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Articles tagués ‘Mathieu Larnaudie’

18
avr

Edition de la mi-saison

Une édition corsée et corse avec l’étoile Leccia, à placer sous le signe du proverbe ‘Noël en caleçon, Pâques en balconnet’. Happy reading!

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La Nuit Desanti

Nuit Bleue, d’Ange Leccia, projeté cette semaine à l’Espace Saint-Michel (il a été réalisé en 2008) est un film muet, comme était muette la Callas qu’Ange avait figée pour une Nuit fraîche dans les jardins du musée Rodin, en 2009. Passée la première phrase du film, tout ne se jouera plus que dans les regards, les gestes, la profondeur des plans et un grondement de vagues, à l’exclusion de quelques phrases et d’un Miserere polyphonique. Un enterrement, des hommes de mèche, du feu aux poudres. C’est presque assez lent pour l’ennui, mais cette lenteur qui grandit devient manière d’enserrer la tension pour qu’il n’en subsiste que l’éclat des phares. Ange Leccia, Corse, et sculpteur d’écran (ici raconté autrement par Dominique Gonzalez-Foerster et Tristan Bera), ponctue son film de tableaux, citations de ses oeuvres (énumérées là) ou des œuvres d’autrui (La Barque de Dante) tels des cartons récitatifs pour romance insulaire.

Il y a Antonia (Cécile Cassel), et sa veste de mouton retourné trop bien coupée, sa belle peau L’Oréal, qui signe la Parisienne de passage. Il y a Ettore, barbu-bourru. Et il y a Alexandre, aux cheveux bouclés comme Gabriel. Comme c’est du cinéma, Antonia va détourner Alexandre de la cause, et abandonner Ettore à sa passion des explosifs. Comme c’est Ange Leccia, cela ne se fera pas sans un long travelling photogénique, esthétisant  les dynamitages. S’il y a quelque chose qui frappe dans la mise en scène, c’est la représentation du combat: la limite entre ‘forces de l’ordre’ parfois aperçues, et forces ‘de l’ombre’-Canal historique, si elle est identifiée par la narration, dépasse l’hommage au cinéma du genre en annulant les signes de reconnaissance qui seraient propres à chaque entité. Valorisation des hommes, du silence, de l’efficacité, de la discipline… toute l’imagerie semble vouloir dire que les gestes de guerre se ressemblent, dans un effacement du  parti-pris face à la ’cause’, qui ne sera, ici, traitée ni comme résistance ni comme terrorisme. Il y a pourtant bien questionnement de l’adhésion, et de ses incertitudes. Lorsqu’Alexandre veut se galvaniser, ce n’est pas une polyphonie qu’il écoute. Il met la télé, il se repasse une vidéo du Sporting Club de Bastia au son d’une techno bon marché. Il semble y chercher quelqu’un, peut-être ce Jean, disparu en mer qui hante le film de son cercueil, mais c’est le drame de l’effondrement des tribunes de Furiani qui vient à l’esprit (après une étude minutieuse des maillots, les images sont, en réalité, des archives des années 1970, où se joua sa première finale de la Coupe de France pour le club, face à l’O.M et non pas la demi-finale de 1992)

Mais c’est une autre disparition  qui viendra hanter ce film, après défilement des crédits. On apprend que la première phrase, dont l’écho aura traversé le maquis,  est de Jean-Toussaint Desanti, puis en cherchant la référence, on découvre le décès de Dominique Desanti, le 8 avril 2011, presque dix ans après son mari. Liens du songe: il n’y a peut-être pas de hasard à ce que ces deux figures de l’engagement, amoureux du XXe siècle, qui ont incarné la survivance à la grande traversée de l’Histoire, viennent à nouveau s’étreindre au bord de la nuit corse.

“Pourquoi devient-on l’ami de quelqu’un que l’on rencontre? Pourquoi veut-on le revoir? Parce qu’on entrevoit qu’avec cette personne va s’établir un rapport de consonance et de complicité, un désir de présences réciproques, un désir de paroles réciproques [...] dans lequel les corps sont toujours intéressés – ils sont toujours là – et qui exige son renouvellement.”

