Edition ordinaire.
Le HMPFFF
Benghazi – Sendaï – Lampedusa
[...]
***
- Pages de grâce –
Dominique Conil, Une Fille occupée (Actes Sud)
On a croisé la “Fille”, on connaît le goût de l’adjectif, mais au-delà des logiques du signifiant, Une Fille occupée est un roman, qui soigne la mythologie des contes pour braqueurs sans se dissoudre dans une baignoires d’acide, mais bien davantage une leçon d’écriture. Il faut lire en traquant les italiques qui soutiennent le récit ; observer les contraintes du récit qui se déploient en partant de clichés pour pulps SAS pour atterrir très loin vers une chute qui ne cadre pas avec l’intrigue ; vers le large de la littérature et ses maîtresses, Angot, Duras, Lou-Andréas. C’est, aussi, une interprétation sans impasse de l’amour voyou, qui évite les bons sentiments: un jeu rafraîchissant entre petite et grande histoire, où l’on s’attendrait à voir cité le GIP si les prénoms s’y ébauchaient de plus d’une syllabe, syllabe peut-être laissée en suspens pour que le personnage ne prenne pas le pas sur l’intrigue. Pour en savoir plus, faites un tour sur le Book Club de Mediapart qui a rendu un très bel hommage à l’ouvrage, ou encore écoutez le Jeux d’épreuve qui lui a été consacré, le 12 mars, qui en dit beaucoup, beaucoup, de bien – et c’est un programme, pourtant, joyeusement piquant.
Mathieu Lindon, Ce qu’aimer veut dire (P.O.L)
La rédac’ chef un peu relou-limite-pénible a demandé à l’expert philosophe known as MPB de confier ses impressions sur la pièce nostalgique de la seconde “rentrée” littéraire, paru en janvier. L’ouvrage en a fait ironiser d’autres sur le mondain comme politique de l’intime. C’est pourtant, peut-être, quelque chose de plus fort qui s’écrit:
“Ce qu’aimer veut dire est un livre qu’il serait aisé de prendre en mauvaise part (parce qu’il y est question d’un deuil et d’un père impossibles, parce qu’on y appelle avec désinvolture des gens célèbres par leurs prénoms) s’il ne s’y prêtait avec tant de bonne grâce à se souvenir que parfois les pères et les deuils sont de fait impossibles, et que les gens qu’on aime, célèbres ou pas, ont par-delà la familiarité publique qui les use et les déprécie, des prénoms qu’il est doux ou grave à certains de prononcer. On y apprend qu’un appartement peut être plus qu’une histoire – un personnage. Il y est question de drogues, aussi, et plutôt bien. Puis les choses s’y accélèrent d’un coup comme la maladie même : un instant, cela devient intéressant, l’instant d’après, Foucault est mort.“
Hervé, personnage du récit, est encore vivant, et comme on le sait ne fera pas de cadeau à son ami. Il faut aller voir, pourtant, la tendresse de quelques-unes de ses photos, exposées à la Maison Européenne, jusqu’au 10 avril. Sans vouloir déprimer la critique du Monde qui en a dressé un portrait indécent de déni au regard de l’homosexualité, Hervé Guibert ne prenait pas tant de ” pincettes pour évoquer le désir masculin”, ainsi qu’en attestent Les Chiens (éditions de Minuit, 1982), magnifique saisie d’une scène sado-maso gay homosexuelle extrême. Car pour mémoire, Hervé Guibert n’a pas non plus écrit que sur le sida – le sien ou celui des autres: il a écrit, aussi, sur le désir le plus nu, la photographie et, et sur des années qui ne connaissaient pas encore leur urgence. Ici, il était beaucoup aimé, et c’est heureux, de même qu’on n’oublie pas Foucault, que lui non plus ne soit pas tout-à-fait mort.
>>>Bientôt sur la table de nuit: Pfff, d’Hélène Sturm (chez Joelle Losfeld), nous intrigue, de même, dans un autre genre puisqu’il s’agit d’un essai, de l’Eloge du hasard dans la vie sexuelle (quel beau titre!), de Monique David-Ménard (oups!! la faute en page du lien;), qui paraîtra en avril aux nobles éditions Hermann.
