Le Clou de la colère
- Le Off -
La rentrée a démarré sur une Tournée des grands ducs toute en insouciance, dans les délicates intrigues pour escarpins d’un Christoph Marthaler très en forme et quelques bulles de Mailly Grand cru. Puis, Starsky nous a fait connaître Notre Silence, le dernier disque de Michel Cloup (ex-Diabologum), et ça collait bien à l’automne, ses humeurs demi-teinte et lunes rousses. Alors voici une édition featuring, avec le compte-rendu du concert donné par Michel Cloup le 2 octobre à Paris.
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- Michel Cloup, le concert -
(par Starsky)
Vous en connaissez beaucoup, des disques qui vous font pleurer ? Qui vous arrêtent, vous forcent à vous asseoir ? Qui vous obligent à écouter ? J’ai oublié de préciser : des disques en français. Si vous avez mon âge, vous citerez sans doute La Fossette, tout Mendelson et le troisième album d’un groupe de rock que l’on dit culte aujourd’hui. Et puis, ce disque donc, Notre Silence. Avec des mots très simples, quelques douleurs universelles, et les entrelacements splendides de sa guitare baritone et de la batterie dénudée de Patrice Cartier, Michel Cloup a fabriqué un de ces météores. Un objet précieux que nous garderons avec nous longtemps, trésor parmi les trésors de nos discothèques ; une étoile que nous partagerons en secret et dont nous serons fiers d’être l’esclave cardiaque.
Pour bien faire, il faudrait ne pas trop en dire. Évoquer simplement la justesse des textes qui tournent lentement autour des catastrophes s’en approchant parfois jusqu’au malaise, mais sans jamais prétendre les dominer ni les résumer. Le souvenir d’un dernier repas ; les mots que l’on aurait dû prononcer ; la mort qu’il faut expliquer ; l’impossibilité d’être à la fois un père et un fils. Ces textes sont tissés serrés dans une musique magnifique, enregistrée d’une traite, à deux, avec un plaisir évident. La batterie qui claque dans un coin de la pièce, les arpèges de guitares en boucles enchevêtrées, juste devant. Et la voix sans artifice qui a dû demander pas mal de courage, ou d’inconscience.
Le courage, on le prend en pleine face quand on retrouve les deux amis sur scène. Imaginez simplement avoir en face de vous celui qui chante Cette colère. Imaginez sa manière de dire ces mots sans le confort du studio d’enregistrement. Imaginez le volume des guitares sur la fin.
Ils jouaient le dimanche 2 octobre à la Gaîté Lyrique et je ne m’en suis pas tout à fait remis. C’était quelque chose que d’entendre ces chansons revivre ; sombrer dans les vagues de saturation et de feedback ; reconnaître dans chaque boucle de guitare fabriquée live ses propres fantômes. De la grande fragilité du concert (outre chanter ces textes-là, il faut lancer quelques effets sur l’ordinateur, passer sans cesse d’une pédale à l’autre), émerge une tension qui fige le temps à chaque chanson et coupe le souffle plus d’une fois.
On ne va pas énumérer les références musicales dans lesquelles s’inscrit Michel Cloup, puisqu’il fait, et fera encore, lui-même référence. On ne va pas non plus parler de tout ce à quoi ce musicien infatigable a participé. Pour une fois, faisons du passé table rase. Notre silence tient tout seul, hanté par ses souvenirs qui sont aussi les nôtres. Commandez-le ici, vous n’en reviendrez pas.
L’album de Michel Cloup, Notre Silence, est également disponible chez les disquaires et sur les plates-formes habituelles. L’artiste donne des show-cases, voir son site.
P.S.: un mix de Starsky a été diffusé, dans le cadre des “Vases communiquants” sur le site Liminaire, de Pierre Ménard >>> Ecouter ici.
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Εἰ δ’ἀναγκαῖον εἴη ἀδικεῖν ἢ ἀδικεῖσθαι, ἑλοίμην ἂν μᾶλλον ἀδικεῖσθαι ἢ ἀδικεῖν.