La Liberté nous aime encore, Dominique et Jean-Toussaint Desanti. Editions Odile Jacob, 2001

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La Tentation de Saint-Antoine / détail 'Le messager du diable' - Jerome Bosch

Sur les cons d’Avignon

Souvenons-nous donc qu’en juillet 2010, Avignon nous était soudain apparue comme une ville faussement ouverte à la création, et pourquoi pas, même, la subissant de manière simplement opportuniste. Il n’y a donc pas d’immense étonnement, mais tout de même de la consternation,  à avoir appris que deux pièces d’Andres Serrano exposées à la Collection Lambert ont été sauvagement vandalisées par quelques bas-de-la-calotte. Sans hasard, cela rappelle l’incendie volontaire de 1988 au Cinéma Saint-Michel contre la projection de la Tentation du Christ, qui avait fait 13 blessés. Ce cinéma, devenu Espace Saint-Michel, a connu une nouvelle attaque de nature et cible différente cette fois-ci contre Gaza Strophe, le 3 avril (rapportée par le Post). L’obscurantisme est d’une cohérence qui donne décidément bien mal au crâne.

…/…

Τοὺς πλείστους ἔλεγε παρὰ δάκτυλον μαίνεσθαι· ἐὰν οὖν τις τὸν μέσον προτείνας πορεύηται, δόξει μαίνεσθαι, ἐὰν δὲ τὸν λιχανόν, οὐκέτι.

Quant à Diogène, il disait que beaucoup de gens passaient pour fous à cause de leurs doigts, parce que si quelqu’un portait le doigt du milieu tendu, on le regardait comme un insensé,
alors que s’il tendait le petit doigt cela n’arrivait point.

Diogène, Mon coeur, comme toujours, soyons fous:
fêtons Pessah aux Calendes grecques et Pâques en balconnets.

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Brèves de trottoir


>>> Bravo à Point-Ligne-Plan pour sa sélection de 100 vidéos d’artistes en VOD – qu’on ne découvre que maintenant car être pigiste, c’est toujours rester un peu godiche: Ange Leccia, Valérie Mréjen, Dear Vincent Dieutre, Valérie Jouve ou Dominique Gonzalez-Foerster… qu’il pleuve ou neige cet été, on sait qu’on ne va pas s’ennuyer, et ça s’annonce aussi idéal pour le train de nuit jusqu’à Venise.

 >>> Pont-à part-ou-presque, le Festival d’Avignon 2011, avec l’artiste invité Boris Charmatz, se déroulera du 6 au 26 juillet pour le In et du 8 au 31 pour le Off. Sophocle aux Carrières de Boulbon sous la houlette du mélo Wajdi Mouawad-et-polémiques-migraineuses, Jeanne Moreau et Etienne Daho pour Le Condamné à mort de Genet plus consensuel, ou le plus rare Tino Seghal (ici raconté par le New York Times si vous ne le connaissez pas). Faites vos choix, les réservations ouvrent au mois de juin.

>>> Julie Andrée T., performeuse et plasticienne canadienne, s’installe au théâtre de la Bastille avec Rouge du 6 au 10 mai : elle avait, l’an dernier, offert bien des raisons d’aimer  Avignon, comme quoi aucune vérité ne saurait jamais se figer.

>>> Cannes, c’est du 11 au 22 mai. Une occasion comme une autre de vous inviter à lire Disorder in Discipline, qui s’y connaît beaucoup mieux qu’ici, et une occasion, aussi, de garder un oeil sur la sélection de la Quinzaine des réalisateurs – et, réalisatrices, aussi (UPDATE: au 19 avril, la sélection du film de Valérie Mréjen et Bertrand Schefer, En Ville ,est ‘confirmed‘, information qui a immédiatement provoqué un smurf de la stagiaire ciné). Hélas, on n’a toujours pas le budget et les accréditations pour l’envoyer vous conter les coulisses, puisqu’il est interdit de dormir sur la plage, seul espace que la comptable nous autorisait pour cette occasion.

