schefer, a impressionné la pigiste cinéma d’un jour, pas seulement parce que c’était joli de retrouver quelques abonnés, présents et souriants à la projection très réussie.  Emma avouera qu’elle supporte assez mal les « scènes de dîner » classiques du cinéma français, il est vrai qu’elle s’est dispensée depuis longtemps des « scènes au dîner » puisqu’elle mange seule, ou ne mange pas. Par un tour plus fort qu’un Armagnac hors d’âge, French Courvoisier, avec l’accent s’il-vous-plait, tord le cou au cliché de l’exercice de style et dissèque la frontière toujours délicate entre intime et alter, sans tomber dans les affres des autofictions et les écueils des confessions. Le film, pour le moment, n’est pas diffusé au grand public, et même si votre camériste myope, maniaque de la prise de note, en a relevé la dernière réplique si cinglante et si juste, elle ne gâchera rien de la surprise lucide, et dira simplement que c’est important de bien nettoyer ses lunettes, mais point trop non plus car ensuite la buée perle aux cils des autres. C’est cette buée que le film a saisi à l’instant de rendre larme.

***

Heiner Goebbels - I Went to the House but I did not enter - Mario del Curto

Heiner Goebbels - I Went to the House but I did not enter - Photo: Mario del Curto

Dans la maison d’Heiner

Les Doctorantes l’attendaient avec une très grande impatience, et avaient bien raison. I went to the house but I did not enter, d’Heiner Goebbels, n’a pourtant vraiment pas fait l’unanimité du public – assez odieux, on aurait cru que la grippe A avait frappé les bronches, et encore moins de la critique qui en assaisonna méchamment un déjeuner, pas de nom, la pigiste n’est pas intime. Mettre en scène la chanson de la littérature, en des tableaux statiques où la vie s’insufflait par d’infimes déplacements, était certes un pari très risqué, mais deux Belles sensibles s’y sont laissées bercer sans un instant sombrer dans l’ennui. Oui, certes, l’ânonnement de T.S Elliott ou de Beckett tenait du murmure des Laudes, mais nos jarretelles adorent le détournement des transsubstantiations. La Réd’Chef, qui reconnaîtra parfois des émois indignes d’amour, y a bu très exactement ce qu’elle désire du bord des scènes, ce miracle de la consolation qui surgit dans la suspension apparente de l’action et du sens. C’est si rare, si sensuel, que ce calme.

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Le Si de la jalousie

« Wir, arme Leut… »

C’est si précieux, pour les snobs désargentées, d’aller à l’Opéra, qu’elles se donnent tout le mal possible pour rencontrer des exigences à la hauteur de leur fantasme, ça arrive. Par la grâce d’une rentrée qui se déroulait ailleurs, et de conseils amicaux très éclairés,votre correspondante réserva à la dernière minute et d’un énième découvert une place au poulailler. Mais la CultEnews, c’est un conte en mode majeur, alors la mélomane du sentiment se retrouva placée au parterre et en bonne compagnie. Au-delà de l’anecdote plaisante, le spectacle fut magnifique et les voix humides portèrent jusqu’aux fonds des rétines. La jalousie, c’est toujours une erreur, n’est-ce pas, et quand Christoph Marthaler l’illustre, c’est un décor entier qui devient le poison, un pas-de-deux qui étreint le meurtre, tandis que les hurlements de corps de garde teignent les chemises de brun. Cruel, dit-elle, violent, soupire-t-elle, que cet avortement des illusions, oui, ta mère est morte, et toi aussi, tu sais. C’est pourtant exactement ça, l’art lyrique au sommet qui nous sied… Alors, c’est promis, nous offrirons un baiser sur la pelouse, à l’heure de l’entracte et des paniers pique-nique, à qui nous parrainera pour voyager à Glyndebourne d’où nous vous écririons bien un conte halluciné.

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Avec deux L comme libre livre.

Avec deux L comme libre livre / Photo: Emma Reel.

El Oro de Malcolm

Longtemps, presque cinq mois exactement, la SR en grève de zèle a écrit Malcolm avec un seul L, en oubliant qu’il en fallait deux pour voler. Quelques coups de règle sur le clavier plus tard, 2009 est encore, pour quelques mois qui se résumeront vite en semaines l’année du centenaire de la naissance du grand Lowry… il n’est donc pas trop tard pour une amende honorable… l’oubli, jamais, a chuchoté la Muse apprentie auteure à à la ponctuation qui la dressa. Il y eut deux colloques, l’un à Fontevraud en mode mondain, l’autre à Vancouver en mode universitaire. Une biche recalée en licence a beaucoup appris, à cette occasion, auprès d’un grand américaniste lillois et le remercie d’un sourire, ne serait-ce que pour son étude titrée « Pathologies of Knowledge », qu’elle aimerait beaucoup lire. Lowry, dans le vidéo-projecteur de Guy Cassiers qui dévoile ou masque le Mexique et son Consul, est peut-être une pathologie de l’aveu, cette caricature d’un savoir partagé par erreur et finalement vomi comme le mot tombé par trop plein d’une mâchoire sous l’effet de l’alcool. Sous le Volcan, descente en enfer pour une paix qui jamais jamais ne se trouve…

…Bien Borracha, Emma.

A nous les contremarques

Orhan Pamuk, Lecture, Odéon, le 5 octobre.