(Gorgias, Working Class Hero)
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- Les Brèves de la Commère solidaire -
>>> Alors Marthaler, “c’était bien”, mais tout le monde l’a déjà dit. En revanche, privilège Cultenews, personne n’avait cité jusqu’à présent, de mémoire, la reprise de Procol Harum au Bontempi. Tout dans le détail, Christoph, et que ta louve était belle. Ah on n’a rien à dire sur Enfant, car on l’avait vu, “en Avignon”.
>>> Sur la papier, le concept de Si, Viagiare, de Marco Berrettini, présenté au théâtre de la Bastille jusqu’au 24 octobre dans le cadre du Festival d’Automne, aurait pu être amusant. Le metteur en scène, qui déclare avoir passé quatorze heures par jour sur les sites “de” rencontre, voulait emmener dans un “voyage” pour raconter “la” rencontre, à partir d’une expérience menée par la NASA (voir le dossier de presse). Il a semblé être surtout question de Teletubbies, un peu de Kraftwerk, et de situations supposément cocasses (du côté, notamment, des violences en mode séminaire d’entreprise - ce qui n’était pas forcément l’aspect le plus raté de l’ensemble), mais, pour un spectacle spatial, ça n’a pas trop plané. Un autre avis? Rosita Boisseau, du Monde, a aimé - lire ici.
>>> Anri Sala en performance à Beaubourg, a attiré du monde, mais n’était, à nez de Cultenews, pas à la hauteur du dispositif qu’il a essayé de mettre en place, pourtant très intéressant par lui-même.
>>> Des petits points partout, ce sont les hallucinations de Yayoi Kusama exposée à Beaubourg, pour une exposition que nous n’avons pas encore vue d’une femme que nous aimons bien (jusqu’au 9 janvier 2012).
>>> La renvoyée spéciale ira se faire voir à Londres pour l’exposition Gerhard Richter à la Tate Modern, compte-rendu en novembre (la rétrospective se tient jusqu’au 8 janvier 2012).
>>> Ça a buzzé, spécial “La Barbe”, le post de LBV sur les éléments de langage mufle de Bustamante, Jean-Marc, en particulier la vidéo de Cécile Proust.
>>> Au chapitre, “Panique de l’archiviste” beaucoup de bons livres qui paraissent plus vite qu’on a le temps de bien les comprendre, dont Pour un humanisme numérique, de Milad Doueihi (Le Seuil). Ce philosophe des religions et de l’Internet a offert un hommage très intelligent à Steve Jobs (in Le Monde).
>>> Sylphides, de François Chaignaud et Cecilia Bengolea, se terminait hier (soupir de la retardataire) mais il est encore temps de réserver ses places pour Meg Stuart (16-19 novembre 2011), Romeo Castellucci (du 20 au 30 octobre au théâtre de la Ville puis au 104) — edit au 24/10: la pièce est victime d’une opération d’intimidation sans précédent au nom du fondamentalisme religieux, lire les communiqués.
>>> Au moins j’aurai laissé un beau cadavre, de Vincent Macaigne, vu et approuvé en Avignon, est au théâtre de Chaillot du 2 au 11 novembre. Et non on ne refera pas le coup du couteau dans la plaie à propos du Lulu de Lou et du Berliner (complet depuis août).
>>> Quoiiiii? Tu n’as pas reçu ton invitation à la FIAC? Euh, hem, moi non plus, en fait, ce qui n’a pas empêché que les portes du Grand Palais frôlent la panique au soir de l’inauguration (texto from an insider: 99% of the 1% fighting to enter). Mais, il y a aussi la Slick Fair ; la Chic Art Fair, et oh oh oh hihihi, une opération de Net-Art amusante, en mode typosquat et interfaces Geek, voir à l’adresse Lafiac.com.