>>>Dédicace au Ronchon: bravo à Claro pour la reprise en livre de poche de son immanquable Madman Bovary, chez Actes Sud-Babel. Rien de mieux pour le découvrir qu’aller faire un tour sur le blog mordant de l’auteur, Toward Grace, dont une lecture quotidienne épargne tout risque d’affaissement du mauvais esprit dans cette époque de mauvais goûts trop nombreux.
>>>Pour découvrir le projet 0Extraction0 de Chloé Delaume, rien de tel qu’aller visiter son site, qui regroupe, outre une présentation de chaque titre de la collection, des documents sonores, dont il a été aussi question ici (où la cultenews s’est un instant délocalisée). Open Space, de Patrick Bouvet, est mieux qu’un excellent livre: c’est une excellente poésie, et donc beaucoup plus rare, peut-être parce que Patrick Bouvet interprète la technologie, de longue date, comme un langage plutôt qu’un outil, se fixant, par exemple, sur les images de propagande américaine lors de la Guerre du Golfe, Acte I, 1991. Il l’explique très bien sur le site dans un entretien avec la journaliste Sophie Joubert: il distingue son travail, interprétation du réel, de la science-fiction, et reconnaît avoir fait le choix de se sentir “au-dehors” du hi-tech, distance, peut-être, qui lui permet de si bien parler de la figure féminine qu’il a choisi d’y plonger, plus cyborg que Geek, elle-même devenue flux hésitant entre octet et sérotonine.
“mais rien ne peut
dissiper
ce qu’elle ressent
jour après jour
au contact
de ce monde-écran”
***
Interlude: Le live-Blogging de Diogène
Ἐκίνει δ’ αὐτὸν καὶ τὸ θύειν μὲν τοῖς θεοῖς ὑπὲρ #ὑγιείας, ἐν αὐτῇ δὲ τῇ θυσίᾳ κατὰ τῆς ὑγιείας δειπνεῖν.
“Il s’indignait de voir des hommes faire des sacrifices rituels pour conserver la santé, et en même temps se gaver de nourriture pendant ces sacrifices, sans aucun souci de leur santé.”
in Vie des philosophes illustres, Diogène Laërce.
—–[F U K U S H I M A]—
***
Scènes & Sauves
Pour quelques raisons, dont une mise en lecture improvisée telle un flash mob pour mater un Eurostar bondé, La Nuit juste avant les forêts est devenu un de ces ouvrages qui accompagne le sac à mains – il faut dire que son format est idéal, et que son langage bien répercuté est d’une efficacité redoutable pour mater tout groupe de mamies américaines hystériques.
Sa présentation, au théâtre de l’Atelier, reprise d’une mise en scène de Patrice Chéreau, a beaucoup “buzzé” comme on dirait chez les jeunes gens Owni. Cela valait bien son billet (31 euros, Baby, t’es sûr?) pour se plier à ce goût de l’époque – Romain Duris, SDF en zone d’attente, lit d’hôpital, beau gosse paraît-il mais ce n’était pas notre souci, en a donné une lecture politique – donc, pas si consensuelle en regard des sondages, peut-être bien plus indispensable que Stéphane Hessel. De la Nuit juste avant les forêts, nous n’avions, presque toujours, voulu et déclamer qu’une histoire d’amour, histoires de pluie, de ponts, de cons. Comme quoi la littérature amoureuse, c’est, forcément, une littérature engagée… “phrases dont tu voulais qu’elles viennent chercher, consoler peut-être, et ta langue qui cueillait “Ne dis rien, ne bouge pas…”
Bonne nouvelle pour les éternels retardataires: la pièce est présentée jusqu’au 27 mars.
>>> L’Agenda des Contremarques
Les intrépides kamikazes de la Ligne 13 ne manqueront leur pélerinage trimestriel au toujours dynamique T2G pour L’Indestructible Madame Wagner de Christophe Fiat – vite vite, c’est jusqu’au 19 mars.
C’est moins loin, pas d’excuse: Marie NDiaye au Théâtre de la Colline, Paris 20e, avec Les Grandes Personnes (jusqu’au 3 avril).