>>> Paris en toutes lettres, c’est du 5 au 8 mai. Le programme, resserré, ne laisse pas de place au sommeil: rencontres, lectures et fêtes non-stop dont pas mal de rendez-vous avec des écrivains déjà cités ici (Mathieu Larnaudie le 8 au 104 ; Mathieu Lindon le 8 au Point Ephémère…), et d’autres jamais vraiment cités faute de temps mais appréciés (Iain Sinclair et Philippe Vasset le 7, Jean-Charles Masséra…).
C’est aussi une bonne occasion d’aller découvrir la Gaîté Lyrique, nouvel espace numérique de Paris à la programmation ultra-hype-Baby (et désirable! et de qualité!), avec entre autres une performance de Frank Smith et Pierre Giner le 6 mai autour de Guantanamo. Dans une veine voisine, les reporters Guillaume Herbaut et Bruno Masi y présentent leur travail sur Tchernobyl, Zone, du 26 avril au 10 mai (lecture le 7 mai). Leur site, ‘Retour à Tchernobyl’ est à explorer ici.

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Cette édition ne serait pas complète sans une pensée pour Tom & The Raukettes.

13
juin

L’édition sous le manteau!

Le Off

Il était temps de l’ouvrir ce manteau, il y eut des plaintes contre le printemps tardif, les connexions aveugles, et jeux de mots sans passe, et puis… tant de retard alors que nous avions peu à dire, hydres ivres épuisées par un temps soudain devenu forfait jour.
Pendant ce temps, hélas en Hellas, et soudain aussi en Belgique…

Τὰ ζῷα λυπεί γὰρ αὐτὸν ἡ χώρα πορθουμένη.
(les animaux pleurent le pillage de leur pays)

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Scènes & Sauves

“Probably not, God answered. Please Chiquita, don’t cry. You still have hope, dream, and delights of mind left.” (B-M.K, carte postale à Madeleine)

La Ronde au carré - D. Dimitriadis - Odéon 2010 - Photo: E.R.

Il fallait bonne humeur et espoir pour faire face au dernier des Dimitris Dimitriadis présenté pour sa rétrospective à l’Odéon, La Ronde du carré, en première mondiale s’il-vous-plaît. Conte cruel, une farandole de trois couples défaits plus vite que les draps a entonné l’éternel refrain macabre et désenchanté des cœurs échoués. Le metteur en scène Giorgio Barberio Corsetti, “of Howard Baker émois” d’un Cas Blanche-Neige mémorable, a donné le rythme de la consomption des ruptures dans une scénographie éblouissante comme une bague de fiançailles, trop éblouissante peut-être par rapport à l’intrigue. La pigiste ès-catharsis a moins aimé la pièce, son texte, que la tentative de tour de force d’une mise en abyme qui n’a pourtant pas suffi à lui donner le tournis, mais aimé lire la critique de Fabienne Darge, dans Le Monde du 15 mai.

Dans la série “A nous l’entracte” ah-mais-non-fcuk-la-déclaration-le-tiers-provisionnel, s’il reste quelques centimes, Combat de nègre et de chiens de Bernard-Marie Koltès est à découvrir jusqu’au 25 juin 2010 au théâtre de la Colline, dans une mise en scène de Michael Thalheimer. La critique de Jean-Pierre Thibaudat (aperçu souvent, ici et là et ailleurs, mais pas toujours après l’entracte) en donne bien envie.

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Faire-Part


Les Araignées, ses filles,

ont eu la tristesse d’apprendre le décès de Madame Louise Bourgeois.