>>> #Dimdamdom: pour cause de restrictions horaires strictes, la Cultenews ne peut pas toujours assurer sa périodicité mensuelle et donc un suivi sérieux de l’actualité. Mais! …il y a des pros pour ça, entre autres à la radio avec le midi (Caroline Broué & friends pour les débats de la Grande Table) et soir (Arnaud Laporte & sa bande pour les piques hilarantes de La Dispute, radio-crochet compris), sans même avoir besoin de citer la résurrection d’un grand quotidien de l’aube. Côté théâtre, ne vous privez pas de faire un tour sur beaux sites “indépendants”, comme L’Intermède (mi-culture- mi-séminaire & maquette hors-classe), et chez les passionnés du Poulailler, qui couvre aussi l’actualité en province (tout juste découvert par ici via Agôn).
>>> Vous avez vu comme les photos sont belles? C’est normal, elles ne sont pas de la rédaction. Remerciements à Delphine Ullmann, qui sera régulièrement invitée à embellir les chroniques – et pola par Starsky.
Sur le phonographe: Jarvis, dont le premier livre,
Mother, Brother, Lover, recueil des textes de ses chansons, paraît le 20 octobre.
Remerciements pour cette édition: Jérôme et Delphine.
Les enfants du son – une édition spéciale rock.
Le OFF
Conjonction des arts, une édition rock n’ culte avec la première chronique de Starsky – qui reviendra chaque mois ou presque, et une rencontre avec KillMeSarah, pionnier mythique de la blogosphère rock aux chroniques aussi sexy que la voix de Nico naked in her fur. Et comme la vie, parfois, est fête, reportage au Westminster pour découvrir Rock n’Lies, l’Atelier de création radiophonique réalisé par Barbara Carlotti et Jean-Pierre Petit, diffusé le dimanche 27 mars, qui, en sept chapitres, a fait revivre les années Pacadis-Kruger-Dolls.
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– Chronique by Starsky : Sic Alps, Napa Asylum -
La musique de Sic Alps est bruyante. Bruyante et lo-fi, enregistrée comme un défi au métier d’ingénieur du son. Du genre à sortir des cassettes au XXIe siècle, comme tant de groupes passionnants aujourd’hui. Du genre à faire un split EP avec Magic Markers. Mais ce côté brut, toujours saturé, n’est pas au service d’une urgence hardcore. Il n’a rien d’agressif. Les chansons sont nonchalantes, lascives ; jouées sur le canapé défoncé (lui aussi) du garage. Laid back, on dit là-bas. Des chansons, vous êtes sûr ? Oui oui des chansons. Depuis leurs premiers singles et sur les deux LPs précédents, il y a des chansons. Des tonnes de chansons, courtes, variées ; belles comme tout. Et Napa Asylum est une sorte de confirmation éblouissante de cela. Vingt-deux titres qui tiennent tout seuls. Simples, mélodiques, dansants. Et bruyants. Même si la production s’est un peu étoffée et si les micros sont sans doute un peu meilleurs. Les guitares ont une attaque franche, comme la batterie. Les fenêtres sont grand ouvertes. La reverb et le feedback sont naturels, jamais forcés. ils délimitent un espace propre au disque qu’on écoute comme si l’on passait à l’improviste chez un ami en fin d’après-midi, piquant une bière dans le frigo avant de descendre retrouver le groupe au sous-sol.
À l’écoute du plus fort (The first white man to touch California soil), comme du plus calme (le magnifique Country medicine), je ne peux m’empêcher de penser à ce que chantait Lou Barlow dans l’hymne Just gimme Indie Rock : « It’s a new generation of electric white boy blues ». C’est aussi simple que cela. Des petits-fils, donc, qui font du blues comme ils peuvent, continuant de faire muter l’espèce.
N’écoutez pas ceux qui n’ont pas les oreilles disponibles à ces sons, et qui imputent la faute de leurs maux de tête à la musique qu’ils disent expérimentale, difficile, inécoutable, bordélique, incompréhensibles. Il suffit de voir comment les enfants, ici, en sont tombés dingues. Fermez les yeux, reprenez une bière et venez plutôt danser avec eux.