Très très très bonne nouvelle, la reprise de Tatouage et de Cabaret Brecht Tango Broadway, d’Alfredo Arias, que la Cultenews avait ratés à regret lors de leur première, en 2010. C’est du 13 au 23 avril, et c’est au toujours très confortable et bourgeois théâtre du Rond-Point.
***
Varape sur Cimaises
C’est attendu au bord du mauvais goût, mais nous voulons notre visite, en nocturne si possible, de l’exposition dédiée à Lucas Cranach au Musée du Luxembourg. C’est jusqu’au 23 mai, et au-delà il sera toujours possible d’aller admirer Les Trois Grâces, acquises par Le Louvre à la faveur d’un mécénat très à-propos.
Dans la série “Révisons nos classiques”, Mondrian au Centre Pompidou a beaucoup déçu, sauf la salle consacrée à ses oeuvres de 1912. La reconstitution de l’Atelier, en particulier, ressemble à un manège Mickey, voui voui, entre autres.
L’exposition consacrée aux Revenants (ici chroniquée via Le Beau Vice, elle s’est achevée le 14 mars), toujours au Louvre, se poursuit dans de multiples conférences. A ne pas manquer, le 25 mars, Walid Raad, Jalal Toufic et Omar Berrada – et, le 28 mars, une rencontre qui promet l’anthologie, puisque c’est la Reine de Coeur Avital Ronell qui viendra parler des philosophes qui la hantent. Be there or be square.
Autre revenant, et non des moindres, Stanley Kubrick fait l’objet d’une grande rétrospective à la Cinémathèque: exposition, intégrale de ses films, et débats, du 23 mars au 18 avril. Côté débats, difficile de ne pas penser qu’ils mériteraient une petite visite de La Barbe si elles n’étaient pas déjà très accaparées: pas une femme dans les modérateurs invités… Sérieusement, pas une femme pour bien parler de Kubrick, ne serait-ce que de la relation homoérotique qui unit Hal et Bowman? Arf., on n’en croit pas un mot, même si on se réjouit de la rediffusion des entretiens A Voix nue réalisée par Michel Ciment.
***
Brèves de trottoir
Viva le crowdsourcing: un mécène attendri qui souhaite conserver l’anonymat a fait parvenir un excellent appareil photo à la rédaction pour poursuite des travaux en cours. Qu’il en soit ici remercié.
Dans les bonnes nouvelles, bis, le site Starsky et son Indie Dad nous offriront bientôt des chroniques de disques! En attendant, ne pas manquer son dernier mix, une Aube de zen charmante pour digérer les heures sup jamais en reste.
Si loin si proche, la Biennale d’art contemporain de Venise ouvrira ses portes le 2 juin 2011, et durera jusqu’au 27 novembre. C’est Christian Boltanski qui a été choisi pour y représenter la France. La Cultenews, si elle parvient à être présente au vernissage, vous en promet le live tweet, et sinon, fera, cette fois-ci c’est garanti, un reportage plus tard dans l’été, avec l’appareil photo sus-nommé.
La salle de rédac’ version bécasse a ri comme une fin de nuit en 1993 avec la reprise de Girls Wanna Have Fun par le groupe Starfucker, même si le morceau a plus d’un an.
Encore plus vieux, limite vintage, complétement Geek mais toujours pratique, le lexique des abréviations Twitter tel que proposé par Digiphile vous sauvera de tout faux-pas dans les eaux de la Baleine.
#Ça nous amuse: la cultenews avait contribué de sa recherche Google “Partouze à Dinard” (oui, c’est ici) auprès du site Devenir un ninja gratuitement, avant son passage au Grand Journal de Canal+. Mais regrette que ses “résilles thermolactyles” et “lapin diplômé” restent, en l’état, refusés. On fera mieux.
***
Le mot de la fin
“Nous sommes tous des Geeks hurlants”
(copylefté MS, en hommage aux Tunisiens, Egyptiens, Libyens, qui se battent pour tenir debout)
***
Et puis, au soir du 16 mars, Twitter est si triste #17Feb #Japan, qu’on a surtout eu très envie de se taire.
Brèves de rentrée, la longue édition.