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Le Titien - Vénus à sa toilette - 1555

Littérature sans la rature

Deux lectrices déjà bien déniaisées attendaient de se laisser surprendre par Sévère, de Régis Jauffret, et sont ressorties très déçues: la maison huit fois close tient d’un bordel à la frontière des Flandres, et c’est Cécile qu’on assassine. Phryné, arrivée trop tard au tribunal pour conseiller à sa fausse-suivante de dégrafer son corsage, avait regretté qu’il n’y ait eu personne pour répondre, non pas au prix de la pute, mais à la valeur de la passe. Car après tout, si Cécile était non le bras mais la main droite d’un banquier, elle en méritait tout autant salaire que les membres du conseil d’administration où elle n’était pas invitée à siéger.

autrement mieux dit par un e-mail de Judy-Rose envoyé à Emma… “J’ai fini de lire Sévère au bord de l’eau, peut-être pour rendre hommage à la fontaine ithyphallique qui domine Genève et son lac. J’avais été saisie par les 37 premières pages: une sorte de gel intérieur à découvrir sous la plume d’un écrivain un univers fantasmatique qui m’avait intriguée au point d’en découper les brèves évoquant les détails d’une histoire qui aurait dû n’être vouée qu’au silence des placards familiaux. Pourtant, très vite, ce livre m’a fatigué.

Sévère, joli titre, passe à côté de son sujet. Ça n’en fait pas en soi un mauvais livre, mais c’est un livre TGV, qui n’énonce rien, d’une histoire qui mériterait plus de profondeur, notamment puisqu’elle est romancée, et même si elle était commencée comme ça. Je crois que la vraie question est ratée parce que le livre est écrit par un homme, ou peut-être juste par cet homme-là, qui ne se demande pas en quoi la réplique culte “Un million, ça fait cher pour une putain”, n’est pas dans son prix, ni dans quelle mesure Cécile aurait manipulé pour l’obtenir, mais au nom de quoi et qui elle le demandait. De bout en bout, le livre trébuche sur ses enjeux, dont l’évocation des liens entre Capitalisme et prostitution. Il ne tombe pas pour autant dans le roman de gare, ne se prend pas les pieds dans la morale, mais n’évite peut-être pas tous les clichés, dont celui de la femme dévouée à son mari, son amant, jusqu’au meurtre. Que l’héroïne soit dessinée comme stupide, ce qui est certes fidèle au portrait qu’on offrit d’elle au procès, renforce le sentiment d’un monologue vain. Personnellement, la littérature du vide, ça ne me branche pas.”

Loin de ce vide-là, mais plus près d’un autre gouffre, les Subprimes, Mathieu Larnaudie mène une dissection du moral d’acier santé de fer des Effondrés acteurs de la crise américaine de 2008 (chez Actes-Sud), dont chaque chapitre mériterait une étude de ponctuation par Jacques Drillon. “La confiance est un tube de rouge à lèvres” (et la faillite est une semelle Louboutin?), autres moyens, rythmes et mots qui dévient l’impact des courbes de la Bourse sur le coût  des assurances-suicides à Wall Street et saisit sans commentaire l’indifférence de quelques figures qui dévastèrent les banlieues par hypothèque. Une lecture en cours d’un livre qui a reçu un très bon accueil presse de l’Humanité au Monde.

Dans un autre spectre des rapports entre réel et littérature, la biographie de Gilles Sebhan, “Tony Duvert, l’enfant silencieux” (chez Denoël), dessine un traitement à l’opposé du délaiement d’un fait-divers. C’est très loin de “vie et mort d’un pédophile”, tel que pourtant titré sur le site web d’un hebdomadaire. Sebhan n’enquête pas sur la réalité des accusations imputées. Il écrit, voix neutre loin du quand-dira-t-on, sur ce qui a ouvert le mutisme, l’emmurement volontaire, la famine puis la mort chez l’écrivain célébré, Prix Médicis 1973. Récit, plus qu’essai, d’une enquête respectueuse, le livre effleure la naissance du silence et le choix de sa propre condamnation par un homme peut-être donc pas si indigne, en prenant garde à ne pas s’ériger tribunal. Ça repose: la littérature du silence, c’est meilleur que la littérature du vide.

“Durant vingt ans un homme s’est suicidé, sans même que ceux qui l’aimaient y puissent rien.
Après ça, on peut encore détester cet homme. Ce n’est plus notre affaire.”