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Dylan in Liverpool 1966 - (Photo Barry Feinstein)
- L’entretien – Kill Me Sarah-
Kill Me Sarah est considéré comme le pionnier de la blogosphère Rock, et fascine par ses textes qui mêlent considérations presque intimes, iconographie léchée d’égéries et guitares, et, surtout, des billets quasi quotidiens où se perdre dans un univers musical foisonnant, rock, surtout, mais aussi classique, parfois jazz, hors du temps et au fil de l’humeur. Mystérieux, il n’a pas moins accepté de répondre, par email, à quelques idées forcément toutes faites devant son assemblage virtuose.
>Vous avez commencé le blog KMS en avril 2003, il en est à sa troisième version, et comme vous avez choisi d’en laisser les archives, si on les lit, on comprend, ou on croit comprendre, qu’il y eut un autre blog, avant, et une autre vie, d’autres prénoms et liens… On veut vous interviewer pour votre passion de la musique… et c’est comme si on avait envie d’immédiatement réécouter Ballad of a Thin Man. Est-ce que vous nous parleriez de votre obsession pour Bob Dylan?
Ce n’était pas fait dans une optique de classement. Plutôt pour essayer de marquer l’avancement. En fait il y en a beaucoup plus que ça. Le blog précédent s’est arrêté à 416 chansons. Arrêter de tourner en rond oui. Le fait de mettre une chanson permettait, du moins je le pensais ou l’espérais, de tirer les écrits vers un ailleurs différent. Peu importe. Tout ça est loin. Le principe de la chanson est restée. Le blog actuel est reparti à zéro en 2006. Beaucoup de choses repartaient à zéro à ce moment là. Si l’on additionne on dépasse les 1000 chansons. Je vais bientôt débuter la 10ème saison “bloguienne”.
…Entre la Wild side de Lou Reed et le Hitchhicker de Neil Young que l’on trouve sur son dernier album, on touche à deux autres de mes obsessions: le Velvet Underground est et reste le plus grand groupe de l’univers et au-delà et quant à Neil Young, j’ai l’habitude de dire que j’ai grandi avec lui à l’adolescence. La chanson de Neil Young est aussi une sorte de voyage vers le coté sauvage. Totalement différent de celui de Lou Reed. Neil Young est à la lumière, en plein jour. Lou Reed officie la nuit, dans l’ombre.
…Le rock participait au fantasme du côté sauvage, du côté obscur de la vie tout en allant de l’avant. J’emploie le passé parce que je pense qu’à de rares exceptions cet aspect est révolu. Le rock n’est plus un élément actif (ou passif) de la contre-culture. Au fil des années il s’est banalisé et a perdu l’aspect sulfureux qui faisait peur à nos [i.e mes] parents. Ce n’est plus que du divertissement (That’s entertainment comme disait Paul Weller avec The Jam il y a trente ans).
…Pour en revenir à la question, le rock permet d’aller dans toutes les directions, et ce qui est très important, c’est le carrefour, le crossroad, celui où la légende raconte que Robert Johnson à rencontré le diable, celui qui permet de changer de direction. Si la musique a une utilité dans la vie, c’est celle-là, permettre de changer de direction. Qu’elle quelle soit.
Non. Définitivement non. Au départ, elles sont les inspiratrices. Dans 80% des chansons, si ce n’est plus, il y a une fille derrière (ou devant). Une fille qui part, qui est partie, qui va revenir, qui revient, qui ne reviendra pas,une fille oubliée, une fille dont on se souvient, une fille qu’on veut séduire, une fille qu’on veut baiser. Une des motivations premières pour monter un groupe de rock, c’était épater les filles (et plus si affinités).
…Le tumblr où je mets des photos glanées sur le net s’appelle Des seins des fesses des clopes et des guitares, il ne manque que la drogue pour que cela soit une définition de la musique rock. Du moins une certaine définition.