Il faut bien avouer que la Renvoyée spéciale de tous les passe-droits cite cette soirée pour frimer. Car oui et sans comprendre pourquoi, elle y fut invitée, par Gallimard, s’il-vous-plaît, ce qui laisse un espoir pour décrocher un entretien avec Monsieur K. A priori la guest list n’est pas venue de Laclavetine, bien descendu époque Triste Tristan, pas lu plus tard, alors qu’il a pourtant de bons goûts musicaux. Ne gâchons pas notre joie, contrairement à quelques malheurs de la gratuité, le moment fut exquis, même si la littérature de Pamuk n’est pas tout-à-fait celle qui nous fera le plus frémir… quant à Fanny Ardant, on commentera d’une sobre indulgence que sa voix magnifique compense le port d’un crucifix assez voyant qui nous interrogea beaucoup. L’anormalienne excentrique a encore plus adoré le débat qui suivit, et les questions pertinentes, le mot est bien mérité et c’est trop rare, de la Chercheuse, CNRS tout de même, ULB aussi et Dieu sait s’ils sont doués, Madame Sophie Basch (beaucoup de ses conférences sont en ligne si vous suivez le lien). Brillant, efficace, rigoureux, intéressant, vingt-cinq fois « J’aime »…  quand les femmes savent y faire et pas que leurs ongles… c’est so CultEnews.


L’interlude classique de la quinzaine

« Le moyen le plus sûr de cacher aux autres les limites de son savoir
est de ne jamais les dépasser. »

Giacomo Leopardi, Pensées, Editions Allia.

Le Jeune Chanteur - 1640/1650

Georges de la Tour - Le Jeune Chanteur - 1640/1650

Brèves de trottoir

Agenda vite vu

C’est presque trop tard et donc encore temps, La Douleur, de Marguerite Duras, fait parler d’elle au coin de l’oreille par les plus douces bouches, pas très étonnant puisque c’est tout de même une mise en scène Chéreau Adoré et Thierry Thieû-Niang le complice. De jolies jambes, elles essaieront, y joueront les discrètes en fin de semaine. C’est au théâtre de l’Atelier, qu’on aime bien, c’est officiellement complet, on aime moins… mais si vous vous fiez à l’expérience des Kamikazes CultEnews, vous savez de longue date que se déplacer permet souvent de racheter un siège égaré, alors…

Très hautes recommandations, aussi, pour La Commission centrale de l’enfance, mise en scène de David Lescot. Comment ça, ce n’est plus joué? Mea maxima CultEnews, nous ne l’aurons pas vu, mais c’est repris en province.

Aucune excuse, en revanche, pour manquer Des Témoins ordinaires, la nouvelle création de Rachid Ouramdane, à partir du 8 octobre au Théâtre de Gennevilliers, et d’ailleurs la Correspondante y sera. Ah bon, Gennevilliers, c’est loin? Mais non! Promis, pas besoin de prendre l’Eurostar ni son passeport: le passe Zone 2 suffit! C’est aussi un très beau théâtre, tout de même beaucoup plus près qu’Avignon, où les snobs Demoiselles se ruent si goulûment… Merci, au passage, au Philippe So Casse-Tête qui accompagne souvent la pigiste de ses mots doués et lucides, et a rappelé à la CultEnews cette programmation-là. Le beau plan CultEnews qui ne laisse personne en rade: le 27 octobre, une rencontre avec le chorégraphe est organisée au théâtre, c’est gratuit, c’est un atelier!

Et dans la série « Arrrrrggghhhh, j’voulais, j’ai oublié », la clopeuse et jouisseuse Emma est very furieuse de n’avoir pas pensé à réserver bien en avance pour le concert de Brigitte Fontaine au Palace… quoi que nous doutions fort qu’en ces temps de Prohibition la voix de la Dame indigne y suffise à faire oublier l’interdiction de fumer. Avis aux fans: elle est à Lille le 6 novembre, entre autres.

Consolation: le même soir, le trio de Doctorantes pleurera devant le magistral (A)ppolonia de Warlikowski à Chaillot. Faites vite si vous êtes tenté de goûter l’air de la tragédie polonaise, la plupart des dates sont déjà complètes.

La nécro dont on se passerait bien

Nelly L’Archange a choisi de décoller le 24 septembre, après quelques récits, « autofictions » qui connurent un petit succès en France dans les années 2000, et aucun ou presque dans son pays d’origine, le Québec. Nelly, nom de guerre Arcan, était l’auteur de Putain, éditions du Seuil, qu’elle fut un instant. Nous ne l’avons pas lue, nous avons juste très bien aperçue qu’elle est partie sur beaucoup moins de bruit qu’on n’en fit de son travail d’escort. Et nous avons pensé d’une émotion de trop combien souvent, les hommes étaient autorisés à être doués, et les femmes à devenir folles, pas forcément aidées par le marketing de leurs charmes – mais oui, bien sûr nous sommes si belles, nous nous devons d’être belles pour être publiées… C’est faux, bien sûr, mais peut-être pas assez, pourraient dire Mireille H., Camille C., Sarah K. et quelques autres qu’une édile dût trahir pour ne jamais les rejoindre.

Le baiser de la fin

La beauté surgit parfois d’une intention ambigue.


Remerciements particuliers pour cette édition: Philippe K., Philippe C,
Mathieu D., Valérie M., Vincent L.
Cette CultEnews est dédiée à vous faire sourire.

Prochaine édition: 16 octobre or so.

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