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Chut… Regarde: un ange passe!

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Le quizz de juin des filles de joie

“Eh quoi, vous imaginez-vous que je prendrais à écrire tant de peine et tant de plaisir, croyez-vous que je m’y serais obstiné, tête baissée, si je ne préparais – d’une main un peu fébrile – le labyrinthe où m’aventurer…”

(la première personne à reconnaître l’auteur de cette citation recevra un baiser “Rose Velours” sur Velin 160g.)

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Les vacances des contremarques

Haut les cœurs! Deux rédactrices CultEnews se retrouveront vite vite, en séminaire annuel pour le mythe et maillot de bain pour l’intox: à Avignon, bien sûr. La Renvoyée spéciale a déjà préparé sa valise, mais n’a bien sûr toujours pas réservé ses billets. Car les réservations, c’est à partir de demain 9 heures, . Vite, vite: priorité à Olivier Cadiot, Gisèle Vienne et Christoph Marthaler. De Marthaler, la CultEnews garde le souvenir bouleversé du Wozzeck d’Alban Berg, présenté à l’Opéra-Bastille, d’autres n’ont rien oublié de Schutz vor der Zukunft (Se protéger de l’avenir), en 2005 à Vienne, joué dans une section de l’hôpital Otto-Wagner: cette dernière création, qui évoque le passé sordide de l’hôpital, où se menèrent pendant la Seconde Guerre mondiale des euthanasies sur les malades mentaux, sera également reprise à Avignon.

Oh Oh, mais cette année les ponts s’annoncent plus confortables que 2009… Gloria Tibi CultEnews, et peut-être, surtout, l’envie de se faire plaisir entre copines un soir d’été avant qu’une Joly devienne tranquillement… jeune Maman. (Ah bon? il n’y a pas que les amants et le grec dans la vie?! If Only, Baby.)

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Brèves de trottoirs

Tous les programmes de la rentrée sont bien arrivés joliment enveloppés de papier de soie dans la boîte aux lettres CultEnews. Pour l’instant, ils ont rejoint la boîte “Déjà?”. Et oui, déjà, mais un peu tôt, aussi, pour y penser alors qu’il n’y a pas eu d’été.

Et les beaux jours sans voyager, ce sera d’abord Paris Quartiers d’Eté, sa scène au cœur du Palais-Royal, ses Petit Chablis en terrasse du Nemours. Nul doute que le public se pressera joyeux pour chanter “C’est la grande mode à Paris”, et pourquoi pas reprendre en chœur avec la Môme Crevette les Nuits d’une demoiselle. La Dame de Chez Maxim’s mise en scène par Jean-François Sivadier, qui avait fait l’an dernier un tabac absolu à l’Odéon est reprise du 15 au 31 juillet au Monfort (75 015). Le 14 juillet, la répétition générale sera ouverte à tous et gratuite, il n’est pas précisé si c’est sous condition de chanter la Marseillaise.

Cette année offrira également des retrouvailles avec un chorégraphe que nous n’avons jamais rencontré: Dominique Bagouet, dont le Grand Théâtre de Genève reprend Schnell et Jours étranges. Jours étranges, oui, que les années 1980-1990, où les talents s’envolaient avant même d’avoir eu le temps de se faire connaître. Bagouet, décédé en 1992, fut l’une des grandes figures de cette prise de conscience où le sida nous a brutalement regardées d’un peu plus près que ses capotes.

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Au coin de la rue d'un bout du monde. Photo: E.R.

Le Baiser de la fin

“Comme nous sommes sages ! Comme nous travaillons ! C’est bien. C’est le genre de douceur que la dureté de l’époque nous laisse.”

(Un cartographe du sismographe)

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Sur le phonographe: Jacques Brel et Wait What.

Spéciale dédicace: Céline de Wall et Aline W. Princesses de l’ULB ; remerciements aux soutiens du projet “Ah.” et à tous ceux qui contribuent, chaque jour et à chaque touche, à enchanter les arts.