Quand elles commencent à réussir à s’imposer dans le milieu musical masculin, les filles avec des guitares ou des micros, elles ne rigolent pas. Elles envoient. Peut-être justement parce qu’elles n’avaient qu’une place ingrate dans les chansons, le besoin de filer des coups de pompes dans les amplis pour s’imposer s’est fait sentir. Jusqu’à Patti Smith et l’éclosion du mouvement punk, elles n’étaient que des exceptions ou alors chanteuses folk (je force le propos certes mais pas tant que ça). Ensuite elles sont plus présentes sur la scène musicale, ou en tout cas, leur position est radicalement différente.
…Pour en revenir à Dylan (on en revient toujours à Dylan), dans le documentaire de Scorsese, on y voit Odetta dans un court extrait: on voit bien qu’elle ne plaisante pas, mais alors pas du tout. Quand on écoute Nina Simone, on se rend bien compte aussi qu’elle n’est pas là pour amuser la galerie. Ce n’était pas (encore) du rock mais ça allait le devenir. Ce ne sont que deux exemples. Ce n’était encore des exceptions. Patti Smith a décomplexé les filles. You’re a big girl now. Mais ce n’est peut être qu’une vision de mec. De toute manière je déteste les fans.
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- Reportage: Kruger au Westminster -
Samedi, 18h30. Rendez-vous chic et confidentiel dans un salon du Westminster, grand hôtel, rue de la Paix. Des critiques, plutôt jeunes, prenant la pose en verres fumés et/ou panama, sont réunis pour une écoute de Rock n’Lies, un Atelier de création radiophonique de Barbara Carlotti et Jean-Pierre Petit. Barbara Carlotti, en février dernier, avait donné deux concerts à la Cité de la Musique, Nébuleuse Dandy. Avec Rock n’ Lies, Barbara Carlotti et Jean-Pierre Petit ont donné la parole à quelques grandes figures de la caste, autour de la vie imaginaire du rock ‘angry inch’ critic Clara Twice. C’est une balade et des ballades – quatre chansons originales des deux auteurs, sept chapitres qui s’écoutent comme le refrain d’années envolées dans la poudre, les suicides, les fêtes. Parodie de méta-analyse New Wave, modes, et surtout les voix, présent et passé, archives, entretiens et chansons qui se mêlent. Il y a celle de Barbara Carlotti, qui semble aller chercher Nico, et celles de Jean-Jacques Schuhl, Henri Flesh, Mishka Assayas, Daniel Darc, Christophe… jusqu’au récit circonstancié du concert des New York Dolls, à Paris, en 1974, par Serge Kruger, se remémorant jusqu’aux cendriers rangés par une bande de néerlandais ’proto-punks’ ayant un jour débarqué chez lui, “où la fête a duré cinq ans”. Ce qui est beau dans cette fiction, c’est qu’elle s’ancre dans l’histoire du rock, ses figures fantasques, ses dérives et détours, en faisant le choix de l’humour: elle reste ainsi un reportage vivant, mieux qu’un hommage, à une musique qui est toujours en train de se faire. “Dixit Saint Augustin, la mémoire est un palais”, rappelle Jean-Pierre Petit: plus tard dans la soirée, il racontera, en Off, la maison de poupée de Christophe, les juke-box, et un canapé sur lequel repose une guitare, une robe flamenco et une paire de bas de soie. Tout est dit, et puisqu’on n’embrasse pas ses souvenirs, il faut entendre encore.
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- Une petite note de fin -
Si vous ne l’avez pas encore, procurez-vous le très beau livre Traverser le feu (une co-édition Le Seuil-FIP chroniqué ici), qui reprend l’intégrale des chansons de Lou Reed, en version bilingue, dans un graphisme époustouflant.
“When you pass through fire licking at your lips
you cannot remain the same
And if the building’ burning
move towards that door
but don’t put the flames out
There’s a bit of magic in everything
and then some loss to even things out.”
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