Le Off
C’est la rentrée! Il faut sortir! Et quand cela devient un impératif catégorique, ça n’a plus du tout le même attrait. Trop, beaucoup trop d’éparpillement pour la rédac’ chef! Merci aux nouveaux lecteurs – et nouvelles lectrices, et leurs chic hip hips: la boîte aux lettres déborde de livres, de programmes de théâtre et de mots doux. Quelle histoire, quelle angoisse, c’était pas du tout prévu, il faut continuer, mais par où?
***
Promesses de luxe et de luxure, où en êtes-vous allées?
Offre d’emploi: la CultEnews recrute une stagiaire critique théâtre pour remplacement Congé maternité. Expérience de 8 ans minimum, orthographe d’élite, sens de l’humour, passion pour les pizzas froides, et SURTOUT, compréhension experte de la navigation sur le site du Festival d’Automne pour réussir à arriver au bout d’une réservation, qui s’avère aussi complexe que la nomination d’une nouvelle direction (>>voir par là!)
Alors, il y a les spectacles qu’Emma a déjà ratés en fanfare. I Demoni, de Peter Stein aux Ateliers Berthier est complet depuis mi-août, soit à peine le moment où les apprenties-abonnées se sont réveillées, alors qu’il promet promet promet, mais bref, sans nous alors (voir par exemple l’article du Corriere de la Serra et tout frais paru, dans Le Monde). Pour les kamikazes, reste à se pointer la mine joyeuse devant le théâtre, deux vitamines C et 22 euros en poche pour les plateaux-repas.
Néanmoins, il y aura déjà La Cerisaie, dans une mise en scène de Julie Brochen (du 22 septembre au 24 octobre, il semblerait que la pigiste Judy-Rose y traîne le 7/10), parce que tous les classiques ne se refusent pas (et que le site du théâtre de l’Odéon est ergonomique).
La pigiste CultEnews vous promet qu’Anne-Teresa de Keersmaeker et Jérôme Bel feront un tabac au théâtre de la Ville (trois fois complet), et se réserve pour Simon McBurney saluant Tanizaki (la critique du Guardian en met l’eau à la bouche), Lars Norén par Ostermeier qui déchirera l’Odéon, Alain Buffard, et l’autre Alain, Platel qui a fait fleurir Gardenia en Avignon, repris du 17 au 27 novembre à Chaillot (Mais non! je te jure! il ne t’a pas donné mal à la tête, c’était autre chose!) , et… et… c’est que ça devient sportif le houla-houps en 3/8, même pas le temps de se remonter les seins. Promis, les Jolis Contes offerts de nos veilles, ça revient bientôt, car, as Simon says so well…
“I’m naturally attracted to something I don’t understand, because when you try to deal with that, it opens a door into another world.”
On lui vole, alors!
***
Littérature sans les ratures
“Il n’y avait dans la barque qu’un seul ragondin…”
Hourra, hourra, grande rentrée! Tout a commencé en rencontrant Bogdan Tarassiev, à la mi-août, sur la plage de Saint-Lunaire, à la recherche d’un bunker pour enterrer un cahier. A moins que ce ne soit en découvrant les premiers feuillets de Manuela Draeger sur Mediapart. Ou parce que Verdier nous a adressé le dernier Lutz Bassmann. Soudain il se passait quelque chose que la CultEnews n’avait pas du tout espéré: l’impression de découvrir une œuvre qui avait échappé, d’avoir été une gourde un peu illettrée, un peu suiveuse, un peu distraite et de devoir fissa en sortir. Il existerait donc quelqu’un qui aurait déployé une littérature qui sache se métamorphoser sans recours aux artifices numériques, le mystérieux Antoine Volodine, et la bonne nouvelle, c’est qu’il est le porte-parole de tous les auteurs post-exotiques. Peut-être parce qu’en 1996 Emma s’était retrouvée bouleversée par l’exposition de Luciano Fabro au Centre Georges Pompidou, les narrats polyphoniques du post-exotisme lui ont évoqué le mouvement de l’Arte Povera, qui dans les années 1968 italiennes revendiquaient une révolution de l’art par une posture modeste, nomade et contestataire, avec un humour rêveur. Le coup de maître, triple parution, serait une forme de marketing s’il s’agissait d’un simple jeu en abyme de tête à gondole. C’est au contraire une prise de risque, la défaite des oripeaux révolutionnaires ourdies par les cellules bovarystes et un pied-de-nez aux logiques de cotes et d’enfermement des lettres. Mais, avant de poursuivre, Monsieur Volodine, accepteriez-vous de répondre à trois ou quatre questions de la CultEnews, vous qui prêtez votre voix à la nuit et aux éminents magazines? Il semblerait que oui, alors, nous ferons parvenir un message écrit de la plume gauche, avant, peut-être, de vous saluer à Manosque puisque nous n’avons pas pu nous rendre au Colloque de Cerisy.
***

Diogène aka The Grouch.
Toi aussi, apprends le grec avec Diogène!
Τύχη, Fortune, chance. Syn.: encore un mot qui ne sert à rien!
Alerte! Le site de Philippe Remacle, grande référence, est en panne: les Hellénistes Geeks enquêtent. Mais ouf, il y a aussi Hodoï Elektronikai, où réviser par exemple:
« Διὰ τοῦτο, » εἶπε, « δύο ὦτα ἔχομεν, στόμα δὲ ἕν, ἵνα πλείονα μὲν ἀκούωμεν, ἥττονα δὲ λέγωμεν. »
« Nous avons, dit Zénon, deux oreilles et une seule bouche, pour nous apprendre que nous devons beaucoup plus écouter que parler. »
***

Lynch on a Chinese Torrent.
Folding the silk over: la flamme Lynch
Lysa, si dark si loin, a envoyé un texto à Emma pour savoir “quand reviendraient les petits cafés à la Cinémathèque”, une invitation qui ne se refuse pas. Et bien… Voilettes factices brunes, dentelles de chair blonde et consorts se retrouveront tous émois en éventail pour la Rétrospective David Lynch, du 13 au 31 octobre, et surtout ce jour de chance, le premier, où le maître viendra déplier les soies brûlées de ses tableaux vivants (pour mémoire, Lynch avait été accueilli par la Fondation Cartier en 2007, vous vous en souvenez forcément).
Emma s’est souvent demandé ce qui se passait quand une flamme s’approchait de trop longs faux-cils et a préféré rester myope, ce qui ne l’empêchera pas d’aller s’enfermer pour un threesome dans les bras de Sailor et Lula (oh yeah Baby! on se prive de rien! D’ailleurs l’abonnement annuel à la Cinémathèque est en tarif réduit jusqu’au 17 octobre, donc ne te prive pas non plus!). N.B.: un compte-rendu est envisagé autour du thème “Puritanisme et Feux d’artifice: lois de la morale dans Mulholland Drive et Inland Empire”, tous avis bienvenus.
***
Rentrée littéraire: Au Libre livre!
La CultEnews est heureuse de faire part de sa bonne réception de Cosmoz, paru chez Actes Sud. Que dire, quand tant d’articles font les louanges dont la Une des experts compères du Matricule des anges, et qu’on n’a pas encore lu? Et bien, que l’ouvrage fait partie de la sélection du Prix de Flore, que la Belgique adore, que ses phrases, à le feuilleter, se déploient en formules fines et grammaire cossue, et que l’auteur, lui aussi, sera à Manosque, le 25 septembre pour être exacte. Il y avait du monde à la première lecture parisienne, mais la vie d’écrivain noceur telle que Facebookée ne semble pas toujours de tout repos. Peace, Man.
Au menu des lectures dans les semaines à venir, figurent également Avec Bastien, de Mathieu Riboulet (Verdier, à découvrir, par exemple, ici), dont L’Amant des morts avait hanté la rentrée 2008 avec beaucoup de grâce, et Antoine et Isabelle de Vincent Borel (chez Sabine Wespiser).
Le buzz frissonne grave pour les Fragments, Ecrits inédits et intimes de Marilyn Monroe (parution mondiale le 7 octobre, en France chez la belle Blonde Fiction et Compagnie dirigée par Bernard Comment, Le Seuil), et, sans qu’il ait jamais été cité précédemment, l’été s’est enjolivé de la lecture du Guantanamo de Frank Smith, d’une rigueur mortuaire enthousiasmante (même éditeur, Ciel! voilà les rumeurs de corruption qui pointent! Le livre est également disponible en version numérique chez François Bon, ici)
Disclaimer de saison: la CultEnews ne pourra pas couvrir la foissonnante actualité de la rentrée, sa rédac’chef ne se jugeant pas les moyens d’un travail approfondi. Les choix ne se prétendent donc pas exhaustifs, sniff sniff, etc.
***
L’Interlude du fond de la classe
“Et qu’est-ce donc que l’ataraxie sinon la conscience ininterrompue de la positivité de l’étant, sinon le sentiment d’une plénitude d’être, d’une joie de vivre qui correspond soit au fonctionnement normal de notre organisme, soit au contrepoids qu’une sagesse bien trempée sait opposer au dysfonctionnement….”
“Oui, et encore?” baîlla Emma du dix-septième rang.
(in Tel un dieu parmi les hommes, L’Ethique d’Epicure, Jean Salem, Paris 1994).
***

Red shoes for Gabriel.
Brèves de trottoir
“Tout le monde” était à la manif du 4 septembre, et oui, toi aussi, et Emma il paraît, pas seulement parce qu’elle se terminait en bordure des vernissages qui ont illuminé le Marais ce soir-là, dont, parmi les plus réussis, celui de Jimmy Robert, d’une poésie méditative acrobatique.
Très belle exposition pour Gabriel Orozco au Centre Pompidou, dont l’inauguration tombait pile le même soir que la fête de relance des Inrocks, oh so trendy n’est-ce pas et ça fait oublier Arman. D’ailleurs, “tout le monde y était” aussi en une longue file indienne, dont un artiste du mobilier, un commissaire toujours aimable, de grandes femmes batailleuses… et même les filles qui fréquentent la piscine. C’était la remise du Prix Marcel Duchamp à Saâdane Afif, Lauréat 2009, exposé lui aussi Galerie Sud. L’exposition Orozco dure jusqu’au 3 janvier 2011, ne manquez pas d’aller vérifier à quoi ressemble une demie-DS à défaut d’entendre Dieu.
Le Magazine littéraire du mois, outre l’entretien avec Volodine, rend hommage aux femmes romancières, avec entre autres Céline Minard sur Hélène Bessette, et Elisabeth Ladenson sur Colette. Oui Josyane Savigneau est là aussi bien sûr, etc. et c’est mieux que pas mal. Go Girlzz!
Et en parlant de Bad Girlzzz… Hip hip hips, la Ravitalizing Avital Ronell sera au menu du prochain numéro de Vacarme, parution fin octobre, pour expliquer, en toute simplicité, “qu’elle est la Métaphysique”. Et bien davantage, You Sexy Thinker.
La Fiac, ce sera du 21 au 24 octobre 2010, ouf, ça laisse le temps de choisir les Louboutin, enfin, les ballerines, et aussi de ne pas y aller. Auparavant, il peut être très agréable de se rendre au Printemps de septembre, particulièrement pour son inauguration le week-end prochain, car il fait doux à Toulouse en cette saison, ainsi que relaté l’an dernier ici-même. Ah mais drachme ah mais drame, c’est le même week-end que Manosque!
Si problème de type grec ou de type grèves, pas de quoi désespérer: Paris accueille le Festival America, comme chaque année, du 23 au 26 septembre. Lectures, rencontres, cafés littéraires et soirées festives dédiées aux littératures d’Amérique du Nord enjoliveront la fin de semaine.
Il y a fallu quinze heures, un Chablis, et trente relectures pour cette édition définitive de la CultEnews, septembre 2010. Restez indulgent: la SR est débordée et l’iconographe alcoolique.
***
Le Baiser de la claviste
“Je n’ai rien écrit: une autre s’y applique à ma place, pour que tu ne sois jamais déçu. Je la paie. C’est ainsi que j’ai recommencé à travailler: parce qu’il me fallait payer une femme qui t’écrirait des lettres d’amour.”
***
Remerciements: Flore “Marcheur” R., Emily-so-soon-Maman, Céline In-Da-Wall-En-Thèse, Antoine Savère, et son bunker.
Sur le phonographe: Leonard Cohen.





